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dimanche 26 avril 2026

Sophie L

Sophie L,

Matthew Blake,
Ed. Buchet-Chastel, 2025


Mot de l'éditeur :

Et si tout ce qu’on m’avait raconté sur le passe de ma famille était faux ?

Experte sur la question de la mémoire, Olivia Finn travaille dans un hôpital londonien. Une nuit, elle est tirée de son sommeil par un appel de la police : sa grand-mère française, Joséphine Benoît, s’est rendue à l’hôtel Lutetia pour s’accuser d’un meurtre à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Inquiète, Olivia se rend à Paris, où elle découvre une femme confuse mais résolue. Joséphine est convaincue qu’il s’agit d’un souvenir longtemps enfoui, et les archives de l’hôtel confirment qu’en 1945, Sophie Leclerc a bien trouvé la mort dans la chambre 11 du Lutetia. Qui était Sophie ? Joséphine dit-elle la vérité ?

Alors qu’Olivia tente de démêler le vrai du faux, le passé semble se confondre avec le présent. Quand d’autres meurtres surviennent, elle devient proie autant qu’en enquêtrice.

Entre fantômes de guerre, secrets de famille et mémoire piégée, Sophie L nous prouve que notre cerveau peut nous jouer bien des tours – et qu’un souvenir peut être fatal.


Dealer : Club de lecture


Ma lecture :

Et si vos souvenirs n’étaient pas la vérité… mais une histoire que vous vous racontez pour survivre ?

Un roman vertigineux sur la mémoire et la véracité des souvenirs sous fond de Seconde Guerre mondiale. 

mercredi 22 avril 2026

Le barbier et le nazi

Le barbier et le nazi,

Edgar Hilsenrath,
Ed. Attila, 2010
(Première publication américaine : 1971)


Mot de l'éditeur :

C'est mon histoire. Moi, Itzig Finkelstein alias Max Schulz, fils bâtard mais aryen pure souche, génocidaire nazi reconverti. En Juif, plus précisément. Une métamorphose. Un SS devenu barbier, en Israël ! Et sioniste fanatique par-dessus le marché. Ouais, installé en Terre promise comme chez moi, combattant pour la liberté du peuple élu. Voilà l'affaire. Mais laissez-moi vous raconter en détail.


Ma lecture :

L’histoire folle d’un bourreau nazi reconverti en barbier juif pour sauver sa peau. 

mercredi 4 mars 2026

Le soldat désaccordé

Le soldat désaccordé,

Gilles Marchand,
Ed. Aux forges du Vulvain, 2022


Mot de l'éditeur :

Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d'amour que le jeune homme a vécue au milieu de l'Enfer. Alors que l'enquête progresse, la France se rapproche d'une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d'espoir dans un monde qui s'effondre.


Dealer : Seconde main


Ma lecture : 

Gilles Marchand œuvre de poésie pour composer ce roman autour de la guerre de 14, les retours difficiles des soldats, les disparus, les gueules cassées.

Paris, années 20.
Le narrateur, ancien combattant, est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Sa mère veut retracer son carnet de guerre : par où est-il passé ? Pourquoi n'est-il pas revenu ? Le narrateur arpente les cimetières de poilus, compulse les registres, interroge d'autres soldats : aucune trace d'Emile Joplain.
Derrière cette disparition se cache un drame romanesque.
Emile était amoureux de Lucie. Lui, de bonne famille, elle, simple servante. Ca ne se fait pas, chez les Joplain. Sans nouvelle de son soldat, Lucie, à ses risques et périls,  rejoint les infirmières du front pour le retrouver. Au milieu des obus, l'amour sera-t-il plus fort que tout ?

J'ai beaucoup aimé la poésie de ce roman, dans les mots et les images. La première guerre mondiale est un berceau romanesque pour les disparitions ou échanges d'identités. Dans les tranchées, se sont joués bien de destins.
Et parlons de cette histoire d'amour impossible, magnifique, du début à la fin, des prémices amoureux au tragique.

Un roman bouleversant, un vibrant hommages à ceux de 14. Ceux qui sont revenus. Ceux qui sont à jamais estropiés. Et ceux qui sont restés là-bas.
Je découvre Gilles Marchand avec ce roman, et je suis tombée amoureuse de sa poésie.

