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mercredi 7 octobre 2026

Danser sous la pluie

Danser sous la pluie,

Pauline Bilisari,
Ed. Robert Laffont, 2024


Mot de l'éditeur :

je dépose tout ici
je dépose mes larmes
ma colère, mon pardon
tout ce qui me pèse
j'ignore si ce livre
ouvrira les paroles
j'ignore même
si je souhaite qu'il le fasse
mais il est là
il prend du temps
il me déchire
et il est doux aussi
il répare, il apaise
je le sens déjà

Grâce à sa poésie hautement intime, on suit Pauline Bilisari sous les averses de la vie, plus ou moins violentes, parfois orageuses, mais avec la perspective de la douceur qui arrive. Elle nous entraîne dans un pas de deux qui explore le deuil, les désillusions, l`envie de vivre qui quelquefois vacille, mais aussi l`enfance et la sérénité retrouvée. Une danse sous la pluie, entre fêlures et reconstruction.


Ma lecture :

Dans ce monde à cent à l’heure, on ne prend peut-être pas assez le temps de lire de la poésie. Elle demande une posture plus posée, plus attentive, plus sensible. Elle invite à ralentir, à écouter les mots et ce qu’ils font résonner en nous.

J’ai dégusté, poème après poème, le recueil de Pauline Bilisari, qui aborde le deuil et la séparation à travers un cheminement vers la résilience. L’ouvrage est découpé en plusieurs étapes : premiers pas, trébucher, se relever, composer, danser.

J’ai corné plusieurs pages, signe d’un recueil vivant, qui m’a touchée par ses mots et sa sensibilité. Parmi eux, ce poème :

ne plus sentir
que mon cœur
qui s’emballe
qui s’échauffe
et se broie
pétri par
des milliers de mains
qui le froissent
et l’écrasent

C’est parfois violent, sauvage, comme traverser une forêt en pleine nuit. On avance à tâtons, sans savoir encore où le chemin nous mènera. Et puis, peu à peu, le jour se lève. Les oiseaux chantent, la nature s’éveille, offre ses plus belles couleurs et ses plus douces mélodies.
Alors, doucement, le cœur, si longtemps serré, s’ouvre à nouveau et apprend à savourer.

Voilà toute la poésie de la résilience : mettre des mots sur des maux, traverser l’obscurité et, petit à petit, retrouver la lumière.

Et vous, lisez-vous encore de la poésie ?


mardi 26 mai 2026

J'ai effacé les preuves

J'ai effacé les preuves,

Olivier Adam,
Ed. Bruno Doucey, 2026


Mot de l'éditeur :

je me confonds avec mon double
je me retourne et tout est trouble
j’ai perdu nos propres traces
j’ai effacé les preuves
j’ai joué avec le feu
et la pellicule a cramé
par négligence
en pyromane
en incendiaire


Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon (29)


Ma lecture : 

le même plaisir
toujours
de retrouver les mots 
d'Olivier Adam

dans ce recueil de poésie
les mots
sortent
virevoltent
bruts
beaux
comme des flammes
lucides
implacables

un diamant
à l'état brut
des émotions
à l'état brut
sans surplus
sans chichis

cracher des mots
mais avec élégance
toujours


mercredi 17 décembre 2025

Lait et miel

Lait et miel,

Rupi Kaur,
Ed. Charleston, 2022


Mot de l'éditeur :

Construit autour de courts poèmes en prose, Lait et Miel parle de survie. De l'expérience de la violence, des abus sexuels, de l'amour, de la perte et de la féminité. Le recueil comprend quatre chapitres, et chacun obéit à une motivation différente, traite une souffrance différente, guérit une peine différente.

Lait et Miel convie les lecteurs à un voyage à travers les moments les plus amers de l'existence, mais y trouve de la douceur, parce qu'il y a de la douceur partout si l'on sait regarder.


Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon


Ma lecture : 

J'aime lire de la poésie de temps en temps, elle permet, justement, d'arrêter le temps, et de pser chaque mot, de prendre la valeur, le pouvoir de chaque mot. La poésie de Rupi Kaur est dans ce chemin là, redonner le pouvoir aux mots pour se libérer des maux.  

samedi 1 mars 2025

Ma maison en fleurs

Ma maison en fleurs,

Pauline Bilisari, 
Ed. Robert Laffont, 2023


Mot de l'éditeur :

Un recueil de poèmes illustrés sensibles, dont la lecture délivre une force unique.
La seule personne avec laquelle on vivra tout au long de notre vie, c’est nous.
Ma maison en fleurs, c’est l’intimité et la difficulté d’être au monde parfois. C’est l’idée que l’on reste sa propre maison, même dans l’incendie. Pauline Bilisari y parle du rapport à soi, au corps, et à tout ce que l’on est. Elle écrit la santé mentale, la souffrance de vivre, et la force que l’on porte en soi, même lorsqu’on l’oublie. Elle y conte la puissance avec laquelle on peut se haïr, mais surtout la façon dont on peut apprendre à se connaître, s’accepter, et peut-être même finir par s’aimer, un jour.

" Le chemin est long, semé d’embûches, je le parcours moi-même encore, mais je vous confie mon cœur, dans sa vulnérabilité, sa sensibilité à fleur de peau, et sa résilience. "


Dealer : seconde main


Ma lecture :

J'ai vu les pétales de Pauline Bilisari s'envoler sur Instagram, et j'avais envie de découvrir ses poèmes.

Ma maison en fleurs raconte la souffrance, la dépression, la douleur, comme une maison qui brûle. Puis, lentement, sur ces cendres, des bourgeons apparaissent et la floraison renaît. Après un long chemin difficile et douloureux, la maison redevient accueillante.
Les mots, les structures verbales sont brutes et abruptes, s'entrechoquent les uns aux autres. Se blessent et se réparent. Blessent et réparent.

L'orfèvre poète pose des mots sur ses maux et c'est une véritable thérapie qui se dessine pour elle-même et le lecteur. Les mots fleurissent son cœur jusqu'à étouffer la douleur et la dépression.

Comme pour les poésies contemporaines que je lis en ce moment, j'ai la sensation d'avoir devant moi un diamant brut, sans artifice.  Les émotions ne trichent pas. Elles se sèment au vent. Au lecteur d'en attraper les pétales...

je sais tout au fond
qu'il y a d'autres choses en moi
que mes larmes
et mes cris.
il y a les sourires
plus lumineux parfois que le soleil,
mes éclats de rire
à gorge déployée,
mes plaisanteries de mauvais goût
mes taquineries comme preuve d'amour
mon second degré, mon esprit
ma bienveillance, ma tolérance
ce soleil dans mon cœur
que j'oublie
que je tapis.il y a tout cela aussi, en moi
bientôt prêt à rejaillir



vendredi 24 janvier 2025

Paroles

Paroles,

Jacques Prévert, 
Ed. Gallimard, 1949


Mot de l'éditeur :

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara...
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant...


Dealer : Boîte à livres des mes 40 ans


Ma lecture :

Je vous avais dit que cette année, je voulais lire plus de poésie. Ce Paroles de Jacques Prévert tombe à point nommé.
Mais je dois vous raconter comment il est arrivé entre mes mains. j'ai fêté mes 40 ans l'année dernière, et mes amis ont eu une belle idée : prendre un livre de leur bibliothèque pour me l'offrir dans une sorte de boîte à livres que j'aime appeler "la boîte à livres de mes 40 ans". Jolie poésie, déjà, n'est-ce pas ? 

lundi 20 janvier 2025

La petite bonne

La petite bonne,

Bérénice Pichat,
Ed. Les Avrils, 2024


Mot de l'éditeur :

Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d’aller prendre l’air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d’amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s’ils se surprenaient ?


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

Bénérice Pichat nous emmène dans un immeuble parisien des années 30 où la petite bonne est au service de Monsieur et Madame Daniel.

vendredi 3 janvier 2025

Les fragments du coeur

Les fragments du cœur,

Marion Fritsch,
Ed. Albin Michel, 2024


Mot de l'éditeur :

« J’ai aimé tout de nous et même le chagrin, je l’ai serré contre moi jusqu’à en faire de l’amour. »

A l'époque où le discours amoureux se flétrit, comment réinventer les sentiments ? Dans Les Fragments du coeur, son premier livre, Marion Fritsch fait le récit d'une histoire d'amour à travers ses quatre saisons, et pose les enjeux nouveaux d'une émotion universelle, entre passion et résilience.


