mardi 21 mai 2024

Le goût des pépins de pomme

Le goût des pépins de pomme,

Katharina Hagena,
Ed. Anne Carrière, 2008


Mot de l'éditeur :

À la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu'elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver.
Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l'entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l'histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.

Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l'oubli.
Roman traduit de l'allemand par Bernard Kreiss.


Dealer : Un bouquiniste au hasard de mes pérégrinations


Ma lecture :

J'ai acheté ce roman par hasard : la couverture retro m'a tapée dans l'œil et j'étais contente de creuser ma curiosité dans la littérature allemande. 

vendredi 17 mai 2024

L'écriture est une île

L'écriture est une île,

Lorraine Fouchet,
Ed. Héloïse d'Ormesson, 2024


Mot de l'éditeur :

Il paraît que toutes les histoires ont déjà été racontées. Alix refuse d'y croire. Elle est romancière et, pour son métier, elle a renoncé au reste. Un jour, elle accepte de partager sa passion lors d'un atelier d'écriture sur l'île de Groix. Si chacun des six participants pensait savoir pourquoi il se lançait dans l'aventure, celle-ci se révèle pleine de surprises. Ensemble, ils vont découvrir que le soleil peut se coucher à l'est, qu'une voix muselée une vie entière sait encore chanter, que l'amour vaut la peine d'être gueulé ou acclamé sur scène, et qu'il n'y a pas d'âge pour pardonner et recommencer. Réunis autour des mots qui les bouleversent, qui les habitent, qui les hantent ou qui les émeuvent, ils vont apprendre qu'écrire, c'est aussi écouter.

Grâce à une formidable guirlande de personnages, Lorraine Fouchet sonde les liens invisibles et précieux de l'amitié. De vingt à quatre-vingt-six ans, aucune barrière ne résiste à celui qui comprend que la main tendue est la meilleure arme pour dompter ses tempêtes intérieures.


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

Cela fait une dizaine d'années que j'ai pris Le bateau du matin pour Groix, et j'avais beaucoup aimé. Pourtant (pourquoi ?), je n'ai pas remis les pieds dans l'île de Lorraine Fouchet depuis. Quelle erreur, car, sans suspens, son dernier roman, L'écriture est une île, est un coup de cœur !

mercredi 15 mai 2024

La petite fille du phare

La petite fille du phare,

Christophe Ferré,
Ed. Archipel, 2018


Mot de l'éditeur :

Ploumanac'h, Côte de granit rose.
Le temps d'une soirée dans un bar proche de leur maison, Morgane et Elouan laissent la garde de leur bébé, Gaela, à son frère adolescent.
Au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d'effraction, nulle demande de rançon. Les pistes se multiplient, mais l'enquête piétine.
Très vite, la police judiciaire pense que la petite fille ne sera jamais retrouvée.
Pour les parents de Gaela, l'enfer commence. D'autant qu'on fouille leur passé, et que celui-ci présente des zones d'ombre. Morgane est bientôt suspectée d'avoir orchestré la disparition de sa fille...
Un suspense au dénouement aussi stupéfiant qu'une déferlante sur les côtes bretonnes.


Ma lecture :

Je rentre de la Côte de granit rose avec un avis plutôt mitigé. Je m'explique. 

dimanche 12 mai 2024

Bien sûr que les poissons ont froid

Bien sûr que les poissons ont froid,

Fanny Ruwet,
Ed. de l'Iconoclaste, 2022


Mot de l'éditeur :

"Drôle, profond, un régal." Cécile Coulon

Vous tenez entre les mains l'irrésistible roman de Fanny Ruwet... Il parle de dépression, de rencontres amoureuses sur les réseaux sociaux, de crise existentielle et d'alcoolisme mondain. Il nous embarque dans une intrigue à couper le souffle. Et évidemment, la fin va vous surprendre.
C'est un livre truffé de blagues, contrairement à cette présentation, son éditeur ayant moins d'humour que son autrice. Vous allez verser quelques larmes, mais surtout rire, beaucoup rire. Et ça, c'est rare en littérature, non ?


Ma lecture :

J'entends parfois Fanny Ruwet faire des blagues sur France Inter, et il y a deux ans, quand je l'ai écoutée parler de son livre dans Quotidien, je l'ai noté dans ma petite liste de livres à ne pas rater.

Adolescente, Allie passe ses soirées à discuter sur MSN et à surfer sur les Skyblogs d'inconnus. Elle finit par se lier d'amitié avec Nour Elle habite en Belgique, lui à Montpellier mais entre eux, naît une amitié qu'elle pense profonde et sincère. Une amitié qui a même tendance à glisser vers d'autres sentiments. Et puis Nour ne donne plus signe de vie. Et Allie passe à autre chose et grandit.

Quelques années plus tard, après une rupture amoureuse, la jeune femme se demande ce qu'est devenu ce Nour. Commence alors une enquête de MSN et Skyblogs aux réseaux actuels Facebook et Instagram.

C'est clairement un roman générationnel, celle, des années 90, celle qui a vu naître et évoluer les réseaux sociaux, celle qui a grandi avec eux. C'est à la fois drôle et potache, et tendre et réfléchi. J'ai beaucoup ri et acquiescé dans ma lecture.
Fin comme du Plantafin, gras comme un sceau de mayo. Mais tellement bon qu'on se lèche les doigts après pour ne rien rater !

Et une mention particulière pour les notes de bas de page : succulentes ! C'est le topping sur la gaufre liégeoise !

Bref, sans vouloir paraphraser Valérie Trierweiler, merci pour ce moment !


mardi 7 mai 2024

Motus et coeurs cousus

Motus et cœurs cousus,

Léa Volène,
Ed. Archipel, 2023


Mot de l'éditeur :

Les liens qui nous unissent sont aussi forts qu’un fil de soie.

Après le décès de ses parents, Marjorie, unique héritière, pose ses valises dans la maison familiale. Dans la rue du cimetière, l’emménagement de cette jeune mère de famille et de sa fille adolescente ne passe pas inaperçu.
D’autant que, dix-sept ans plus tôt, son départ précipité du village suivi de la disparition de sa sœur avaient fait grand bruit. Puis plus rien, le silence absolu. Difficile alors de revenir sans attirer les regards curieux notamment celui de Marcel, leur voisin acariâtre.
Alors que Marjorie imagine une vie paisible, un mystérieux arrangement du passé refait surface. Mais est-il vraiment possible de cacher un trop lourd secret ?


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture : 

J'ai tout de suite flashé sur ce titre, Motus et cœurs cousus, et je suis Léa Volène sur les réseaux depuis quelques années. Le moment était donc venu de découvrir son roman.

J'aime beaucoup les romans où les secrets de famille dégoulinent dans le présent. Et c'est le cas ici, avec Marjorie, mère célibataire d'Anouk qui investit la maison familiale. Sa famille, elle l'avait quittée 17 ans plus tôt, enceinte de sa fille, et rejetée par ses parents. Au décès de ces derniers, la voilà unique héritière de cette maison. De quoi en finir avec les logements précaires et reprendre une nouvelle vie là où, finalement, tout avait commencé. Pourtant, revenir dans son village réveille son plus lourd secret, celui qu'elle doit taire à tout prix...

La complicité entre cette mère et sa fille m'a beaucoup plu, entre tendresse et humour. Elles ont grandi dans leur bulle et les voilà exposées aux yeux de leurs voisins curieux. A commencer par Marcel, le vieux d'en face qui les épie derrière son rideau et qui, comme Anouk, aime passer du temps dans les cimetières, surtout sur la tombe de sa femme. ces deux cœurs taciturnes vont se trouver des atomes crochus. Et il y a Ruben, le voisin des comédies romantiques par excellence. Beau, prévenant et qui pourrait, lui aussi, cacher un secret. Deux cœurs écorchés qui finiront par se réparer.