Vous n'avez pas lu Le soldat désaccordé ?
Ne le manquez pas !


mardi 3 mars 2026

La ronde de nuit

La ronde de nuit,

Patrick Modiano,
Ed. Gallimard, 1969


Mot de l'éditeur :

Comment devenir traître, comment ne pas l'être ? C'est la question que se pose le héros du récit qui travaille en même temps pour la Gestapo française et pour un réseau de résistance. Cette quête angoissée le conduit au martyre, seule échappatoire possible.

Par ce livre étonnant, tendre et cruel, Modiano tente d'exorciser le passé qu'il n'a pas vécu. Il réveille les morts et les entraîne au son d'une musique haletante, dans la plus fantastique ronde de nuit.


Ma lecture :

Pour cette escapade à Paris, je voulais emmener Modiano avec moi. J’ai pioché La ronde de nuit dans ma bibliothèque.

Paris, années 40.
Le narrateur se promène dans un Paris occupé et, perdu dans ce brouillard cher à l’auteur, erre d’un groupe de collabos à un groupe de résistants. Il profite de l’opulence des uns et des combats des autres. Où trouver son camp ?

Pris dans cette ronde, les ombres le suivent, l’interpellent, le trahissent. Il y a quelque chose d’enivrant dans ce mouvement où rien n’est clair, où tout demeure trouble, où l’humanité semble noyée dans un brouillard épais. Autour de lui gravitent des collabos parfois notoires, comme le docteur Petiot, tueur en série de l’Occupation.

L’ambiance du roman est très particulière, presque malsaine, dans ces soirées où l’alcool et les projets barbares coulent à flot. La nuit semble tomber sur l’Histoire comme sur le narrateur, comme s’il s’endormait peu à peu, incapable de discerner ses propres convictions.

Ce n’est pas mon roman préféré de l’auteur, mais j’ai aimé cette structure singulière, entrecoupant le récit de chansons et donnant véritablement la sensation d’une ronde, d’un manège. Un manège diabolique.


lundi 2 mars 2026

La dame du Ritz

La dame du Ritz,

Mélanie Benjamin,
Ed. Albin Michel, 2020


Mot de l'éditeur :

Rien ne peut arriver au Ritz : dans ce temple du luxe qui autorise les caprices les plus farfelus, le prestige protège de tout. Même du pire, pense-t-on avant que l'armée allemande n'occupe Paris en juin 1940. Les hauts dignitaires nazis, dont Hermann Göring, investissent l'hôtel ; les portiers élégants sont remplacés par des soldats aux portes d'entrée. L'insouciance cède à la peur.

Pour Blanche Auzello, l'épouse du directeur du Ritz, cette réalité est insupportable. La Dame du Ritz, une américaine rebelle et intrépide, n'est pas femme à se résigner. Mais comment faire ? Dans le palace où le bruit des bottes étouffe désormais les rires, Blanche comprend que sa seule issue est le mensonge. D'autant qu'elle cache un secret qui pourrait mettre sa vie et celle de son époux en danger, mais aussi ternir la légende du Ritz...

Avec le talent qui a fait le succès des Cygnes de la Cinquième avenue, Melanie Benjamin, s'inspirant de faits réels, nous plonge dans les coulisses du Ritz sous l'Occupation avec ce roman étincelant, portrait d'une femme inoubliable.


Dealer : Dialogues, Brest (29)


Ma lecture :

Le Ritz à l'heure allemande, où les soldats verts-de-gris ont remplacé les serveurs en livrée, et où la terreur sème le trouble dans Paris.  

mardi 27 janvier 2026

Simon, l'enfant du 20e convoi

Simon, l'enfant du 20e convoi,

Simon Gronowski, Françoise Pirard,
Ed. Milan Junior, 2008


Mot de l'éditeur :

Bruxelles, 1943. Trois ans que les Allemands occupent la Belgique, trois ans qu'ils pourchassent les Juifs, trois ans que Simon et sa famille vivent en sursis. Jusqu'à l'arrestation, jusqu'au départ, en train, vers l'est. Un terrible voyage vers l'inconnu au cours duquel, pourtant, Simon a rendez-vous avec l'espoir...

