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jeudi 22 octobre 2020

O Verlaine !

O Verlaine,

Jean Teulé,
Ed. Julliard, 2004


Mot de l'éditeur :

Alcoolique, amant frénétique et désordonné, bigame maltraité, Paul Verlaine oscilla jusqu'au tombeau entre l'ignoble et le sublime. C'est à la toute fin de sa vie, au moment de la pire déchéance morale et matérielle, qu'une soudaine vague de sympathie naquit en sa faveur parmi la jeunesse du Quartier latin. En quelques semaines, il devint leur idole.
Fol amoureux de ce personnage magnifique et terrifiant, Jean Teulé a choisi de raconter cette période extravagante à travers le regard d'un adolescent de Béziers qui monta à pied à Paris dans le seul but de rencontrer Verlaine...



Dealer : dans mes étagères depuis des lustres


Ma lecture :

J'ai réussi à caser ce roman de Jean Teulé dans mon #pumpkinautumnchallenge, dans une catégorie invitant à lire de la poésie, ou autour de la poésie.

Jean Teulé, donc, fait du poète Paul Verlaine (1844-1896) le personnage de son roman éponyme O Verlaine ! Nous connaissons tous certains de ses vers qui blessent nos cœurs d'une langueur monotone, mais, pour ma part en tout cas, je ne savais pas grand chose de sa vie, à part  ses frasques avec Rimbaud.
Notre rencontre avec le poète se fait via un adolescent, monté de Béziers jusqu'à Paris afin de rencontré Paul Verlaine. Son oncle lui a offert un recueil de ses poèmes, et depuis, le petit paysan s'est pris de passion pour le poète. Avec lui, nous découvrons Paris et ses faubourgs à la recherche du maître. Nous pataugeons dans la misère de la capitale, dans la crasse, errons autour des hôtels de passes pour, enfin, entrer dans la chambre miteuse de Verlaine. O Verlaine, il n'est pas beau à voir, allongé dans son lit, puant l'alcool, rongé par des maux douteux et tenant des propos, déjà , incohérents. En fait, il s'en doute fort bien, il vit ses derniers jours, sa dernière saison, l'Automne.

La gouaille de Jean Teulé se prête bien à l'ambiance du roman, une ambiance de crasse et de décrépitude, un peu comme dans les romans anglais à la Dickens. Entre deux chapitres, l'auteur intercale parfois un poème de Verlaine. Ils arrivent comme des étoiles, des petites lanternes dans un univers noir, glaçant. Lui qui écrivait si bien l'amour perdu et la nostalgie vivait dans une souffrance, une misère absolues. Il virevolte, ou vivote, entre ses deux maîtresses et ses amis avec qui il fait le tour des bistrots à la recherche d'absinthe. Le peu d'argent qu'il reçoit de ses vers fond dans ses verres. On ne lui épargne rien, même s'il a sa bande d'étudiants admirateurs, il vit sans le sou, plus ignoré que lu, et même l'Etat lui refuse une bourse de secours.

O Verlaine ne restera pas mon roman préféré de Jean Teulé, je m'étais vraiment amusée dans la folie de Charly 9. Peut-être souffre-t-il de longueurs qui éteignent les belles pages noires et folles du poète ? J'ai malgré tout aimé ce Paris sombre des artistes maudits qui nourrira les derniers jours de Paul Verlaine.


mardi 25 octobre 2022

Entrez dans la danse

Entrez dans la danse,

Jean Teulé,
Ed. Julliard, 2019


Mot de l'éditeur :

Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement
Et s'est répandue dans Strasbourg
De telle sorte que, dans leur folie,
Beaucoup se mirent à danser
Et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois
Sans interruption,
Jusqu'à tomber inconscients.
Beaucoup sont morts.
Chronique alsacienne, 1519 

 

Dealer : Livres in room, en présence de l'auteur 


Ma lecture :

Jean Teulé était venu à Livres in Room il y a quelques années pour un apéro littéraire. L'occasion de faire signer quelques uns de ses romans. Une semaine après sa disparition, je viens de terminer Entrez dans la danse. Un  hommage à sa gouaille légendaire...

vendredi 26 mars 2021

Crénom, Baudelaire !