Dealer : Seconde main


Ma lecture :

Premier post de l'année !
Alors je me dois de vous la souhaiter belle, douce, cohérente et surtout...pleine de poésie. De la poésie dans les mots, les gestes, les attentions, les aspirations, les pensées.
Cette année, j'ai décidé de lire plus de poésie. Je me contente chaque année de lire quelques poèmes classiques pour le Printemps de Poètes. C'est trop peu. Je devrais même dire : cette année, j'ai décidé de lire de la poésie. 

vendredi 3 mai 2024

Je vais t'aimer d'une façon nouvelle

Je vais t'aimer d'une façon nouvelle,

Guillaume Apollinaire,
Ed. de l'Orma, 2021


Mot de l'éditeur :

Une symphonie de baisers, de grenades, d’adieux : l’histoire d’un grand amour brûlé par le désir.

On entend dans les lettres du poète français le plus révolutionnaire du vingtième siècle à sa Lou les douces harmonies des sentiments, les dissonances stridentes des incompréhensions, une mélodie charmeuse et charnelle.

Une splendide correspondance amoureuse avec en fond sonore les bruits métalliques de plus en plus menaçants de la Grande Guerre.


Dealer : Librairie de la Place aux Herbes, Uzès


Ma lecture :

Depuis le lycée, je suis sous le charme des vers de Guillaume Apollinaire. Les éditions de l'Orma, avec leur collection "Les plis : livres à expédier" explorent sa correspondance amoureuse avec Lou, extraite des fameux Lettres et poèmes à Lou. Les amants sont séparés par la guerre : lui est au front, elle est infirmière. Si Apollinaire est l'auteur de magnifiques poèmes comme Le Pont Mirabeau, Zone ou Les colchiques, il n'est en pas moins un sacré coquin lorsqu'il s'agit de parler d'amour...et d'un peu plus ! Cependant, ses mots restent bien tournés et montre sa frustration d'être au cœur des tranchées plutôt qu'auprès de son cœur.

La guerre, pourtant, parlons en plus longuement. D'origine italienne et polonaise, le poète a fait des pieds et des mains pour s'engager dans l'Armée française, pour défendre son pays à qui il offre ses plus beaux vers. Il se plaît même à gravir les échelons les uns après les autres et se veut être un fervent soldat.
Cependant, l'amoureux, dans le train qui l'emmène au front, sent déjà l'amour de Lou s'étioler à mesure qu'il s'éloigne de la gare où elle l'a pourtant conduit. Leur passion survivra-t-elle à la guerre ? Et lui, y survivra-t-il tout entier ?

Guillaume Apollinaire, au delà de nous offrir des mots d'amour et parfois polissons, livre un véritable témoignage des tranchées, tout s'épargnant des détails pour ne pas heurter sa Lou...ou la censure. Mais on y sent la peur, l'ennui de l'attente, les rares permissions, le flux des courriers postaux, ...
Son amour pour Lou sera son phare dans les ténèbres de la guerre. Même s'il sait cet amour mort, il est son seul échappatoire. Et Lou devient un personnage littéraire, l'héroïne de son futur recueil Poèmes à Lou qu'il imagine déjà publier à son retour.

Guillaume Apollinaire meurt le 9 novembre 1918, juste avant l'Armistice, de la grippe espagnole.

Bref, un joli recueil épistolaire dans un format retro : plus petit que les "poche" et reliés. Il est prêt à être expédiés aux amoureux des mots ! Les éditions de l'Orma, sur ce même principe, proposent d'autres auteurs comme Zweig (que je me suis également offert), Baudelaire, Poe, Pessoa, Voltaire, Curie, ...


Pour la petite histoire, j'ai adopté ce recueil à la Librairie de la Place aux Herbes, à Uzès, ville chère au Trintignant qui ont récité ces lettres d'Apollinaire sur scène, il y a maintenant fort longtemps. J'aime ce clin d'oeil...


vendredi 8 mars 2024

L'extraordinaire histoire de la Villa Alice

L'extraordinaire histoire de la Villa Alice,

Maële Vincensini,
Ed. Locus Solus, 2023


Mot de l'éditeur :

Quitter l’Île-de-France pour la Bretagne, quoi de plus banal ? Mais tomber sur une maison abandonnée, emplie de tous ses meubles et souvenirs intacts, visitée en mode « urbex », en devenir folle amoureuse et chercher par tous les moyens à l’acquérir, voilà déjà qui s’apparente à une enquête des plus singulières.