Roman jeunesse, à partir de 10 ans


Dealer : Seconde main


Ma lecture :

Lors de mon périple en Belgique, nous avons dormi dans le petit village de Borgloon, au pied d'une ancienne abbaye. Et au petit matin, un passant vient discuter avec nous, et après nous avoir raconté l'histoire de cette abbaye, il nous a raconté l'histoire de Simon, un enfant qui avait échappé à la déportation en 1943 en sautant d'un train à quelques pas de là où nous nous trouvions. Une statue commémore cette histoire (photo). 
J'ai donc eu envie de lire son récit... 

Simon, l'enfant du 20ème convoi, ou l'itinéraire d'une enfance emportée dans le tumulte de la guerre.

Simon Gronowski, donc, est un enfant belge des années 40. Il vit à Bruxelles avec sa mère, son père et sa grande sœur. Et ils sont juifs.
Il raconte alors son enfance sous l'occupation allemande. La maroquinerie de ses parents est de plus ne plus restreinte et finit par être fermée, Simon est contraint de quitter l'école, puis la famille doit songer sérieusement à se cacher. Leurs proches fuient ou disparaissent, le climat devient oppressant.
On ne leur épargne rien lorsqu'un matin, des coups sont frappés à leur porte. Simon, sa mère et sa sœur sont emmenés. Leur père n'est pas à leur domicile, il est en convalescence à l'hôpital : cela le sauvera. D'un  camp de transit, ils sont bientôt entassés dans le convoi numéro 20, direction l'est. 1600 juifs se serrent ainsi dans des wagons à bestiaux. Lors d'un moment de confusion où le train s'arrête puis redémarre au pas, sa mère pousse Simon à sauter du train... 
Comment la guerre finira-t-elle pour la famille Gronowski ?

Il s’agit d’un roman jeunesse que les adultes peuvent lire avec plaisir, porté par un ton sincère et une écriture soignée.
Simon retrouvera son père mais ne reverra jamais sa mère et sa sœur, gazées à leur arrivée. Malheureusement, accablé par le chagrin, son père mourra peu après la libération.
Simon le dira plus tard, sa mère lui a donné deux fois la vie, en le mettant au monde et dans ce wagon.
Ce témoignage est bouleversant et montre plusieurs facettes de la guerre : le quotidien, la peur, la déportation, et l'après. Ces familles disloquées, ces orphelins, ces biens spoliés... La vie après la mort. 

A lire pour le devoir de mémoire.


lundi 17 novembre 2025

J'ai perdu un Bédouin dans Paris

J'ai perdu un Bédouin dans Paris,

Arthur Essebag,
Ed. Grasset, 2024


Mot de l'éditeur :

Je m’appelle Arthur Essebag.
Depuis toujours, je vous divertis à la télévision. Je ne vous ai jamais parlé d’autre chose, car j’ai toujours considéré que ce n’était pas mon rôle.
Jusqu’à ce matin où l’impensable a surgi. Des milliers de terroristes. Des villages anéantis.
En quelques heures : 1 200 vies sauvagement brisées. D’autres traînées dans des tunnels, en otages.
Si le monde allait bien, il aurait pleuré. Comme moi j’ai souvent pleuré pour le monde. Mais ce jour-là, une partie de la planète s’est tue.
C’était le 7 octobre 2023. Le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah.
Ce fut une bascule, une descente aux enfers où j’ai entraîné ma famille, mes proches, dans une apnée interminable. Je voyais dans leurs yeux ma peur reflétée, ma colère, mon impuissance. Alors j’ai pensé à ma mère. À mes racines. À cette Histoire tatouée dans mon sang. Et mon ADN s’est mis à hurler : j’ai dit “Je” et j’ai dit “juif” .
Presque malgré moi. Je suis devenu une voix, dans le vacarme et le mensonge.
Et j’ai écrit. Parce que je n’avais plus d’air. Pour survivre. Pour transformer la douleur en action.
De mes voyages en Israël, sous les missiles du Hamas, de mes amis perdus et de ceux retrouvés, entre les larmes et les rires, est né ce livre. Un cri qui traverse les frontières. De Tel-Aviv à Gaza. Un cri qui nous demande : où est passée notre humanité ?
J’ai perdu un Bédouin dans Paris est mon premier livre.
Et ce Bédouin, finalement… c’est moi.