L'écriture de l'autrice est fluide et enjouée. J'ai aimé la distillation du secret par les lettres que reçoit Marjorie. La tension monte peu à peu, parfaitement maîtrisée. Cependant, la révélation et les suites du secret ne m'ont pas pas tout à fait convaincue.

C'est un roman téléfilm-de-13h-sur-M6 qui fait le job : j'ai passé un bon moment, sans prise de tête, en me déconnectant du monde actuel. Les codes du feel-good sont respectés : l'héroïne, pesée par son secret va s'en libérer et s'ouvrir à la vie...et à l'amour.

Bref, un roman parfait pour les vacances, et pour les viaducs de Mai !




vendredi 3 mai 2024

Je vais t'aimer d'une façon nouvelle

Je vais t'aimer d'une façon nouvelle,

Guillaume Apollinaire,
Ed. de l'Orma, 2021


Mot de l'éditeur :

Une symphonie de baisers, de grenades, d’adieux : l’histoire d’un grand amour brûlé par le désir.

On entend dans les lettres du poète français le plus révolutionnaire du vingtième siècle à sa Lou les douces harmonies des sentiments, les dissonances stridentes des incompréhensions, une mélodie charmeuse et charnelle.

Une splendide correspondance amoureuse avec en fond sonore les bruits métalliques de plus en plus menaçants de la Grande Guerre.


Dealer : Librairie de la Place aux Herbes, Uzès


Ma lecture :

Depuis le lycée, je suis sous le charme des vers de Guillaume Apollinaire. Les éditions de l'Orma, avec leur collection "Les plis : livres à expédier" explorent sa correspondance amoureuse avec Lou, extraite des fameux Lettres et poèmes à Lou. Les amants sont séparés par la guerre : lui est au front, elle est infirmière. Si Apollinaire est l'auteur de magnifiques poèmes comme Le Pont Mirabeau, Zone ou Les colchiques, il n'est en pas moins un sacré coquin lorsqu'il s'agit de parler d'amour...et d'un peu plus ! Cependant, ses mots restent bien tournés et montre sa frustration d'être au cœur des tranchées plutôt qu'auprès de son cœur.

La guerre, pourtant, parlons en plus longuement. D'origine italienne et polonaise, le poète a fait des pieds et des mains pour s'engager dans l'Armée française, pour défendre son pays à qui il offre ses plus beaux vers. Il se plaît même à gravir les échelons les uns après les autres et se veut être un fervent soldat.
Cependant, l'amoureux, dans le train qui l'emmène au front, sent déjà l'amour de Lou s'étioler à mesure qu'il s'éloigne de la gare où elle l'a pourtant conduit. Leur passion survivra-t-elle à la guerre ? Et lui, y survivra-t-il tout entier ?

Guillaume Apollinaire, au delà de nous offrir des mots d'amour et parfois polissons, livre un véritable témoignage des tranchées, tout s'épargnant des détails pour ne pas heurter sa Lou...ou la censure. Mais on y sent la peur, l'ennui de l'attente, les rares permissions, le flux des courriers postaux, ...
Son amour pour Lou sera son phare dans les ténèbres de la guerre. Même s'il sait cet amour mort, il est son seul échappatoire. Et Lou devient un personnage littéraire, l'héroïne de son futur recueil Poèmes à Lou qu'il imagine déjà publier à son retour.

Guillaume Apollinaire meurt le 9 novembre 1918, juste avant l'Armistice, de la grippe espagnole.

Bref, un joli recueil épistolaire dans un format retro : plus petit que les "poche" et reliés. Il est prêt à être expédiés aux amoureux des mots ! Les éditions de l'Orma, sur ce même principe, proposent d'autres auteurs comme Zweig (que je me suis également offert), Baudelaire, Poe, Pessoa, Voltaire, Curie, ...


Pour la petite histoire, j'ai adopté ce recueil à la Librairie de la Place aux Herbes, à Uzès, ville chère au Trintignant qui ont récité ces lettres d'Apollinaire sur scène, il y a maintenant fort longtemps. J'aime ce clin d'oeil...


jeudi 2 mai 2024

Piments aux quatre vents

Piment aux quatre vents,

Gaëlle Ausserré & Amélie Blanche,
KDP, 2024


Mot de l'éditeur :

À l’aube de ses trente ans, Louise peine à faire décoller sa carrière d’actrice, tandis que sa vie sentimentale s’embourbe.

Lorsque Thelma, sa jumelle à qui au contraire tout réussit, la convainc de la remplacer pour un voyage professionnel, elle s’envole pour Bali avec la mission de se fondre dans un univers artistique dont elle ignore tous les codes. Coachée par ses deux meilleurs amis, Nina et Steven, elle troque son quotidien paisible d’introvertie pour devenir son parfait opposé. 

La découverte de cette île paradisiaque pourrait bien pimenter le cours de son existence de manière inattendue…

Avec ce roman, Amélie Blanche et Gaëlle Ausserré s’essaient à un genre inédit pour elles, un feel-good teinté de romance, d’une note d’exotisme et d’une pincée d’épices.


Dealer : Gagné sur Instagram


Ma lecture :

Je n'ai pas encore lu tous les romans de Gaëlle Ausserré, mais j'ai beaucoup aimé ceux que j'ai lu. En revanche, je n'ai pas encore eu l'occasion de lire Amélie Blanche. Habituées à des romans plus...sérieux et dramatiques, les autrices se lancent à quatre mains dans l'écriture d'une série pétillante certifiée "sans colorant, sans conservateur, sans OGM, sans IA", sans pression mais avec une bonne dose d'humour.
Embarquement immédiat pour Bali ! 

lundi 29 avril 2024

Les heures lointaines

Les heures lointaines,

Kate Morton,
Ed. Presses de la cité, 2011


Mot de l'éditeur :

Lorsqu'elle reçoit un courrier en provenance du Kent qui aurait dû lui arriver cinquante ans auparavant, Meredith Burchill révèle à sa fille Edie un épisode de sa vie qu'elle avait gardé secret jusqu'alors. En septembre 1939, comme beaucoup d'autres enfants, Meredith avait été évacuée de Londres et mise à l'abri à la campagne. Recueillie par des aristocrates du Kent dans le château de Milderhust, elle était devenue l'amie de l'excentrique et talentueuse Juniper, la cadette de la famille.

Pourquoi Meredith a t-elle dissimulé son passé à sa propre fille ? Et pourquoi n'est-elle pas restée en contact avec Juniper, devenue folle après avoir été abandonnée par son fiancé ?

Afin de reconstituer le puzzle de son histoire familiale, Edie se rend au château de Miderhust dont les vieilles pierres cachent plus d'un secret.


Dealer : Espace Culturel Landerneau


Ma lecture :

Kate Morton a le goût des vieilles demeures et de leurs secrets enfouis dans les pierres, les douves ou les greniers.
Ca tombe bien : moi aussi !   

vendredi 19 avril 2024

Le secret des Agapanthes

Le secret des Agapanthes,

Tome 1 : Flora et Joséphine,
Clarisse Sabard,
Ed. Charleston, 2024


Mot de l'éditeur :

Flora, Stella et Morgane sont cousines ; leurs grand-mères étaient sœurs. Lorsque Juliette, la dernière sœur de la lignée, décède, elle lègue sa maison en Normandie et la librairie attenante aux trois jeunes femmes. Flora, galeriste d'art à Los Angeles reçoit un carton contenant des affaires ayant appartenu à sa grand-mère, Joséphine, qui a quitté son village normand au début des années 1920 pour devenir peintre… Pour reconstituer son histoire, Flora devra se rendre en Normandie, mais aussi en Grèce, sur les traces d'un tableau disparu.