C’est cette aventure sur un peu plus d’un an que Maële partage sur les réseaux sociaux, depuis ses premiers contacts avec la Villa Alice : 40 épisodes mis en ligne sur TikTok, Instagram, Facebook, qui totalisent 20 millions de vues ! Et des articles de presse, des reportages TV, des liens insoupçonnés avec toujours de nouvelles personnes liées à la Villa Alice. Un phénomène !

Ce qui la pousse à fixer, en un beau-livre mêlant ses textes et photographies, toute cette histoire et ses rebondissements : la propriétaire presque centenaire, les fils retissés un à un de tous les personnages rencontrés sur les photos jaunies, au fond des tiroirs… leur destin traversé par deux guerres mondiales. Et des découvertes incroyables dans des pièces secrètes, des recoins de cheminées…

Comme les milliers followers passionnés par cette aventure, on progresse pas à pas sur les traces de la Villa Alice afin d’en percer le mystère, tout en suivant de près les affres d’une rénovation. Mais une rénovation qui entend garder son âme à un lieu qui en est chargé et que ce livre fait partager de manière originale, sensible et divertissante.


Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon (29)


Ma lecture :

Mon Alice ne s'étant pas encore envolée de ses propres ailes, je n'avais pas encore ouvert mon cadeau de Noël, le livre de l'extraordinaire histoire de la Villa Alice. Peut-être suivez-vous les aventures de cette maison du Finistère Sud et de la famille de Maële, nouveaux propriétaires de cette maison aux âmes multiples...  

dimanche 15 août 2021

Un été avec Rimbaud

Un été avec Rimbaud,

Sylvain Tesson,
Ed. Equateurs Parallèles / France Inter, 2021


Mot de l'éditeur :

« Esclaves, ne maudissons pas la vie. »
Lire Arthur Rimbaud vous condamne à partir un jour sur les chemins. Chez le poète des Illuminations et d'Une saison en enfer, la vie s'organise dans le mouvement. Il s'échappe hors de l'Ardenne, cavale dans la nuit parisienne, court après l'amour en Belgique, se promène à Londres puis s'aventure à mort sur les pistes d'Afrique. La poésie est le mouvement des choses. Rimbaud se déplace sans répit, changeant de point de vue. Son projet : transformer le monde par les mots. Ses poèmes sont des projectiles, des bouquets de feu : cent cinquante ans plus tard, ils nous atteignent encore. Qu'avons-nous fait de nos douleurs ? Au temps où le monde était paralysé par un virus chinois, Sylvain Tesson a cheminé une saison avec Arthur Rimbaud. La marche - état suprême de la poésie - est, avec la littérature, l'antidote à l'ennui.

 

Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon

 

Ma lecture :

Je n'ai jamais eu l'occasion de lire Sylvain Tesson, mais j'ai pu voir des interviews de cet aventurier des temps modernes. Et rien que pour ça, il avait les épaules pour se livrer à rencontrer Arthur Rimbaud le temps d'un été, le temps d'une marche... 

vendredi 26 mars 2021

Crénom, Baudelaire !

Crénom, Baudelaire !

Jean Teulé,
Ed. Mialet-Barrault, 2020


Mot de l'éditeur :

Si l’œuvre éblouit, l'homme était détestable. Charles Baudelaire ne respectait rien, ne supportait aucune obligation envers qui que ce soit, déversait sur tous ceux qui l'approchaient les pires insanités. Drogué jusqu'à la moelle, dandy halluciné, il n'eut jamais d'autre ambition que de saisir cette beauté qui lui ravageait la tête et de la transmettre grâce à la poésie. Dans ses vers qu'il travaillait sans relâche, il a voulu réunir dans une même musique l'ignoble et le sublime. Il a écrit cent poèmes qu'il a jetés à la face de l'humanité. Cent fleurs du mal qui ont changé le destin de la poésie française.