Ma lecture :

Cela fait plusieurs mois que je cherche une lecture sur l'antisémitisme contemporain, celui-là, le palpable, celui qui n'est plus à l'abri dans les livres d'Histoire. Celui qui brûle depuis longtemps déjà...  

samedi 4 octobre 2025

L'appartement du dessous

L'appartement du dessous,

Florence Herrlemann,
Ed. Albin Michel, 2019


Mot de l'éditeur :

Dans le petit immeuble parisien du Marais où elle vit depuis des lustres, Hectorine voit d'un jour à l'autre l'appartement du dessous investi par une nouvelle voisine, Sarah. Pour lui souhaiter la bienvenue, la vieille dame dépose une lettre sur le pas de sa porte. Cette missive sera suivie de beaucoup d'autres, retraçant une traversée du XXe siècle incroyable, entre le Cabourg de La Recherche, le Berlin du IIIe Reich et le Paris d'après-guerre.

Mais pourquoi toutes ces lettres? « Un jour, vous saurez », promet la centenaire à Sarah qui se prend au jeu, intriguée par cette voisine invisible dont les confidences laissent percer l'aiguillon d'un douloureux secret...

Dans ce roman totalement insolite qui redonne vie et fraîcheur au genre épistolaire, Florence Herrlemann insuffle un véritable hymne à la vie, à la parole qui délivre et à la transmission entre générations. Ce voyage fascinant au coeur de l'Histoire nous rappelle aussi que l'amitié est le plus tendre des pactes.


Ma lecture : 

Ce roman m'attirait depuis déjà quelques années, je suis heureuse que ma lubie orange m'ait permis de le lire enfin.

L'appartement du dessous est un magnifique roman épistolaire entre une centenaire et une trentenaire sur la transmission et l'amitié. 

mercredi 17 septembre 2025

Mon village à l'heure allemande

Mon village à l'heure allemande,

Jean-Louis Bory,
Ed. Flammarion, 1945

 

Mot de l'éditeur :

"Pas le moindre bruit ; personne ne souffle ; pas de lumière. Le couvre-feu tient le village coincé ; il est oppressé, comme une poitrine sous un genou ; ça le serre. L'heure allemande... l'heure boche !" 1944, à la veille du débarquement allié, la vie d'un petit village aux confins de la Beauce et de l'Orléanais. Les habitants semblent s'être accommodés de l'Occupation, mais par leur vert langage, leurs plaisanteries et leurs peines, ils résistent, à leur manière...


Dealer : Librairie du Mémorial de la Shoah


Ma lecture :

Ecrit au cœur de la guerre, en 1944 par cet écrivain de 25 ans alors, il est un précieux témoignage de l'Occupation allemande. Ce roman remporte le prix Goncourt 1945.  

mardi 20 mai 2025

Les enfants de l'ombre

Les enfants de l'ombre
,

Johan Bourret,
Ed. City, 2017


Mot de l'éditeur :

« Viens, petit, viens… »Trois mots qui ont sauvé Jacques des cris et de la furie des Allemands. Mais il a perdu l’insouciance de ses quatorze ans. Adieu le baiser du soir maternel, adieu les bagarres entre copains…1942. C’est la guerre. Avec sa petite sœur, Bernadette, six ans, il est devenu un clandestin. Traqué. En fuite. Ils trouvent refuge avec leur père, résistant, dans une
 troglodytique, près de Saumur. Par une nuit glaciale, Jacques s’aventure hors de l’abri souterrain. Il fait la rencontre d’un garçon de son âge, Benoît, qui survit seul dans les bois en attendant le retour de ses parents…

Un roman poignant sur les derniers sursauts de l’enfance, malgré la peur et le chaos des armes.