Dealer : Box Charleston


Ma lecture :

Lire un roman de Clarisse Sabard est devenu le rendez-vous de printemps. Sentez-vous ces parfums ? Voyez-vous ces fleurs éclatantes ?

Cette année, Clarisse Sabard nous ouvre les portes de la Maison des Agapanthes, maison normande qui cache bien des secrets. Elle réalise un rêve de lectrice et d'autrice avec cette saga, et c'est un plaisir de la suivre dans cette aventure.

Ce premier tome se concentre autour de Flora et Joséphine. Construit sur deux temporalités comme l'autrice y excelle, nous suivons plusieurs générations. La Flora du présent, après le décès de sa grand-mère puis de ses grand-tantes, hérite de la moitié de cette fameuse maison, à un moment charnière de sa vie. Elle profite de cette opportunité pour se refugier en Normandie, loin du tumulte de Los Angeles. Elle va alors mettre la main sur un secret entourant sa grand-mère, fille du peintre Guillaume Verney. Entre un manuscrit retrouvé mystérieusement et une toile disparue, la jeune fille se plonge dans le passé de Joséphine.
S'ouvrent alors les années 1930, entre le milieu bohême de Paris, le monde des arts, la rencontre avec Hemingway et la découverte, pour Joséphine, de ses premiers émois, ses premières passions, et ses premières désillusions.
Finalement, Joséphine et Flora ont consacré une partie de leurs vies à l'art, la première étant peintre comme son père avant elle, la seconde étant galeriste. Elles sont unies par cette passion familiale et c'est ensemble, qu'elles perceront le mystère de cette toile de Guillaume Verney disparue...

Clarisse Sabard tient une recette qui fonctionne à chaque fois, sans lasser ses lecteurs pour autant. Une vieille maison emplie de secrets, des femmes du présent à des moments clés de leur vie, des femmes du passé inspirantes et intrigantes. Mélangez le tout, cuire à feux doux. Tout doux. Comme un bonbon. Ses petites touches d'humour font mouche à chaque fois !
Le thème de la peinture et des arts est très intéressant et offre de belles réflexions au roman.

Evidemment ce tome ne suffit pas à résoudre le mystère de ces toiles disparues. Il suffit, cependant, à me mettre en appétit pour une suite !
Romans après romans, Clarisse Sabard est indéniablement la reine des doubles temporalités et est la digne héritière de Lucinda Riley.

Félicitations pour cette saga peinte aux couleurs du passé, de la romance, de la sororité et des secrets. On a hâte de continuer cette toile avec Hortense et Stella !


vendredi 12 avril 2024

Huit crimes parfaits

Huit crimes parfaits,

Peter Swanson,
Ed. Gallmeister, 2020


Mot de l'éditeur :

« L’auteur de ces meurtres ne se contente pas de s’inspirer de ma liste. Le tueur me connaît. »

Libraire spécialisé en roman policier, Malcolm Kershaw reçoit la visite surprise du FBI. L’agent Gwen Mulvey enquête sur deux affaires étranges : une série de meurtres qui rappelle un roman d’Agatha Christie, et un accident qui fait écho à un livre de James Cain. Elle espère donc que l’avis d’un expert du genre lui permettra d’interpréter correctement les (rares) indices à sa disposition. Et ce n’est pas tout : Malcolm, quinze ans plus tôt, a publié sur son blog une liste intitulée ”Huit crimes parfaits”, où figuraient ces deux intrigues. Serait-il possible qu’un tueur s’en inspire aujourd’hui ? Très vite, l’angoissante certitude s’impose : le tueur rôde déjà à proximité. Malcolm commence à le voir partout, et sent un véritable noeud coulant se resserrer autour de son cou.


Dealer : Librairie de la place aux herbes, Uzès


Ma lecture :

Parfois, il m'arrive de demander des conseils aveugles aux libraires. Leur dernier coup de cœur, le roman qu'ils aiment conseiller, ... Alors quand j'ai visité la Librairie de la Place aux Herbes, dans cette ville d'Uzès que j'ai tant aimé, j'ai demandé au libraire de me dégoter une nouvelle lecture. J'aurai finalement mis un an et demi à ouvrir ce roman...

mardi 9 avril 2024

Triste tigre

Triste tigre,

Neige Sinno,
Ed. P.O.L, 2023


Mot de l'éditeur :

« Il disait qu’il m’aimait. Il disait que c’est pour pouvoir exprimer cet amour qu’il me faisait ce qu’il me faisait, il disait que son souhait le plus cher était que je l’aime en retour. Il disait que s’il avait commencé à s’approcher de moi de cette manière, à me toucher, me caresser c’est parce qu’il avait besoin d’un contact plus étroit avec moi, parce que je refusais de me montrer douce, parce que je ne lui disais pas que je l’aimais. Ensuite, il me punissait de mon indifférence à son égard par des actes sexuels. »


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

La lecture de Triste tigre n'est pas un long fleuve tranquille, loin de là. Et impossible de se cacher derrière le mot roman car ce n'en est pas un. L'autrice dégaine et offre son "Je" pour raconter et analyser l'inadmissible.

jeudi 4 avril 2024

Cinq cœurs en sursis

Cinq cœurs en sursis,

Laure Manel,
Ed. Michel Lafon, 2024


Mot de l'éditeur :


Ils sont cinq membres d'une même famille. Ils sont fille, fils, mari, mère et sœur de Catherine.
C'est une famille comme les autres. C'était une famille (comme les autres)... jusqu'à ce que l'arrestation de Catherine bouleverse tout.

Que devient une famille après l'irréparable ?


Dealer : Les passagers du livre, Landerneau


Ma lecture :


Après avoir adoré son roman sur Ouessant, Ce que disent les silences, j'étais ravie de découvrir le nouvel opus de Laure Manel

mardi 2 avril 2024

Falaises

Falaises,

Olivier Adam,
Ed. de l'Olivier, 2005


Mot de l'éditeur :

Étretat. Sur le balcon d'une chambre d'hôtel, un homme veille. Au bout de son regard : les falaises éclairées d'où s'est jetée sa mère vingt ans plus tôt. Le temps d'une nuit, le narrateur déroule le film de sa vie, cherche dans sa mémoire rétive les traces de sa mère disparue. Une question s'immisce peu à peu dans son esprit : comment suis-je encore en vie ? Un récit intimiste à la puissance d'émotions exceptionnelle.