Crénom, Baudelaire !

Jean Teulé,
Ed. Mialet-Barrault, 2020


Mot de l'éditeur :

Si l’œuvre éblouit, l'homme était détestable. Charles Baudelaire ne respectait rien, ne supportait aucune obligation envers qui que ce soit, déversait sur tous ceux qui l'approchaient les pires insanités. Drogué jusqu'à la moelle, dandy halluciné, il n'eut jamais d'autre ambition que de saisir cette beauté qui lui ravageait la tête et de la transmettre grâce à la poésie. Dans ses vers qu'il travaillait sans relâche, il a voulu réunir dans une même musique l'ignoble et le sublime. Il a écrit cent poèmes qu'il a jetés à la face de l'humanité. Cent fleurs du mal qui ont changé le destin de la poésie française.

 

Dealer : Bibliothèque de Sibiril 


Ma lecture :

Jean Teulé a cette gouaille propre à lui que j'aime beaucoup. Son roman sur Baudelaire a retenu mon attention et j'ai décidé de le lire en ce Printemps des Poètes.

vendredi 16 août 2019

Paris-Venise

 

 

Paris-Venise,

Florent Oiseau,
Ed. Pocket, 2019
Ed. Allary, 2018


Mot de l'éditeur :

Roman vient de trouver un job sur le Paris-Venise, le train de nuit le plus en retard d'Europe. Les trafics de clandestins, les douaniers avinés, les descentes de pickpockets venus piller la diligence : tout peut arriver dans ce théâtre ambulant. Même tomber amoureux.
Inspiré de faits réels, Paris-Venise confirme le talent de Florent Oiseau qui mêle admirablement humour et sensibilité. 

" – C'est Milan ?
Pris de court, Demba a regardé par la fenêtre et s'est contenté de lire ce qu'il avait aperçu sur un panneau à fond bleu.
– Non, monsieur, bientôt, pour le moment nous sommes à Sottopassaggio, dans la banlieue proche.
– Oui, c'est vraiment très proche, j'ai ajouté, pour avoir l'air d'un mec qui connaissait sur le bout de ses doigts la province lombarde.
Le type s'est fendu d'un rire discret et nous a expliqué avec un brin de condescendance que "sottopassaggio' voulait dire "passage souterrain', mais que le grand panneau "Milano Centrale' qu'on pouvait désormais apercevoir signifiait que nous étions bien à Milan. Demba a répondu que c'était une vanne, le passager s'est senti con et s'est avancé vers l'autre porte, au bout du couloir.
– Bonne vanne, j'ai vraiment cru que c'était un nom de ville.
– Pareil. "



Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon


Ma lecture :

Au début de l'été, ma librairie a eu la charmante idée d'organiser un apéro littéraire avec trois auteurs publiés chez Pocket : Jean Teulé, Arnaud Le Guilcher et Florent Oiseau. Je ne vais pas m'en cacher j'étais venue pour Jean Teulé. Mais les têtes d'affiche ont cet intérêt de déplacer les foules et de faire découvrir des auteurs cachés. Des auteurs cachés...dans un train par exemple. Comme Florent Oiseau, caché dans le Paris-Venise...


Jean Teulé, Arnaud Le Guilcher et Florent Oiseau Librairie Livres in Room Saint-Pol-de-Léon Pocket Apero littéraire Finistère
Jean Teulé, Arnaud Le Guilcher et Florent Oiseau
Librairie Livres in Room
Saint-Pol-de-Léon
4 Juillet 2019