Dealer : L'auteur lui-même, guide en Touraine à "Troglodytes & Sarcophages", Doué-en-Anjou


Ma lecture : 

Si j'aime prévoir mes lectures en fonction de mes lieux d'escapades, j'aime aussi me laisser surprendre et y découvrir des auteurs locaux. En visitant "Troglodytes & Sarcophages" où le guide, Johan Bourret, nous livre avec talent et facétie les secrets des pierres, je me suis ainsi laissée tenter par son roman, Les enfants de l'ombre.  

lundi 19 mai 2025

Transports pour dames

Transports pour dames après-guerre moto voiture sidecar femmes Vilac chronique lecture
Transports pour dames,

Helen Simonson,
Ed. Hachette, 2025



Mot de l'éditeur :

A l’été 1919, la jeune Constance Haverhill est sans perspective ; la Grande guerre terminée et les hommes revenus du front, elle a dû abandonner le poste qu’elle occupait. Alors qu'elle cherche un emploi de comptable ou (horreur) de gouvernante, elle devient dame de compagnie d'une vieille amie de la famille, en convalescence dans un hôtel de bord de mer. Entraînée dans le tourbillon social de Hazelbourne-on-Sea, elle fait la rencontre de Poppy Wirrall.

Poppy, fille d'un baronnet propriétaire terrien, porte des pantalons, gère un service de taxi et de livraisons qui emploie des femmes de la région, et dirige un club de moto pour dames. Elle et ses amies accueillent Constance dans leur cercle avec enthousiasme.

Harris, le frère de Poppy, pilote de chasse blessé au combat, aussi distant que séduisant, n’est pas sans troubler Constance. Mais les choses sont plus compliquées qu'il n'y paraît dans le petit monde ensoleillé de la haute société anglaise. Alors que le pays s'apprête à célébrer une paix durement acquise, Constance et les femmes du club de motos sont forcées de constater que les libertés qu'elles ont gagnées pendant la guerre sont sur le point d'être révoquées.


Dealer : SP Hachette


Ma lecture :

La couverture donne immédiatement envie d'embarquer à bord de ce sidecar, vous ne trouvez pas ? 

mardi 6 mai 2025

Ma vie sans moustache

Ma vie sans moustache,

Romain Puértolas,
Ed. Albin Michel, 2025


Mot de l'éditeur :

Les habitants de San Carlos de Badriloche, petite bourgade du nord de la Patagonie, sont persuadés qu'Hitler, après son supposé suicide en avril 1945, y a fini ses jours alors que le monde entier le croyait mort. Dans cette enquête aussi sérieuse qu'absurde, l'écrivain part sur les traces du dictateur soi-disant échappé et tente de comprendre la folie qui s'est emparé de ce village argentin.


Dealer : Espace Culturel Carhaix


Ma lecture :

Bon nombre de nazis ont trouvé refuge en Amérique du Sud après 1945. Ceci est un fait irréfutable.  Mengele et Eichmann sont les exemples les plus connus.

vendredi 18 avril 2025

À propos d'un village oublié

À propos d'un village oublié,

Véronique Mougin,
Ed. Flammarion, 2025

 

Mot de l'éditeur :

Oh, ce ne fut pas grand-chose, presque rien, à les entendre. Quand la traque commença, en 1940, les habitants de Mirabelle firent ce qu'ils purent pour aider Marguerite Stzurmpf. Pas grand-chose : une place au chaud dans le grenier et une assiette en plus, ni vu ni connu. Presque rien : un berceau pour son enfant, un coup de main pour les faux papiers, bouche cousue. Ce sont, en vérité, de précieux éclats de bonté que partage Véronique Mougin dans ce roman, mettant en scène les anonymes qui permirent à sa grand-mère d'échapper à la déportation. "Mes voisines, et le pasteur bien sûr, le fermier, plus la secrétaire de mairie... Dis donc, chérinette, tu réussiras à caser tous mes Justes, dans ton bouquin ?" On l'aura compris : il arrivera qu'au fil des pages retraçant son sauvetage Marguerite elle-même ajoute son grain de sel, malicieuse et têtue, mais après tout c'est son histoire, et y a-t-il jamais trop de mots pour dire le courage et la gratitude ?


Dealer : Espace Culturel Quéven


Ma lecture :

Véronique Mougin interroge ce qu'il reste de la mémoire de sa grand-mère pour en tirer la bouture de son roman : À propos d'un village oublié. 

Sa grand-mère a en effet été une enfant cachée pendant la seconde guerre mondiale. Elle doit, avec sa mère, son frère et son cousin, son salut à un village, Mirabelle. Rien ne prédestinait les habitants de ce village de montagne à cacher, dans leurs greniers, leurs caves ou à la vue de tous, des familles et enfants juifs. Et pourtant, boulangers, fermiers, chatelains, maire, gendarmes vont, en silence, fermer les yeux, fermer les portes. Des grains de sable dans la machine nazie. Suffisants pour la faire caler.