" Le très beau livre d'Olivier Adam ressemble à un de ces galets qu'on trouve sur la Côte d'Albâtre, d'apparence si lisse, si pure, et pourtant sans cesse bousculés par la mer déchaînée, par la mère déchirée. "
Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur


Ma lecture :

Depuis sa chambre d'hôtel, le narrateur regarde les falaises éclairées d'Etretat. Vingt ans plus tôt, ce sont ces falaises qu'avait choisies sa mère pour s'y jeter, le laissant, brisé, avec son frère et son père. Il n'avait que 11 ans.

vendredi 29 mars 2024

Pour le sourire d'Isabelle

Pour le sourire d'Isabelle,

Fanny André,
Ed. Presses de la cité, 2020


Mot de l'éditeur :

A Trouville, lors de l'enterrement de son fils Arnaud mort d'un AVC, Camille, quatre-vingts ans, guette l'arrivée de son ex-belle-fille, Isabelle, la quarantaine, avec laquelle elle s'entendait très bien. Les deux femmes restent ensemble après l'enterrement et leur complicité passée resurgit. Isabelle ne va pas bien ; triste et amaigrie, elle a fait un burn-out et quitté son cabinet d'avocats. Camille est aussi à une étape clé de sa vie : elle a décidé de mettre en vente la maison normande où elle vit pour retourner dans sa Bretagne natale. Au cours de leur conversation, elles font le projet de réaliser un ancien rêve : un voyage ensemble. Chacune montrerait à l'autre les beautés de son terroir – Isabelle la Normandie et Camille la Bretagne – afin de mettre un terme à la gentille rivalité qu'elles ont toujours entretenue autour de la plus jolie région d'origine. C'est surtout l'occasion pour Camille de fuir le deuil qu'elle vient de vivre et pour Isabelle de reprendre pied...

Une belle complicité féminine et intergénérationnelle face au deuil.
Une épopée savoureuse racontée à deux voix entre Normandie et Bretagne.
Un roman plein de charme et de profondeur !


Dealer : Bibliothèque de Sibiril (29)


Ma lecture :

Evidemment que j'ai choisi ce roman pour son titre. J'ai donc... souri à la tentation.

mercredi 27 mars 2024

Comédie sur un quai de gare

Comédie sur un quai de gare,

Samuel Benchetrit,
Ed. Julliard, 2001


Mot de l'éditeur :

"Sur le banc de gauche, est assis Charles. La soixantaine passée. Il est habillé d'un pantalon en velours marron, d'une chemise à carreaux marron et d'un gilet en laine marron. A ses pieds, une valise. Il regarde devant lui.

Sur le banc du milieu, est assise Michelle. Une trentaine d'années. Michelle porte une robe simple et claire. A ses pieds, une valise. Elle regarde devant elle.

Sur le banc de droite, est assis Vincent. Environ trente-cinq ans. Il porte un costume bleu marine et une chemise blanche sans cravate. A ses pieds, une valise. Il regarde devant lui. C'est le plus nerveux, il reluque régulièrement sa montre."

Sur un quai de gare, trois individus attendent un train qui a du retard... Ils ne se connaissent pas. C'est la nuit, il fait bon et la fille est plutôt jolie. Les deux hommes s'inquiètent alors de son avenir...


Dealer : Dialogues, Brest


Ma lecture :

A la sortie de cette pièce de théâtre en 2001, j'ai lu et relu le livre des tas de fois. Et je savourais ce que lisais avec mes oreilles puisque j'avais été voir la pièce se jouer à Paris. C'était au théâtre Hébertot il y a 24 ans (rien que ça !). C'était la première fois que j'allais dans un théâtre parisien, seule. Et première et dernière fois que je voyais Marie Trintignant, mais ça, je ne le savais pas.
C'était un moment magique.

Quand je relis ce texte aujourd'hui, après l'avoir oublié des années, j'entends encore leurs voix. Leurs silences. Et je vois encore leurs regards échangés.

Avec tout ça, j'oublie de vous parler de la pièce elle-même.
Ecrite par Samuel Benchetrit, elle raconte un père en fin de vie cherchant à caser sa fille. Elle raconte une fille inquiète pour son père et pour son avenir. Elle raconte un jeune homme qui monte à Paris ouvrir un bar-tabac acheté par correspondance. C'est drôle. C'est tendre. C'est poétique.
Cette pièce a-t-elle joué dans ma passion pour les trains ? Probablement !

Bref, je voulais vous parler de cette courte pièce au grand cœur...


Comédie sur un quai de gare 
https://www.youtube.com/watch?v=kB5GVMNwbJY

mardi 26 mars 2024

Mon cœur a déménagé

Mon cœur a déménagé,

Michel Bussi,
Ed. Presses de la cité, 2024


Mot de l'éditeur :

Mon cœur a déménagé est à la fois un récit initiatique, un roman d'amour et d'amitié, une vaste enquête s'étirant sur plus d'une décennie, et bien entendu une intrigue à twist, nul ne sachant, jusqu'à la dernière page, qui connaît la vérité, et qui la manipule.

" Papa a tué maman. "

Ophélie a tout vu, du haut de ses sept ans.
Son père n'est pas le seul coupable. Un homme aurait pu sauver sa mère.
Dès lors, Ophélie n'aura plus qu'un but : retrouver les témoins, rassembler les pièces du puzzle qui la mèneront jusqu'à la vérité. Et se venger !
Enfant placée en foyer, collégienne rebelle, étudiante évoluant sous une fausse identité, chaque étape de sa vie sera marquée par sa quête obsessionnelle.


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

Je ne lis pas souvent de romans de Michel Bussi mais je suis rarement déçue ! L'auteur sait manipuler le lecteur à sa guise pour un final en apothéose.
J'ai cédé à la tentation du titre qui reste en tête grâce à un autre Michel... 🎵

jeudi 21 mars 2024

Vestiaire de l'enfance

Vestiaire de l'enfance,

Patrick Modiano,
Ed. Gallimard, 1989


Mot de l'éditeur :

" Quand je l'ai aperçue, assise près de la grille en fer ouvragé qui sépare le café de la salle de billard, je n'ai pas tout de suite distingué les traits de son visage. Dehors, la lumière du soleil est si forte qu'en pénétrant au Rosal, vous plongez dans le noir. La tache claire de son sac de paille. Et ses bras nus. Son visage est sorti de l'ombre. Elle ne devait pas avoir plus de vingt ans. Elle ne me prêtait aucune attention".
" Toute personne susceptible de nous donner d'autres détails sur ces sujets est priée de nous écrire. "


Dealer : Dialogues, Brest


Ma lecture :

Pour moi, lire du Modiano, c'est comme déguster un thé dont je viens d'ouvrir le paquet. Il aura ce goût aussi réconfortant que les autres. Sans surprise. Mais avec beaucoup de saveur.
Et, parfois, quand je lis, une voix s'impose dans ma tête. C'est souvent celle de Jack dans Titanic (on ne se refait pas !). Mais là, c'était celle de Jean-Louis Trintignant. Lente. Douce. Mélancolique. A point nommé, pour les mots de Modiano.

mercredi 20 mars 2024

Un simple dîner

Un simple dîner,

Cécile Tlili,
Ed. Calmann-Lévy, 2023


Mot de l'éditeur :

Un soir de canicule, en août à Paris, deux couples se rejoignent pour dîner. La soirée aura lieu chez Étienne. Claudia, sa compagne, d’une timidité maladive, a cuisiné toute la journée pour masquer son appréhension. Johar et Rémi, leurs invités, n’ont pas l’esprit tranquille non plus. Autour de la table, les uns nourrissent des intentions cachées tandis que les autres font tout pour garder leurs secrets. L’odeur épicée d’un curry, une veste qui glisse d’un fauteuil, il suffit d’un rien pour que tout bascule.
Avec ce huis-clos renversant, Cécile Tlili interroge la place des femmes dans la société et tisse, avec délicatesse, une ode à l’émancipation et à la liberté.