Revenons donc à notre Paris-Venise...
Le Paris-Venise est une ligne de train de nuit, reliant, je parie que vous l'aviez deviné, Paris à Venise. J'aime beaucoup les trains, et imaginer un Paris-Venise de nuit me laisse rêveuse...
Heureusement, Florent Oiseau m'a réveillée avant le départ !
Dans son roman, il installe Roman, jeune adulte, en couchettiste. Il est chargé de veiller à ce que le voyage se passe bien : il s'occupe des passeports des passagers, à leur bien-être et à leur confort. Après, les passagers ne sont pas à l'abri de quelques larcins combinés entre pickpockets et couchettistes ou de partager sa cabine avec des clandestins !
Basé sur sa réelle expérience du Paris-Venise, Florent Oiseau nous fait découvrir la face cachée de ce train. C'est drôle, imprévisible et déjanté. L'auteur a une écriture agréable, fluide et folle. Elle me fait penser à celle de Samuel Benchetrit, cash et authentique.
Une belle et folle découverte : merci Livres in Room et Pocket !




Le train Paris-Venise a destination de Venise va partir,
prenez garde à la fermeture automatique des portes,
attention au départ.

 

lundi 14 octobre 2019

Charly 9

Charly 9,

Richard Guérineau,
D'après le roman de Jean Teulé,
Ed. Delcourt, 2013


Mot de l'éditeur :

Charles IX fut de tous les rois de France l'un des plus calamiteux. À 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint- Barthélemy qui épouvanta l'Europe entière. Abasourdi par l'énormité de son crime, il sombra dans la folie. Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous... Pourtant, il avait un bon fond.


Dealer : Médiathèque de Saint-Pol-de-Léon


Ma lecture :

J'ai lu il y a quelques années le roman de Jean Teulé, Charly 9. Je me rappelle avoir aimé cette façon qu'a l'auteur de prendre l'Histoire à contre-pied et de la raconter de manière satirique, loin des livres d'Histoire justement, mais pas moins honnête.

mardi 26 mars 2013

Charly 9

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Charly 9,
Jean Teulé,
Ed. Julliard, 2011

Mot de l'éditeur :
Charles IX fut de tous nos rois de France l’un des plus calamiteux.
A 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint Barthélemy qui épouvanta l’Europe entière. Abasourdi par l’énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses.
Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous.
Pourtant, il avait un bon fond.

J'ai déjà lu et bien aimé, de Jean Teulé, Le magasin des suicides, je me suis donc laissée tenter par celui-ci.

C'est l'histoire crue et demesurée de Charles IX (Charly 9), roi contraint par sa mère Cathoche de Médicis d'ordonner le massacre de la St-Barth'. Il est dépassé par les événements et en devient fou.
Bon, ça change de ce que je lis d'habitude, je ne connaissais pas Charles IX et j'ai donc appris les frasques délirantes de certains rois de France. Il y a des scènes plutôt cocasses, comme quand le roi chasse à courre un cerf dans son palais du Louvre ! Mais j'en ressors pas très enthousiaste. Bilan de lecture plutôt mitigé, donc !

jeudi 28 août 2025

Le journal intime d'un arbre

Le journal intime d'un arbre,

Didier Van Cauwelaert,
Ed. Michel Lafon, 2011


Mot de l'éditeur :

"On m'appelle Tristan, j'ai trois cents ans et j'ai connu toute la gamme des émotions humaines. Je suis tombé au lever du jour.
Une nouvelle vie commence pour moi - mais sous quelle forme ? Ma conscience et ma mémoire habiteront-elles chacune de mes bûches, ou la statuette qu'une jeune fille a sculptée dans mon bois ?
Ballotté entre les secrets de mon passé et les rebondissements du présent, lié malgré moi au devenir des deux amants dont je fus la passion commune, j'essaie de comprendre pourquoi je survis. Ai-je une utilité, une mission, un moyen d'agir sur le destin de ceux qui m'ont aimé ?"