L'autrice rend compte, comme des chroniques, de chaque rouage ayant aidé à préserver la lumière dans les ténèbres. Avec gratitude, elle rend cette lumière aux habitants de Mirabelle pour leur courage silencieux, leur résistance discrète et évidente. Pas un n'a reçu de médaille car aucun ne voulait s'enorgueillir de ces lauriers. Il n'y a pas de gloire, c'était la guerre. Et malgré la guerre, les cœurs battaient encore assez forts pour contrer un système de pierres.

J'ai beaucoup aimé la structure du roman : des bribes de conversations d'outre-tombe entre cette grand-mère déjà décédée et sa petite-fille, puis, façon roman chorale, cette guerre qui se déroule, d'une porte à l'autre. 
Et ce que j'ai le plus aimé, l'écriture de l'autrice. Douce, sensible et poétique, teintée d'humour pour ne pas pleurer.

Un magnifique travail de mémoire et de gratitude. Un travail de vie.
Bravo !

jeudi 10 avril 2025

La variante du dragon

La variante du dragon,

Christophe Lambert, 
Ed. Bayard Jeunesse, 2024
Dès 12 ans


Mot de l'éditeur :

Washington, 1943. Markus Eisenberg, dix-huit ans, est un juif originaire d'Allemagne émigré aux USA avec sa mère et sa tante suite à la « nuit de cristal » où son père a trouvé la mort. Marqué par ce drame, Markus rêve de se venger des nazis. Il s'est donc engagé volontairement dans l'armée et attend d'être envoyé en Europe. Mais son supérieur a un autre projet pour lui...

Il lui apprend l'existence d'un camp de prisonniers très particulier, situé non loin de Washington : le camp 11-42, où sont retenus des soldats et scientifiques allemands. L'état-major a choisi d'employer la manière douce à l'égard de ces « invités de marque » dont on estime qu'ils ont des renseignements importants à donner. Des jeunes gens maîtrisant parfaitement la langue de Goethe sont chargés de sympathiser avec eux et de leur tirer les vers du nez, une fois leur confiance gagnée.

Markus a donc été choisi pour rencontrer l'officier Hans Reinhardt, haut gradé des services secrets allemands capturé peu de temps auparavant à bord d'un sous-marin au large des Caraïbes. On a essayé de le faire parler sans succès : interrogatoires musclés, intimidation... rien ne fonctionne. Apparemment, il n'a qu'une seule passion dans la vie, en dehors de son Fuhrer bien aimé : les échecs...

Cette même passion qui habite Markus depuis son enfance. À contre-coeur, le garçon accepte la mission.


Dealer : Emprunté secrètement à mon fils


Ma lecture :

Lors d'un café littéraire au collège, mon fils a emprunté ce roman à un copain comme lui, féru d'échecs. Je n'ai pas résisté à l'envie de le lire !

Direction Washington en 1943. Markus, dix-huit est juif allemand émigré aux Etats-Unis après le décès de son père lors de la Nuit de Cristal. Il s'est ensuite enrôlé dans l'armée américaine pour le venger mais ce n'est pas en Europe qu'on a besoin de lui mais à Washington, auprès de prisonniers nazis dont Hans Reinhardt. Leur point commun ? La passion des échecs. Sa mission ? Battre ce haut dignitaire nazi sur l'échiquier afin de le faire parler. Markus va devoir s'entraîner dur pour y arriver et à se faire aider d'un coach de la rue, Olek. Il y passe ses journées et ses nuits, à imaginer ouvertures et défense quitte à mettre son amour de côté, la belle Rita.

Markus mènera-t-il à bien sa mission ?

J'ai trouvé ce roman jeunesse, à partir de 12 ans, vraiment très intéressant et j'ai découvert un pan de l'Histoire, celui des chaperons missionnés pour tirer les vers du nez de hauts prisonniers nazis et interrompre divers attentats et autres plans stratégiques. Ces chaperons étaient le plus souvent de jeunes juifs enrôlés dans l'armée américaine.
Le sujet et le contexte : les échecs dans la Seconde Guerre mondiale, m'ont bien sûr fait penser au Joueur d'échecs, de Zweig. J'ai aussi retrouvé l'adrénaline des parties de la série Le jeu de la Dame.