Ma lecture :

[Lu dans le cadre du Prix des Médiathèques de Haut-Léon-Communauté]

Dans la langueur d'une canicule parisienne, boulevard Raspail, deux couples transpirent secrets et vérités... 

vendredi 15 mars 2024

Le corbeau d'Oxford

Le corbeau d'Oxford,

Faith Martin,
Ed. Harper Collins, 2019


Mot de l'éditeur :

Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter. Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés. La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions. Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, Coroner, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford… 


Dealer : Occasion Leclerc Saint-Grégoire (35)


Ma lecture :

Dans une banlieue huppée de l'Oxford des années 60, les apparences sont parfois trompeuses...
Un corbeau envoie une lettre à un riche homme d'affaire et un meurtre non élucidé refait surface. De quoi faire cogiter les méninges d'un duo improbable : la jeune policière Trudy Loveday et le vieux coroner à la retraite, Clement Ryder. 

mercredi 13 mars 2024

Comme un murmure

Comme un murmure,

Soazig Leblanc,
Autoédition, 2022


Mot de l'éditeur :

Quand elle reçoit l’appel d’un notaire qui lui annonce le décès de sa grand-mère, Alice décide de retourner à Saint-Sultan, au risque de voir les souvenirs qu’elle a enfouis refaire brutalement surface.

Remettre les pieds dans ce village encerclé par des montagnes l’inquiète. Et si tout ce qu’elle avait tenté de fuir douze ans plus tôt l’y attendait ? Et si tout ce qu'elle avait construit depuis risquait de s'effondrer ? Dans cette maison oppressante, remplie des fantômes du passé, Alice est terrifiée à l'idée d'être à nouveau confrontée à ces anciens cauchemars et ces rumeurs qui l'ont empêchée, petite fille, de vivre une existence normale.

Entre nouvelles surprenantes, retrouvailles émouvantes et cataclysme émotionnel, Alice cherche à comprendre ce qui l’a toujours dépassée et à se sortir du piège dans lequel elle sombre peu à peu.


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

Cette couverture enneigée et ce résumé alléchant m'ont donné envie de lire ce roman de Soazig Leblanc. Et l'idée d'une Alice, d'une maison et d'une grand-mère a fait écho en moi...

vendredi 8 mars 2024

L'extraordinaire histoire de la Villa Alice

L'extraordinaire histoire de la Villa Alice,

Maële Vincensini,
Ed. Locus Solus, 2023


Mot de l'éditeur :

Quitter l’Île-de-France pour la Bretagne, quoi de plus banal ? Mais tomber sur une maison abandonnée, emplie de tous ses meubles et souvenirs intacts, visitée en mode « urbex », en devenir folle amoureuse et chercher par tous les moyens à l’acquérir, voilà déjà qui s’apparente à une enquête des plus singulières.

C’est cette aventure sur un peu plus d’un an que Maële partage sur les réseaux sociaux, depuis ses premiers contacts avec la Villa Alice : 40 épisodes mis en ligne sur TikTok, Instagram, Facebook, qui totalisent 20 millions de vues ! Et des articles de presse, des reportages TV, des liens insoupçonnés avec toujours de nouvelles personnes liées à la Villa Alice. Un phénomène !

Ce qui la pousse à fixer, en un beau-livre mêlant ses textes et photographies, toute cette histoire et ses rebondissements : la propriétaire presque centenaire, les fils retissés un à un de tous les personnages rencontrés sur les photos jaunies, au fond des tiroirs… leur destin traversé par deux guerres mondiales. Et des découvertes incroyables dans des pièces secrètes, des recoins de cheminées…

Comme les milliers followers passionnés par cette aventure, on progresse pas à pas sur les traces de la Villa Alice afin d’en percer le mystère, tout en suivant de près les affres d’une rénovation. Mais une rénovation qui entend garder son âme à un lieu qui en est chargé et que ce livre fait partager de manière originale, sensible et divertissante.


Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon (29)


Ma lecture :

Mon Alice ne s'étant pas encore envolée de ses propres ailes, je n'avais pas encore ouvert mon cadeau de Noël, le livre de l'extraordinaire histoire de la Villa Alice. Peut-être suivez-vous les aventures de cette maison du Finistère Sud et de la famille de Maële, nouveaux propriétaires de cette maison aux âmes multiples...  

mardi 5 mars 2024

Ving-quatre heures dans la vie d'une femme

Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme,

Stefan Zweig,
1927


Mot de l'éditeur :

Au casino de Monte-Carlo, une veuve anglaise prend sous son aile un jeune homme perdu par la fièvre du jeu. Assumant le rôle de mère et d'amante, elle tente tout pour l'aider. Elle-même ne se reconnaît plus : va-t-elle abandonner sa vie bourgeoise et s'enfuir avec lui ? Le sauver implique de se perdre. Voici le récit des vingt-quatre heures qui changent une vie. Dans cette sombre nouvelle, parue en 1925, qui a beaucoup frappé Freud, Zweig se montre au sommet de son art de psychologue, dans l'analyse du coup de foudre amoureux et de l'addiction au jeu, ainsi que d'une passion plus complexe qui menace l'héroïne : la pitié dangereuse, ce mélange de sensualité et de devoir. L'auteur décrit admirablement le conflit intérieur qui se joue en chaque individu quand son existence se change en destin.
Ce récit d'une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l'auteur d'"Amok" et du "Joueur d'échecs" est une de ses plus incontestables réussites.


Dealer : Recueil France Loisirs, 2010


Ma lecture :

Dans ce très court roman de moins de cent pages, Stefan Zweig s'attaque aux méandres de l'âme humaine et plus particulièrement à celle d'une femme. Le lire pour la Journée de la femme me semblait une bonne idée... 

jeudi 29 février 2024

Dans la maison d'été

Dans la maison d'été,

Karine Reysset,
Ed. Flammarion, 2024


Mot de l'éditeur :

"Si nous avons eu notre part de malheurs, nous avons aussi connu des jours de partage, d'épiphanie et de joie, touché du bout des doigts la grâce et le bonheur, d'une manière qui n'appartient qu'à nous." La maison d'été, c'est la villa balnéaire qu'Albert et Rose achètent à l'automne 1980. Pendant plus de quarante ans, parents, enfants, petits-enfants vont s'y croiser, s'y succéder, y séjourner parfois pour quelques jours, parfois au long cours. Au fil des saisons, au gré des marées, quatre générations vont s'aimer, se déchirer, danser, rire et pleurer. Naissances, fêtes et anniversaires, premières fois, deuils, petits et grands événements de la vie jalonnent cette ample fresque romanesque qui retrace l'histoire d'une famille française de la fin du XXᵉ siècle à nos jours.


Dealer : SP de Karine Reysset


Ma lecture :

Les Hortensias, la maison de la famille Reiss est à vendre. Mamirose l'avait achetée avec Papibleu en 1980. Depuis, sur une quarantaine d'années, une floppée de parents et d'enfants ont exprimé leurs émois, des robes blanches aux robes noirs, des ventres pleins aux ventres vides. 

mercredi 28 février 2024

Lebensborn

Lebensborn,

Isabelle Maroger,
Ed. Bayard Graphic', 2024


Mot de l'éditeur :

Un matin qu'elle se promène avec son fils, bébé, Isabelle Maroger se fait interpeller par une femme qui la complimente pour ce bel enfant blond aux yeux bleus et ajoute « ça devient rare comme race »...

Un choc pour Isabelle, qui réalise qu'il est temps pour elle de raconter son histoire. Car si elle est, elle aussi, grande, blonde et aux yeux bleus, c'est parce qu'elle est à moitié norvégienne. Sa mère est née, pendant la guerre, dans un Lebensborn, ces maternités mises en place par les nazis pour produire à la chaîne de bons petits aryens.