Dealer : offert par Anne-Sophie à la librairie Scientia, Mons (Belgique)


Ma lecture : 

Lors de mon escapade en Belgique, je me suis arrêtée à Mons, le temps d'acheter deux, trois bricoles belges et de boire un verre avec Anne-Sophie rencontrée sur booksta il y a quelques années. Une panne de van plus tard, je suis restée finalement cinq jours à Mons, mais ça c'est une autre histoire que je partagerai sûrement. Et donc Anne-Sophie m'a fait découvrir la librairie Scientia, et nous nous sommes pliées à un jeu amusant pour des lectrices : s'échanger un livre !

lundi 18 janvier 2021

La Pâqueline

La Pâqueline,

ou les mémoires d'une mère monstrueuse,
Isabelle Duquesnoy,
Ed. La Martinière, 2021


Mot de l'éditeur :

Maudite année 1798 pour la Pâqueline ! D'abord le procès de son fils Victor, qui lui vaut une réputation ignominieuse. Et maintenant l'incendie de sa maison ! Réfugiée chez son rejeton, qui a fait fortune de son métier d'embaumeur et de trafics d'organes, exaspérée, elle accouche d'une idée diabolique : elle va lui jeter au visage les secrets dramatiques de son enfance, en couvrant les murs de ses écritures. Et ira jusqu'à le dépouiller de ses richesses...
Mais quelle est cette femme, qui suscite le dégoût autant que l'éclat de rire et l'émotion ? Et quel est donc ce roman extraordinaire, qui marie finesse et outrance, méchanceté et tendresse, érudition et imagination – jusqu'à l'apothéose finale ? Un chef-d'œuvre étonnant et drôle, qui porte la patte d'un très grand écrivain, assurément.

Après le succès de L'Embaumeur, prix Saint-Maur en poche et prix de la ville de Bayeux, Isabelle Duquesnoy nous livre le portrait d'une mère abominable, qu'on se surprendra étrangement à aimer, écrit dans une langue époustouflante, entre préciosité du XVIIIe siècle et démesure rabelaisienne. Un écrivain inclassable et majeur de ce début du XXIe siècle.


Dealer : SP La Martinière, merci !

 


Ma lecture : 

En recevant ce roman, La Pâqueline ou les mémoires d'une mère monstrueuse, je ne savais pas dans quelle histoire je m'embarquais. Mais le nom Pâqueline sonnait de manière mystérieuse à mes oreilles...

vendredi 2 novembre 2012

Le magasin des suicides

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Le magasin des suicides,
Jean Teulé,
Ed. Julliard, 2007

Mot de l'éditeur :
Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.

VOUS AVEZ RATÉ VOTRE VIE ?
AVEC NOUS,
VOUS RÉUSSIREZ VOTRE MORT !






J'ai souvent vu ce roman dans les rayonnages de bibliothèques ou de librairies, mais le titre me paraissait douteux, alors j'ai toujours passé mon chemin. La sortie de son adaptation cinématographique m'a finalement donné envie de le lire, et je ne regrette pas !
C'est un concept particulier : la famille Tuvache tient un magasin de suicides, sis boulevard Bérégovoy. Imaginez une sorte de boutique de farces et attrappes, mais les bojets vendus sont optimisés pour aider au suicide : cordes, parpaings pour défenestration, poisons, ou encore baisers mortels. Père, mère, frère, Vincent, soeur, Marylin sont des personnages morbides qui campent parfaitement dans ce décor étrange. Et ceci, jusqu'à l'arrivée du petit dernier, Alan, qui déborde de joie de vivre, de serviabilité, de sourires, de chansons fredonnées : un véritable vilain petit canard !

Ce petit garçon plein de bonne humeur va peu à peu changer l'âme de sa famille....

Un très joli conte, finalement, bien que je sois un peu restée sur ma faim à la toute fin.

A conseiller malgré tout !

jeudi 19 août 2021

Le labyrinthe des femmes

Le labyrinthe des femmes,

Coline Gatel,
Ed. Préludes, 2021



Mot de l'éditeur :

Lyon, 1898.
Six mois se sont écoulés depuis que le professeur Alexandre Lacassagne a demandé à Félicien Perrier,  l’un de ses étudiants, de créer une équipe de scientifiques dédiée à la résolution des affaires criminelles. Et celle-ci est bientôt dépêchée sur les lieux d’une macabre découverte :  à qui appartiennent ces corps de femmes décomposés trouvés dans les entrailles de la Croix-Rousse ? Pourquoi ont-ils été déposés là, comme sur un autel sacrificiel ? Est-ce l’œuvre d’un fou ou d’une secte ? Le vieux bateau-morgue reprend  du service. Au meilleur de sa forme depuis que son ami Freud se livre sur lui à des séances d’hypnose, Félicien va réunir,  une à une, les pièces de cet étrange puzzle.
Pendant ce temps, Irina Bergovski, journaliste au Progrès, mène l’enquête à l’asile d’aliénés du Vinatier où elle a été enfermée.

