L'inconnue du quai de Javel,
Philippe Jaenada,Ed. Flammarion, 2026
Mot de l'éditeur :
Le 6 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée morte quai de Javel, à Paris, sans sac ni chaussures, manifestement rhabillée à la hâte puis déposée là par son assassin. Elle est identifiée le lendemain : c`est Louise Cansot, le modèle le plus demandé par les peintres de Montparnasse.
Rapidement, quatre suspects se détachent, évidents, presque des archétypes. On dirait le début d`un roman de Simenon, mais l`inspecteur-chef Ferrière n`a pas le talent de Maigret, et doit se résoudre à classer l'affaire au bout de six mois, sans avoir arrêté personne. Soixante-quinze ans plus tard, Philippe Jaenada reprend l`enquête à partir du dossier retrouvé puis, comme à son habitude, sollicite ses contacts aux archives, exhume tous les documents, arpente tous les lieux - remonte le temps.
Pour ce livre, il a lu les soixante-quinze enquêtes de Maigret, s`inspirant humblement et fidèlement des méthodes du commissaire fictif. Et il va résoudre ce meurtre bien réel, laissant le lecteur subjugué par la dextérité de son investigation et fasciné par cette jeune femme à laquelle il redonne un visage et une histoire.
Ma lecture :
Septembre 1949, Paris.
Quai de Javel, presque au pied du fameux pont Mirabeau, une inconnue est retrouvée morte. Inconnue ? Pas tout à fait. Il s'agit du modèle le plus prisé des peintres de l'époque.
L'affaire ne sera jamais élucidée, faute de preuves et de coupable identifié. Soixante-quinze ans plus tard, intrigué par ce meurtre, Philippe Jaenada décide de rouvrir le dossier. Un peu froid, ce cold case, non ?
Pourtant, l'auteur va éplucher les archives policières de la Ville de Paris, relire les témoignages, reconstituer la chronologie… Et surtout, se replonger dans soixante-quinze enquêtes de Maigret pour s'imprégner de ses méthodes et, cigarette électronique en bouche à défaut de pipe, endosser la stature d'un commissaire de renom.
J'ai aimé ce côté Modiano, où Paris se perd dans une temporalité embrumée. C'est ce qui arrive lorsqu'on exhume une affaire vieille de soixante-quinze ans : les lieux ont changé, les témoins restent muets et les morts ne sont même plus à leur place au cimetière de Thiais. L'auteur ponctue son travail minutieux d'anecdotes piquantes ou délicieuses qui viennent aérer le récit.
Cependant, je me suis souvent perdue dans ces investigations fantomatiques, cette multitude de personnages et ces détours du côté de Maigret, dont je connais mal l'univers. Le charme n'a donc pas tout à fait opéré sur moi.
Mais je reste admirative de cette démarche : rouvrir une affaire oubliée, remonter le fil du temps et reprendre l'enquête comme si le meurtre venait d'avoir lieu. Une entreprise aussi singulière qu'ambitieuse, et même magistrale !
Et vous, qu'avez-vous lu de cette rentrée littéraire ?