 

Dealer : Bibliothèque de Sibiril 


Ma lecture :

Jean Teulé a cette gouaille propre à lui que j'aime beaucoup. Son roman sur Baudelaire a retenu mon attention et j'ai décidé de le lire en ce Printemps des Poètes.

dimanche 3 janvier 2021

Les contes macabres

Les contes macabres,

Edgar Allan Poe,
Illustré par Benjamin Lacombe,
Ed. Soleil, 2010


Mot de l'éditeur :

L'influence d'Edgar Allan Poe dans le monde a été et demeure considérable : la critique contemporaine le situe parmi les plus remarquables écrivains de la littérature américaine du XIXe siècle, et ses nouvelles ont revêtu, au fil des ans, grand nombre de titres et d'aspects. Le premier volume des Contes macabres s'articulait autour de la vision de la femme et de la mort, tandis que ce second volume s'intéresse à celle de l'homme et du fantastique.
Forte, pleutre, habitée par la mélancolie ou basculant dans la folie, la figure masculine selon Poe est complexe et, par là même, terriblement envoûtante. Benjamin Lacombe a sélectionné de nouveaux contes, parmi lesquels Manuscrit trouvé dans une bouteille ou Petite discussion avec une momie, et propose un nouveau voyage graphique, à la frontière du réel, dans les tréfonds de l'âme humaine.


Dealer : Cadeau de Noël 🎅 


Ma lecture :

Pour mon dernier #pumpkinautumnchallenge, j'ai eu envie de découvrir Les contes macabres d'Edgar Allan Poe, mais en version classique, non illustrée. Et j'ai manqué de temps, et surtout de courage. Se frotter à Allan Poe, ça fait un peu peur,  non ? Alors pour Noël, je me suis fait offrir l'édition illustrée par Benjamin Lacombe...

samedi 26 décembre 2020

La dixième muse

La dixième muse,

Alexandra Koszelyk,
Ed. Aux forges de Vulcain, 2021


Mot de l'éditeur :

Au cimetière du Père Lachaise, des racines ont engorgé les canalisations. Alors qu'il assiste aux travaux, Florent s'égare dans les allées silencieuses et découvre la tombe de Guillaume Apollinaire. En guise de souvenir, le jeune homme rapporte chez lui un mystérieux morceau de bois. Naît alors dans son cœur une passion dévorante pour le poète de la modernité.
Entre rêveries, égarements et hallucinations vont défiler les muses du poète et les souvenirs d'une divinité oubliée : Florent doit-il accepter sa folie, ou croire en l'inconcevable ?
Dans cet hommage à la poésie et à la nature, Alexandra Koszelyk nous entraîne dans une fable écologique, un conte gothique, une histoire d'amours. Et nous pose cette question : que reste-il de magique dans notre monde ?

 

Dealer : SP de l'éditeur Aux forges de Vulcain

 

Ma lecture :

Je suis contente que ce roman autour d'Apollinaire soit passé dans mon sillage. Vous le savez, c'est mon poète préféré. Il va aussi le devenir pour Florent, le personnage de La dixième muse...

jeudi 22 octobre 2020

O Verlaine !

O Verlaine,

Jean Teulé,
Ed. Julliard, 2004


Mot de l'éditeur :

Alcoolique, amant frénétique et désordonné, bigame maltraité, Paul Verlaine oscilla jusqu'au tombeau entre l'ignoble et le sublime. C'est à la toute fin de sa vie, au moment de la pire déchéance morale et matérielle, qu'une soudaine vague de sympathie naquit en sa faveur parmi la jeunesse du Quartier latin. En quelques semaines, il devint leur idole.
Fol amoureux de ce personnage magnifique et terrifiant, Jean Teulé a choisi de raconter cette période extravagante à travers le regard d'un adolescent de Béziers qui monta à pied à Paris dans le seul but de rencontrer Verlaine...



Dealer : dans mes étagères depuis des lustres


Ma lecture :

J'ai réussi à caser ce roman de Jean Teulé dans mon #pumpkinautumnchallenge, dans une catégorie invitant à lire de la poésie, ou autour de la poésie.