Dealer : SP Bayard Graphic'


Ma lecture :

Quel coup de cœur, ce roman graphique ! 

lundi 19 février 2024

Chroniques de l'asphalte

Chroniques de l'asphalte,

Samuel Benchetrit,
Ed. Grasset, 2023


Mot de l'éditeur :

Douze ans après le dernier tome des Chroniques de l'Asphalte, nous retrouvons la bande de copains vivant dans une cité HLM au milieu des années 80. Les voici ici confrontés à l'art sous toutes ses formes : émerveillés, obsédés et influencés par la culture, encore omniprésente dans les quartiers à cette époque.

Au fil des chroniques, nous suivons Karim, Daniel, Dédé, Samuel et les autres, à la représentation d'un spectacle de danse contemporaine, au tournage du clip "l'Aziza" de Daniel Balavoine, au premier one man show de Smaïn...

L'un essaie d'apprendre un poème de Verlaine grâce à une drôle de méthode ; un autre, à la voix de crécelle, de séduire une fille qui n'aime que le chanteur de U2 Bono ; un autre, de regarder Canal+ sans décodeur ; un autre de devenir Rasta après avoir été Skinhead... Les photo-clubs sont ouverts, les salles de cinéma pleines, le bicentenaire de la révolution va être fêté, on joue à L'agence tout risque dans les caves, les casses de voitures et les parkings, les mères regardent Véronique et Davina à la télé pour faire du sport, les pères regardent aussi, sans faire de sport.

Il y a celui qui rate le film du dimanche soir pour se débarrasser de cendres encombrantes, celui qui a failli mourir le jour où Coluche est mort... Et cette question fondamentale : Qui est le mieux coiffé, de Jean-Pierre Foucault et de Patrick Sabatier ? Peut-être Michel Drucker !


Dealer : Seconde main


Ma lecture :

J'ai découvert Samuel Benchetrit en 2001 avec la pièce Comédie sur un quai de gare que j'ai pu voir jouer au théâtre Hébertot avec les Trintignant père et fille et Patrick Lizana. C'était à la fois drôle, tendre et poétique.

Presque un quart de siècle plus tard, l'auteur n'a rien perdu de son humour tendre et poétique. Dans ses Chroniques de l'asphalte dont je viens de lire le quatrième tome, il revient sur son enfance en banlieue. Tours HLM, copains dans le hall, le collège, les cours de photos, le pressing, la décharge, la télé, ... Il dresse le portrait des figures du quartier qui ont marqué son enfance, comme Abdelkrim qui n'a finalement pas joué dans le clip de Balavoine ; Dédé devenu fou à force de regarder Canal + en crypté ; Gus, Jacky et Boban qui jouent à K-2000, L'agence tous risques ou Mac Gyver, ... En bon dramaturge, il offre un rôle, une nouvelle à chacun.
Bref, une farandole de personnages, de situations, de drames, de quotidiens, de poésie, de tendresse et d'humour. J'ai beaucoup aimé sa plume, fidèle à lui-même, légère et pourtant vive, avec son air de ne pas y toucher, lui, ce véritable touche à tout. Sa voix a des airs de Petit Nicolas, sûrement pour le côté tendre de l'enfance, même si elle n'était pas si tendre que cela, mais parfois cruelle. 

Bref, c'était un plaisir de revenir dans cette cité des années 80 aux couleurs, aux codes et à la culture pop de l'époque. Un voyage dans le temps avec Samuel Benchetrit aux commandes de la DeLorean !

vendredi 16 février 2024

Tu sais où me trouver !

Tu sais où me trouver !

Gaëlle Ausserré,
Autoédition, 2020


Mot de de l'éditeur :

Lorsqu’Else rentre chez elle après six mois d’absence, elle espère donner une deuxième chance à son mariage. Ses retrouvailles avec Gregory se révèlent maladroites et tendues. Des épreuves les ont éloignés au point de ne plus oser se dire qu’ils s’aiment. L’irruption dans leur quotidien de leur neveu de dix ans les incite à faire tomber les masques.
Dès leur rencontre, sept ans auparavant, ce couple avait pourtant tout d’idéal. En reprenant le fil des événements, les éléments du tableau se dessinent un à un.
Afin de sauver leur histoire d’amour, débutée tel un défi lancé à l’autre, Else et Greg sont désormais contraints d’affronter le drame qui les empoisonne, de se souvenir de cette lumière douce qui suffisait pourtant à éclairer leur vie.


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

Après avoir aimé deux autres de ses romans, Qu'une parenthèse, et Couleur de lac, j'ai eu envie de découvrir une nouvelle histoire de Gaëlle Ausserré

mercredi 14 février 2024

Les ours mal léchés s'apprivoisent à Noël

Les ours mal léchés s'apprivoisent à Noël,

Valentine Stergann,
Ed. Hugo Romans, 2020


Mot de l'éditeur :

Et s'il suffisait de quelques flocons de neige pour réparer les coeurs ?
Malgré un quotidien bien huilé, Irène a l'impression de passer à côté de son destin. Alors, quand elle apprend que la vieille amie de sa grand-mère lui lègue sa maison en Angleterre, elle n'hésite pas et saute seule dans le premier avion, direction Charlestown.
À l'aube des fêtes de fin d'année, elle démarre une nouvelle vie avec de nouveaux voisins : un septuagénaire loufoque, une pétillante serveuse... mais surtout Rudolph, solitaire et bourru, veuf depuis deux ans. Aussi attirant qu'agaçant, cet homme des cavernes se maintient tant bien que mal au-dessus des flots grâce à son fils.
Et si l'étincelante Irène réussissait à le faire sourire à nouveau ? Et si c'était ça, la magie de Noël ?


Ma lecture :

Je redécouvre Valentine Stergann avec cette romance de Noël. Oui, je sais, romance de Noël, ça sonne téléfilm de M6 les après-midis de décembre. Mais... non ! Je vous explique.  

vendredi 9 février 2024

Tout ce qui manque

Tout ce qui manque,

Florent Oiseau,
Ed. Allary, 2023


Mot de l'éditeur :

Roman de la rupture amoureuse, cahier du pays natal. Tout ce qui manque fait le point sur tout ce qui compte. A la manière d'un John Fante d'Intercités, Florent Oiseau ajoute à sa plume une pointe de mélancolie dont le sarcasme flegmatique émeut autant qu'il réjouit. "Le projet m'apparaissait évident, j'utiliserais le village pour tisser un décor, raconter une histoire en apparence inoffensive mais avec, cette fois, un but bien précis : dire entre les lignes tout ce que j'avais cru malin de taire.

Ana, tu n'es pas juste une infirmière ; Ana, tu n'es pas une colocataire ; Ana, tu n'es pas une habitude, t'aimer est ma première certitude, l'avoir mal fait est la deuxième, vouloir écrire un livre pour inverser le cours de notre histoire est la dernière".