Bref, une belle découverte !


mercredi 2 avril 2025

La Sage-femme d'Auschwitz

La Sage-femme d'Auschwitz,

Anna Stuart,
Ed. City, 2023


Mot de l'éditeur :

Dans le camp d'extermination d'Auschwitz, Ana est chargée de donner naissance aux enfants des autres prisonnières, qui sont ensuite confiés à des familles allemandes. La sage-femme avec l'aide de son amie Ester trouve l'idée de tatouer secrètement les bébés avec les numéros de leurs mères déportées, espérant ainsi qu'ils se retrouvent un jour. Récit inspiré d'une histoire vraie.


Dealer : Père Noël


Ma lecture : 

Je ne voulais pas lire ce roman, très méfiante avec les titres racoleurs tels que le tatoueur/le violoniste/la sage-femme/la bibliothécaire d'Auschwitz. On ne plaisante pas, on n'édulcore pas, on ne romance pas la Shoah. 

Mais ce roman est inspiré d'une histoire vraie, celle d'une sage-femme, Stanisława Leszczyńska, emprisonnée à Auschwitz et qui a fait naître plus de 3000 bébés. C'est le personnage d'Ana, chrétienne polonaise, qui arrive au camp en 1943 avec Ester, sage-femme formée sur le tas dans le ghetto juif de Lodz. Elles ne se quitteront jamais. A travers leurs voix, nous assistons au quotidien du camp. A la barbarie, à l'horreur, mais aussi à la solidarité salutaire.

J'ai trouvé le parcours d'Ana vraiment poignant et juste. Exerçant son métier, donner la vie dans un camp de la mort, et dans cet antagonisme, ose tenir tête à Mengele et à ses subalternes. Elle fait preuve d'un caractère fort et résilient.
Je me suis également attachée au personnage d'Ester, plus romanesque mais qui, justement, offre le terme de roman au récit consacré à Leszczyńska, sans jamais trahir la grande ligne de l'Histoire ni édulcorer la Shoah. Pour survivre aux drames et à l'inhumain, l'espoir de retrouver son jeune mari la poussera à dépasser ses propres douleurs pour se consacrer aux autres. C'est dans cette solidarité, cette sororité puisqu'il s'agit d'une section de femmes, que la lumière se maintient au sein de leurs sombres baraquements. 

Malgré quelques passages romanesques, et qui ne nuisent pas à l'Histoire, je suis agréablement surprise par ce roman. On sent bien que l'autrice a voulu préserver la vérité tout en y insérant une histoire.
Et, je ne pensais pas le dire, mais j'ai hâte de lire la suite !

vendredi 28 mars 2025

Shell Shock

Shell Shock,

Meurtres au Central Guttenberg,
Michaëla Watteaux,
Ed. Black Lab, 2025


Mot de l'éditeur :

Jeanne Duluc, jeune journaliste socialiste et féministe, s’est fait embaucher en ce début d’automne 1925 au Central téléphonique Gutenberg afin d’enquêter sur les difficiles conditions de travail des demoiselles du téléphone. L‘une d’entre-elles, Tatiana, est alors sauvagement assassinée. Ce meurtre, qui porte pour signature un masque déposé sur le visage défiguré de la victime, n’est pas sans rappeler celle du « Tueur des Halles », qui terrorise les femmes de la capitale depuis plusieurs mois. L’enquête est confiée à Paul Varenne, inspecteur dépendant à la cocaïne et à l’opium à la suite de ses blessures de guerre. Varenne ne croit pas à l’hypothèse du Tueur des Halles, ni même à la culpabilité de Mangrin, le gardien du Central téléphonique, rescapé des tranchées, sur lequel se portent les soupçons. C’est alors que survient un deuxième meurtre.

Dans le Paris des Années folles où se croisent artistes, écrivains, anciens combattants gueules cassées, dans un siècle où les femmes revendiquent l’égalité sociale, Varenne se lance dans une course éperdue pour identifier le tueur en série, alors que d’aucun autour de lui ne semblent finalement pas pressés de voir l’affaire élucidée.