Jean Teulé, donc, fait du poète Paul Verlaine (1844-1896) le personnage de son roman éponyme O Verlaine ! Nous connaissons tous certains de ses vers qui blessent nos cœurs d'une langueur monotone, mais, pour ma part en tout cas, je ne savais pas grand chose de sa vie, à part  ses frasques avec Rimbaud.
Notre rencontre avec le poète se fait via un adolescent, monté de Béziers jusqu'à Paris afin de rencontré Paul Verlaine. Son oncle lui a offert un recueil de ses poèmes, et depuis, le petit paysan s'est pris de passion pour le poète. Avec lui, nous découvrons Paris et ses faubourgs à la recherche du maître. Nous pataugeons dans la misère de la capitale, dans la crasse, errons autour des hôtels de passes pour, enfin, entrer dans la chambre miteuse de Verlaine. O Verlaine, il n'est pas beau à voir, allongé dans son lit, puant l'alcool, rongé par des maux douteux et tenant des propos, déjà , incohérents. En fait, il s'en doute fort bien, il vit ses derniers jours, sa dernière saison, l'Automne.

La gouaille de Jean Teulé se prête bien à l'ambiance du roman, une ambiance de crasse et de décrépitude, un peu comme dans les romans anglais à la Dickens. Entre deux chapitres, l'auteur intercale parfois un poème de Verlaine. Ils arrivent comme des étoiles, des petites lanternes dans un univers noir, glaçant. Lui qui écrivait si bien l'amour perdu et la nostalgie vivait dans une souffrance, une misère absolues. Il virevolte, ou vivote, entre ses deux maîtresses et ses amis avec qui il fait le tour des bistrots à la recherche d'absinthe. Le peu d'argent qu'il reçoit de ses vers fond dans ses verres. On ne lui épargne rien, même s'il a sa bande d'étudiants admirateurs, il vit sans le sou, plus ignoré que lu, et même l'Etat lui refuse une bourse de secours.

O Verlaine ne restera pas mon roman préféré de Jean Teulé, je m'étais vraiment amusée dans la folie de Charly 9. Peut-être souffre-t-il de longueurs qui éteignent les belles pages noires et folles du poète ? J'ai malgré tout aimé ce Paris sombre des artistes maudits qui nourrira les derniers jours de Paul Verlaine.


vendredi 1 février 2019

Le tombeau d'Apollinaire








Le tombeau d'Apollinaire,

Xavier-Marie Bonnot,
Ed. Belfond-Pointillés, 2018


Mot de l'éditeur :

" Que la guerre est belle ! Mensonges, tout ça. "
Dans les tranchées de la Grande Guerre, le sergent Philippe Moreau dessine les horreurs qu'il ne peut dire. Son chef, le sous-lieutenant Guillaume de Kostrowitzky, écrit des articles, des lettres et des poèmes qu'il signe du nom de Guillaume Apollinaire. La guerre, comme une muse tragique, fascine l'auteur d'
Alcools. Pour Philippe Moreau, jeune paysan de Champagne, elle est une abomination qui a détruit à jamais son village.
Blessés le même jour de mars 1916, les deux soldats sont évacués à l'arrière et se perdent de vue. Philippe Moreau va tout faire pour retrouver son lieutenant. Une quête qui l'entraîne jusqu'à Saint-Germain-des-Prés et Montparnasse, où il croise Cendrars, Picasso, Cocteau, Modigliani, Braque...

Guillaume Apollinaire est mort il y a tout juste cent ans. À travers le regard attendri et critique d'un sacrifié de la Grande Guerre, Xavier-Marie Bonnot raconte avec puissance les dernières années de la vie de l'auteur du Pont Mirabeau.



 Dealer : SP Belfond, merci ! ♥


Ma Lecture :

Le tombeau d'Apollinaire... Apollinaire, Guillaume Apollinaire serait donc mort ? Comment est-ce possible, alors que j'entends encore la poésie de ses vers ?

samedi 18 août 2018

Songe à la douceur


Songe à la douceur,

Clémentine Beauvais,
Ed. Points, 2018
Ed. Sarbacane, 2016


Mot de l'éditeur :

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c'est l'été, et il n'a rien d'autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d'ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s'est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s'aperçoit, maintenant, qu'il ne peut plus vivre loin d'elle. Mais est-ce qu'elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c'est l'histoire de ces deux histoires d'amour absolu et déphasé - l'un adolescent, l'autre jeune adulte - et de ce que dix ans, à ce moment-là d'une vie, peuvent changer. Une double histoire d'amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski - et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.


mercredi 5 juillet 2017

Bruno

Chic, c'est mercredi !