Après le best-seller Les Suppliciées du Rhône,  Coline Gatel renoue avec les codes du polar historique  et nous propose une nouvelle histoire fascinante  sur la condition des femmes à la fin du XIXe siècle.

 

Dealer : SP des éditions Préludes

 

Ma lecture : 

J'ai découvert Coline Gatel cette année avec son premier roman, Les suppliciées du Rhône, que j'avais reçu des Editions Préludes avec celui-ci, Le labyrinthe des femmes.
Nous sommes toujours à Lyon, à l'aube du XXème siècle, à l'aube de la police scientifique, à déjouer les tueurs en série de l'époque...

mercredi 8 avril 2009

Anna Sam se livre...


Bonjour Anna Sam et merci de m’accorder un peu de ton temps.
« Libérée » des caisses il y a plus d’un an, te voilà dehors à parler de ton métier et à défendre ses causes. Ton parcours, similaire au mien m’a beaucoup touchée au moment où je vivais une grande frustration de ne pas exercer le métier pour lequel je suis faite : bibliothécaire.
Bonjour Liza,
Par expérience, je sais que nous sommes bien nombreux à devoir revoir nos avenirs sur le court et moyen terme, mais j'espère encore que sur le long terme nous parvenons à toucher nos rêves du bout des doigts avant de l'attraper à pleines mains.


- Ton livre « Tribulations d’une caissière » a obtenu un certain succès. Comment expliques-tu cela ? Et que te disent les hôtesses de caisse que tu es amenée à rencontrer ?
Ce succès est complètement fou... Je n'aurais jamais osé seulement y croire ("juste" y rêver...) il y a un peu plus d'un an. Mais quand j'ai commencé à écrire sur mon blog en 2007, je m'étais lancé ce défi de changer le regard de quelques personnes sur ce métier que je voulais défendre et revaloriser. Je me dis que j'ai ouvert une porte, maintenant il faut qu'on avance de quelques pas...
La plupart des hôtesses de caisse que je rencontre me disent qu'elles se reconnaissent dans les histoires que je raconte, j'entends souvent "j'ai l'impression d'être derrière ma caisse quand je lis ton livre" ou encore "j'avais l'impression d'avoir écrit tes histoires". Ce qui ressort de nos conversations c'est que de nombreuses caissières ont pu rire de situations pas toujours faciles à vivre au quotidien et ça, c'est déjà pas mal ;o)


- Te voilà plongée au plus près dans le monde des livres. Ecriture, édition, rencontres, salons, …
Un an après le début de cette belle aventure, comment ressens-tu les choses ?
Tu t'imagines bien que ma vie a pas mal changé... Quand j'avais quitté mon emploi derrière la caisse, je m'enfonçais vers un grand inconnu et je ne savais pas du tout vers quoi j'allais me destiner comme métier. Le hasard de la vie m'a ouvert une nouvelle voie et m'a offert de
1/ montrer le pouvoir de l'écrit
2/ de me faire vivre grâce à mes textes
3/ de défendre mon métier, de porter la parole de toute une corporation et de dire tout haut ce que de nombreuses pensent tout bas

Et aujourd'hui, je continue de rêver et j'espère continuer de rêver encore longtemps...