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

C'est toujours un plaisir de retrouver un roman de Florent Oiseau. 

mercredi 7 février 2024

La bande de l'abribus

La bande de l'abribus,

Du rififi en psychiatrie,
Luce Michel,
Ed. Black Label, 2024


Mot de l'éditeur :

« La vie même est dangereuse. Aucun de nous n’en sortira vivant. »
Une clinique psychiatrique aux confins de trois villages du Sud de la France, un abribus où les patients prennent l’habitude de se retrouver pour fumer et pour discuter lorsqu’il pleut : Valérie, Viviane, Yves, Aurore forment ainsi une sympathique petite bande de dépressifs…
La clinique a bien du mal à survivre car - paradoxe - elle a besoin de malades pour tourner mais ceux-ci partent dès qu’ils sont guéris ! La psychiatre Amélie Bescotte va trouver la solution pour « fidéliser les patients » : et si, au lieu de les soigner, on créait ou on prolongeait leurs addictions… Au Diable le serment d’Hippocrate !
Céline, une des femmes de chambre, se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond et commence à mener l’enquête. Lorsque, cerise sur le gâteau, un cadavre est découvert dans l’enceinte de la clinique, les esprits s’échauffent …


Dealer : SP Agence La Bande


Ma lecture :

J'ai découvert Luce Michel l'année dernière avec Vue mer que j'avais beaucoup aimé. Elle cultive l'art du huis clos avec son nouveau roman, La bande de l'abribus...  

vendredi 2 février 2024

Comment j'ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès

Comment j'ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès,

Romain Puértolas,
Ed. Albin Michel, 2024


Mot de l'éditeur :

« La photo a fait le tour du monde. Xavier Dupont de Ligonnès retirant trente euros à un distributeur automatique du sud de la France quelques jours après avoir "supposément" assassiné de sang-froid sa femme, leurs quatre enfants et leurs deux chiens. Pour moi, ce fut un choc, une espèce de mission dont je me suis senti aussitôt investi. Cette histoire m'obsède depuis 2011. Treize ans ont passé sans que je cesse une seule seconde de penser à lui. Je suis capitaine de police et écrivain, la combinaison parfaite pour me lancer dans l'enquête de ma vie. Ligonnès hante mes jours et surtout mes nuits. Il n'y a qu'une seule manière pour que je mette fin à cette torture, retrouver Xavier Dupont de Ligonnès... »

Dans ce « roman-quête », Romain Puértolas, ancien capitaine de police et auteur à succès de L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, lie avec brio une rigoureuse investigation policière à une fiction aussi étonnante que jubilatoire, révélant, peut-être, le fin mot d'une déroutante affaire judicaire.


Dealer : Bibliothèque de Sibiril (29)


Ma lecture :

L'affaire Dupont de Ligonnès passionne toute la France depuis 2011, certains détectives amateurs y consacrent même des forums et blogs pour faire avancer l'enquête. L'auteur Romain Puértolas, policier à l'époque, est lui aussi, pris dans ce tourbillon obsédant : mais où a bien ou passer Xavier Dupont de Ligonnès ? Est-il encore vivant ? 

mercredi 31 janvier 2024

Le convoi

Le convoi,

Beata Umubyeyi Mairesse,
Ed. Flammarion, 2024


Mot de l'éditeur :

"Il aura fallu quinze ans de cheminement incertain, une enquête menée aux confins de mémoires étiolées, pour retrouver une image sur laquelle j'espérais figurer, puis pour chercher mes compagnons de fuite. Quinze ans pour m'autoriser enfin à écrire cette histoire. La mienne et à travers elle, car il s'agit bien de me réinscrire dans un collectif, la nôtre, l'histoire des enfants des convois." Le 18 juin 1994, quelques semaines avant la fin du génocide des Tutsi au Rwanda, Beata Umubyeyi Mairesse, alors adolescente, a eu la vie sauve grâce à un convoi humanitaire suisse. Treize ans après les faits, elle entre en contact avec l'équipe de la BBC qui a filmé et photographié ce convoi. Commence alors une enquête acharnée (entre le Rwanda, le Royaume-Uni, la Suisse, la France, l'Italie et l'Afrique du Sud) pour recomposer les événements auprès des témoins encore vivants : rescapés, humanitaires, journalistes. Le génocide des Tutsi, comme d'autres faits historiques africains, a été principalement raconté au monde à travers des images et des interprétations occidentales, faisant parfois des victimes les figurants de leur propre histoire.

Nourri de réflexions sur l'acte de témoigner et la valeur des traces, entre recherche d'archives et écriture de soi, Le convoi est un livre sobre et bouleversant : il offre une contribution essentielle à la réappropriation et à la transmission de cette mémoire collective.


Dealer : Masse Critique Babelio


Ma lecture :

Pour être honnête, quand j'ai vu cette couverture et ce titre, en tout petit sur le catalogue Masse Critique de Babelio, probablement sans mes lunettes, j'ai cru qu'on parlait des convois des années 40, vous savez, ceux qui dérivaient vers l'Europe de l'Est. Mais non, nous sommes à l'été 1994, dans un Rwanda en guerre que la jeune Beata s'apprête à fuir. Le convoi est son histoire. Et celle de beaucoup de réfugiés rwandais.  

mercredi 24 janvier 2024

Ruth Fielding orpheline

Ruth Fielding orpheline,

Alice B. Emerson,
Ed. Novel, 2024


Mot de l'éditeur :

Nous sommes en 1913, dans un petit village aux États-Unis : Ruth Fielding, orpheline sans le sou, est recueillie par un oncle avare et froid.

La jeune fille a une ambition secrète : faire du cinéma ! Mais pour réaliser ses rêves, elle ne pourra compter que sur elle-même...

Écrite à une époque où le cinéma n’était qu’à ses tout débuts, et que les femmes n’occupaient que très rarement des places importantes dans le milieu des affaires, la série Ruth Fielding surprend par sa modernité. Ce n’est pas pour rien qu’elle était souvent bannie des librairies !


Dealer : SP Novel/La Bernique


Ma lecture : 

Quel retour en enfance avec cette nouvelle collection de chez Novel, les Vintage Sisters ! Couverture cartonnée et relief, reliure soignée et texte accompagnée de belles illustrations, à la fois retro et modernes. La forme, déjà, est un travail remarquable !

mercredi 17 janvier 2024

Les yeux couleur de pluie

Les yeux couleur de pluie,

Sophie Tal Men,
Ed. Albin Michel, 2016


Mot de l'éditeur :

Étudiante en médecine, Marie-Lou est, du jour au lendemain, affectée à Brest. Autant dire le bout du monde pour celle qui n’a jamais quitté sa Grenoble natale. Une nouvelle existence commence alors pour elle, loin des siens, de ses montagnes : il va falloir s’habituer au climat, à la région, à la collocation, aux collègues… Surtout, c’est l'insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans qui vont être confrontées à la dure réalité du monde hospitalier. Une nuit, elle croisera Matthieu, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie ?
Rencontres, passions, non-dits, péripéties drôles ou dramatiques… un plaisir de lecture, un roman sensible et plein de fraîcheur qu'on ne lâche pas.


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture : 

Je n'avais jamais lu Sophie Tal Men, alors ma copine Tiphanie m'a poussée à sauter le pas...

Les yeux couleur de pluie se déroule à Brest, entre les rues Jean Jaurès et de Siam et l'hôpital de la Cavale Blanche. Forcément, pour la finistérienne chauvine que je suis, c'est un bon point non négligeable. J'ai meme failli danser une gavotte en chaussons pilou devant le poèle.
Bref.

Le verdict vient de tomber pour la savoyarde Marie-Lou : elle fera son internat au service neurologie de Brest. Adieu les montages et les fondues fromagères, bonjour l'air marin et le kig ha farz (cette spécialité locale a même droit à son chapitre !). A peine sa blouse enfilée que la jeune fille tombe sous la sympathie de sa colocataire Anna et sous le charme de son cousin Matthieu...
Nous voilà clairement dans une romance hospitalière aux parfums iodés. Dit comme ça, c'est plutôt chouette. D'ailleurs, la lecture n'est pas désagréable, de la même façon que dans les séries Urgences ou Grey's Anatomy, on découvre l'envers du décor des hôpitaux : les gardes, les diagnostics, les rivalités, l'empathie nécessaire et parfois cruelle, les soirées "étudiantes", ... M
ais Marie-Lou m'a un peu agacée avec son ciré jaune typique des touristes égarés en Bretagne. Je n'ai pas été convaincue par son histoire d'amour avec Matthieu, trop frileuse en émotions.