Catharina Valckx Bruno Billy album jeunesse Pû Michou poney chat jour blog avis critique enfants lecture

Bruno,
Quelques jours de ma vie très intéressante,

Catharina Valckx & Nicolas Hubesch,
Ed. L'Ecole des loisirs, 2015


Mot de l'éditeur :

Bruno, le chat à casquette à carreaux, prend la vie comme elle vient. Il pleut trop pour sortir ? Il improvise un pique-nique intérieur avec ses amis Michou le poney et Georgette la tourterelle. Il croise un poisson qui nage en l air ? Il le suit. Titi le canari mélange tous les mots au lieu de chanter ? Bruno entame le dialogue. À bien y regarder, des jours comme ça, des jours pas comme les autres, Bruno en compte quand même un bon nombre; et ils suffisent à ce que la vie, soudain, prenne une saveur incomparable.



Dealer : Bibliothèque de Saint-Pol-de-Léon

vendredi 22 juillet 2011

Oh les filles !

olfbd.jpgOh les filles,

Lepage & Michel,

Ed. Futuropolis, 2009  [2 tomes]

Mot de l'éditeur :

Trois filles. Trois destinées croisées, et une même amitié complice. Une vie au quotidien, que traversent drames et bonheurs dans une symphonie de rires et de pleurs.
Elles s¹appellent Chloé, Leila et Agnès. Elles sont nées la même année, le même jour peut-être. L¹une s¹embrase comme un feu follet, l¹autre aborde le rivage d¹une mer du sud, la troisième apparaît dans les cris, déjà, du sentiment d¹abandon. L¹une est fille de fille-mère, l¹autre de jeune Maghrébine, l¹autre encore de bourgeoise pressée. Et les pères ? Ils esquivent, de gré ou de force, les tout premiers regards que leurs filles ne demandent qu¹à fixer sur eux.
Les hasards et les nécessités d¹un sourire, d¹une grimace, d¹un regard ou d¹un silence font se rencontrer les trois filles, à quatre ans, dans un même quartier d¹une capitale, Paris sans doute. Elles vivent leur enfance les yeux levés dans la quête d¹un sourire maternel, les yeux baissés dans l¹incompréhension ‹ parfois, souvent ‹ du monde si étrange des adultes, les yeux humides d¹un bonheur vécu comme une récompense, les yeux secs d¹une rage qui enfle, les yeux noyés dans le chagrin d¹un drame incompréhensible. Mais toujours, toujours, les yeux de l¹une plongés dans les yeux de l¹autre dans la reconnaissance de la seule fratrie qu¹elles se désirent, celle de l¹amour partagé. Elles ne se quitteront plus...

Cette petite série, deux tomes, était mis en avant, dans ma bibliothèque, dans une sélection "Cap BD".

Je m'y suis donc risquée, et j'ai passé un plutôt bon moment en compagnie de Chloé, Leila et Agnès. On voit grandir ces trois fillettes que rien ne liait, et pourtant, au fil des années, ces filles devenues femmes deviendront inséparables.
Une belle histoire de filles, à se prêter de filles en filles ! ^^

mercredi 19 mars 2008

Printemps des Poètes

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Toujours à l'occasion du Printemps des Poètes,
j'ai fait deux  petits montages video pour vous présenter des poèmes.
Vous entendrez :

Les Colchiques, Apollinaire, lu par JL Trintignant
Heureux qui comme Ulysse, Du Bellay, lu par un anonyme
Le pont Mirabeau, Apollinaire, JL Trintignant

(Oui, j'avoue, j'ai un CD de poèmes d'Apollinaire lus par JL Trintignant, et je l'adore ! ^^ )

Et sur la deuxième vidéo :

Barbara, Prévert, lu par Yves Montand


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mercredi 12 mars 2008

Printemps des Poètes

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Organisé depuis 1999, le Printemps des poètes met la poésie à l'honneur...
Je voulais donc vous proposer quelques uns de mes poèmes préférés !
Victor Hugo
Guillaume Apollinaire (mon préféré)
Arthur Rimbaud
Paul Verlaine






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Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.







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Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

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Les jours s'en vont je demeure
 
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
 
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
 
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
 
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure



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pdplddv.jpg C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.



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Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !



















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