- Quel est l’avenir des Tribulations ? Ne parle-t-on pas d’une BD à paraître ?
Les Tribulations a déjà connu un très beau succès en France, mais il continue sa vie à l'étranger. Au jour d'aujourd'hui, il est traduit (si ce n'est pas encore publié, c'est pour bientôt...) en 12 langues (les 2 gros succès pour le moment sont l'Allemagne et l'Italie, les retours que j'ai eu des caissières de ces pays sont très proches de ceux que j'ai eu en France... le métier est le même partout).
Autrement, côté adaptation, il y a effectivement une bande dessinée qui va sortir dans quelques semaines. Pour le titre, il est facile à retenir, c'est le même que le livre. C'est une très belle adaptation qui permet de partir un peu plus loin en caricature mais qui garde toujours ce côté humoristique, touchant et laisse la part belle à quelques questions... Au scénario : Wolf, au dessin : Julien & Mathieu Akita.
J'ai pu voir toute la progression depuis le début du projet (oui... j'ai déjà tout lu), j'ai beaucoup ri, j'ai beaucoup aimé les libertés qu'on pris les auteurs et j'espère que cet album vous plaira aussi.
Au fait, mon livre sort en poche (éditions Livre de Poche) début mai


- Anna Sam écrivain… A quand la suite ? Et quels seront les thèmes de ce nouveau livre ?
Ecrivain... j'avoue ne pas vraiment me sentir écrivain, je ne manie pas le langage littéraire comme le font les "grands". Disons que pour moi, je me sens auteur qui tente de faire passer quelques messages.
Pour la suite, ce sera pour début juin. Mon prochain ouvrage (que je ne peux pas appeler roman ou étude ou guide, encore moins essai... disons : récit) traitera toujours de nos comportements dans le commerce. Ceci dit, dans "les tribulations" j'ai relaté les faits côté caisse et j'ai mis en avant tout ce qu'on observe de l'intérieur. Ce coup-ci, j'ai pris le contre-pied et je relate les faits côté client, un peu à la manière d'un journal... J'ai pu m'offrir le luxe de prendre plus de libertés et de décaler les situations, sans pour autant partir dans la caricature...

Le titre : "Conseils d'amie à la clientèle"


- As-tu entendu parler du livre similaire au tien de Leslie Plée ? Qu’en penses-tu ?
Oui, j'en ai beaucoup entendu parler, je connaissais son blog mais je n'ai pas encore lu sa BD. Leslie montre une autre partie du commerce et parle plus de l'interne.
Cela reflète une chose importante c'est qu'aujourd'hui, beaucoup de personnes parlent de leur métier et veulent partager leurs expériences et leurs ressenti.
Je trouve ça formidable car c'est en communiquant qu'on pourra améliorer notre avenir professionnel.


- Enfin, et puisque nous sommes liées au livre, que lis-tu en ce moment (je sais que tu lis plusieurs livres en même temps !) et quels sont tes coups de cœur à conseiller aux lecteurs ?
Oui, c'est vrai que j'ai toujours plusieurs bouquins en cours (j'aime choisir selon mon temps disponible, ma sensibilité du jour, si je suis chez moi ou en déplacement...). En ce moment, je lis :
- Darling de Jean Teulé - un curieux bouquin que je décrirai comme cruellement cru, crument cruel et d'une rare sensibilité (tout un programme !)
- Ténèbres prenez moi la main de Denis Lehane - une enquête qui tombe dans des limbes inextricables... Pas le meilleur livre de l'auteur (Shutter Island est exceptionnel - pour moi en tout cas) mais, ça se lit...
- Dis oui Ninon de Maud Lethielleux - le genre de livre qui fait du bien et qui vous fait voyager (dans tous les sens du terme)...


Côté BD (indissociable pour moi quand on parle de livres!), je viens de lire "Jolies Ténèbres" de Velhman et Kerascoet, un bouquin dérangeant, tendre, dur, rempli d'émotions... Bref un de ces livres qui ne laisse pas indifférent. Une lecture à tenter mais déconseillée aux plus jeunes (ne vous laissez pas influencer par le graphisme !)

Bonnes lectures :-)



Je te remercie, Anna, d'avoir joué le jeu et d'avoir répondu à ces questions.
Personnellement, j'attends la sortie des Tribulations en BD avec impatience !
Je te souhaite, pour la suite, de nombreuses pages d'écriture ! :)
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