Ce que j'ai malgré tout adoré :
Le poème Barbara de Prévert en guise d'épigraphe, les tics de langage finistériens comme "Mignonne", le kig ha farz. Respirez, vous êtes à Brest, ici !

Bref, un roman gentillet qui ouvre les portes des hôpitaux et présente une belle palette de soignants. Mais je m'attendais à un peu plus de... sel ? Le bon sel breton qui ravive le ciel gris, qui exhauste la galette complète. Dommage ! 


lundi 15 janvier 2024

Le joueur d'échecs

Le joueur d'échecs,

Stefan Zweig,
Ed. Delachaux & Niestlé, 1944
(Ed. Stock, 1981)


Mot de l'éditeur :


Czentowic, champion d'échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu'à l'entrée en scène de Monsieur B. Dès lors que cet aristocrate autrichien s'intéresse à la partie livrée entre le champion et les passagers amateurs, la direction du texte bascule.
Par un effet de symétrie, la narration se transforme en un face à face tendu entre un esprit brillant et rapide à l'intelligence abstraite et un cerveau au pragmatisme brutal, incapable de projection véritable. Mise en scène percutante de la résurrection de la folie, cette nouvelle oscille entre ouverture et enfermement.
Dans cette avancée implacable de la stupidité destructrice, allégorie de la victoire du nazisme mais aussi chef-d’œuvre de composition, Zweig s'intéresse peu à la survie du corps, préférant montrer les réactions de l'esprit, qui trouve un symbole parfait dans ce jeu éminemment intelligent mais désespérément stérile.
Publié en 1943, un an après le suicide de son auteur, Le Joueur d'échecs fait figure de testament dans l’œuvre de Zweig.


Dealer : Librairie de la cité, Landerneau

Ma lecture : 


Le joueur d'échecs était un livre imposé pour mon bac littéraire. La définition pure du classique, donc. Mon exemplaire comporte encore quelques annotations illisibles, écrites au crayon gris. Je me souviens l'avoir beaucoup aimé. Sur le pont d'un paquebot à destination de l'Argentine, une partie d'échecs se dispute. Pas n'importe laquelle puisqu'elle oppose le champion mondial Czentovic et deux touristes amateurs. Sans un sourire, sans un mot, le champion avance en fin stratège, pièce par pièce. Puis un autre touriste s'en mêle, propose un coup, et la partie se corse. Le champion perd de son aplomb. La partie est nulle. En veine, le troisième larron, Monsieur B., propose une autre partie.

Et la question, alors, se pose : qui est Monsieur B. ? Il n'a, prétend-il, pas touché un échiquier depuis près de vingt ans. Mais en racontant son histoire au narrateur, on découvre qu'il a été enfermé par la Gestapo, sans livre, sans personne à qui parler. Un jour, il subtilise un manuel d'échecs et rejoue les parties mentalement. C'est une centaine de parties de grands maîtres qu'il rejoue inlassablement. Cela devient son passe-temps. Son obsession. Sa survie. Sa folie. 
Cette dernière partie oppose donc le champion froid et stratège Czentovic à l'esprit libre et résistant aux tortures de la Gestapo de Monsieur B. Nous sommes en 1942, la veille du jour où Zweig se donnera la mort à Petropolis, au Brésil, acculé par la victoire menaçante du nazisme. L'allégorie est implacable. 

En moins de cent pages, Zweig parvient à mettre en place une ambiance tendue autour de la partie d'échecs, à montrer les rouages de l'âme humaine. Il oppose ce champion dénué de toute humanité peint comme un robot formaté uniquement au jeu d'échecs à Monsieur B. que les Nazis ont voulu priver de son humanité et à le faire sombrer dans une sombre folie. Les deux personnages sont finement campés. De loin, assis devant leur échiquier, on pourrait croire à deux dilettantes sur un paquebot. Il n'en est rien. C'est l'âme du monde qui se joue en noir et blanc. Et Zweig a déjà abandonné la partie. Echec au roi.

Vous voulez lire un classique ?
Vous lirez un chef d'œuvre !
Moins de cent pages et vous serez transportés sur un échiquier où la vie est mise en péril. Zweig a la plume acérée et n'a pas besoin d'en dire trop pour tout dire. 

vendredi 12 janvier 2024

Les flamboyants bleus

Les flamboyants bleus,

Wendy Nazaré,
Ed. Chronica, 2023


Mot de l'éditeur :

« Le jour de la photo de classe, sachant que le cliché serait envoyé à ses parents, Xavier choisit les vêtements avec lesquels il était arrivé à la rentrée. Il enfila sa chemise blanche, son pull en pointe et attacha fièrement le noeud papillon que sa mère lui avait offert.

Tout le distinguait du groupe, jusqu’à la couleur de sa peau, cela lui sauta aux yeux. Depuis tout petit, il se sentait souvent en décalage avec les autres, sans vraiment comprendre pourquoi. » Xavier, au coeur d’un secret dont il ignore tout, va emprunter un chemin qui va le mener à vivre un destin hors du commun. Pour reconstituer l’histoire de ce petit Xavier, Wendy Nazaré a mené l’enquête autour de ses proches et a écouté cinq cassettes qui lui ont été remises, en 2005, aux funérailles d’un vieil homme dans la région de Lisbonne.

Des heures et des heures d’écoute d’une voix qui l’émotionne et la transporte dans le passé. Espoirs, déroutes, erreurs et rencontres... Ces petites bandes analogiques dévoilent l’histoire étonnante de Xavier et des secrets de famille qui ricochent de génération en génération.

Wendy Nazaré nous emmène du nord du Portugal jusqu’en Afrique noire ou au Maghreb, en passant bien sûr par sa Belgique natale et, en particulier, dans le terroir de la cité lainière de Verviers, dans le pays des trois vallées Ourthe Amblève et Vesdre. Un beau voyage dans l’espace et dans le temps, dans la petite et la grande histoire.


Dealer : Offert par une copine


Ma lecture :

Quand une copine m'a offert ce livre, je ne savais pas à quoi m'attendre. Wendy Nazaré... Vous avez  dû entendre sa chanson Lisboa il y a quelques étés. De la musique à l'écriture, il n'y a qu'une plume.

mercredi 10 janvier 2024

L'enragé

L'enragé,

Sorj Chalandon,
Ed. Grasset, 2023



Mot de l'éditeur :


« Je n’ai pas le droit aux sentiments. Les sentiments c’est un océan, tu t’y noies. Pour survivre ici, il faut être en granit. Pas une plainte, pas une larme, pas un cri et aucun regret. Même lorsque tu as peur, même lorsque tu as faim, même lorsque tu as froid, même au seuil de la nuit cellulaire, lorsque l’obscurité dessine le souvenir de ta mère dans un recoin. Rester droit, sec, nuque raide. N’avoir que des poings au bout de tes bras. Tant pis pour les coups, les punitions, les insultes. S’évader les yeux ouverts et marcher victorieux dans le sang des autres, mon tapis rouge. Toujours préférer le loup à l’agneau. »
Dans la nuit du 27 août 1934, cinquante-six gamins se révoltent et s’échappent de la colonie pénitentiaire pour mineurs de Belle-Île-en-Mer. Voici ouverte la chasse aux enfants. Tous sont capturés. Tous ? Non : aux premières lueurs de l’aube, un évadé manque à l’appel. Voici son histoire…


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

Janvier, et je rattrape la Rentrée Littéraire de septembre. Je ne voulais pas passer à côté du dernier roman de Sorj Chalandon, auteur que j'aime beaucoup.
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