Dealer : SP Black Lab / La Bande


Ma lecture :

Paris, Années 20, Féminisme, Enquête, Gueules Cassées, Crime : il n'en fallait pas plus pour me convaincre.
Et cette couverture ! Et je ne vous parle pas du soin apporté à la mise en page, avec les polices de chapitres retro. 

lundi 24 mars 2025

Le procès Mein Kampf

Le procès Mein Kampf,

Harold Cobert, 
Ed. Les Escales, 2025


Mot de l'éditeur :

L'histoire vraie et rocambolesque de la publication de Mein Kampf en France.

1934. La France s'est relevée de la Première Guerre mondiale mais l'incertitude plane quant aux véritables intentions d'Adolf Hitler, chancelier de l'Allemagne depuis 1933. Son manifeste, Mein Kampf (" Mon combat"), qu'il a écrit lors de son emprisonnement, rencontre un immense succès dans son pays. Mais, en France, on n'en connaît que des extraits et sa traduction ayant été interdite par le Führer lui-même, le texte entier reste inédit. Programme politique bientôt mis en œuvre ou simple écrit de jeunesse, que peut bien contenir Mein Kampf pour que les Français ne soient pas autorisés à le lire ? Hitler, qui ne cesse de clamer sur la scène internationale une paix désormais éternelle entre l'Allemagne et la France, chercherait-il à dissimuler des desseins et des intentions plus sombres ? Cette interdiction de publier intrigue pour des raisons bien différentes.

Tout oppose d'anciens combattants proches de l'Action Française à des militants de la cause juive, et pourtant ils vont s'unir dans leur désir de voir le manifeste illégalement traduit en français. Et c'est ainsi que naît une union sacrée, presque contre-nature, entre des adversaires quasi irréductibles mais rassemblés par une même cause.

Le Procès Mein Kampf raconte avec brio la folle histoire de la publication de ce texte en français et du retentissant procès qu'elle a entraîné, portée par le flamboyant avocat Philippe Lamour.


Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon


Ma lecture :

Sujet ô combien intéressant que la publication de Mein Kampf, recueil des pamphlets les plus désastreux d'Hitler.  

mercredi 26 février 2025

Les Enfants cachés de l'Île aux Moines

Les Enfants cachés de l'Île aux Moines,

Un secret enfoui sous l'Occupation,
Julie Schittly,
Ed. Presses de la cité, 2024


Mot de l'éditeur :

L'histoire vraie de cinq enfants juifs cachés sur l'île aux Moines qui, en 1940, fut le théâtre de la fraternité et de l'humanité. Sur la trace d'une mémoire cachée, une enquête sur les lieux avec des témoins de l'époque.
Ils s'appelaient Irène, Ilona, Georges, Daniel, Robert.
Cinq enfants juifs accueillis, à partir de 1940, " au meilleur des endroits ", qui ont eu la vie sauve grâce aux habitants de l'île aux Moines. Un secret resté enfoui depuis, dans la perle du golfe du Morbihan.
Au décès d'Irène, fin 2022, la plupart des Îlois découvrent le récit de ces sauvetages courageux et la rafle de 1943. Pour Julie Schittly, il était impensable que l'on ignore ou que l'on oublie que l'île aux Moines fut un refuge et un havre de fraternité pour des familles traquées.
Mais qu'il y eut là, aussi, des destins inachevés...
Bouleversante et mémorielle, une enquête inédite pour l'Histoire, sur les lieux, avec des témoins de l'époque.


Dealer : Espace Culturel Leclerc, Vannes


Ma lecture : 

Il y a deux semaines, je me suis offert une virée à l'île aux moines, et, vous commencez à me connaître, j'ai eu envie d'une lecture souvenir. Cette enquête, Les Enfants cachés de l'Île aux Moines, j'avais failli l'acheter au Mémorial de la Shoah, où il a évidemment sa place.  

vendredi 21 février 2025

L'été de la Libération

L'été de la Libération,

Jenny Lecoat,
Ed. Mercure de France, 2025


Mot de l'éditeur :

À la Libération, les Allemands quittent Jersey : la jeune Jean Parris peut alors rêver d’une vie meilleure. Après des mois de privations, vivant avec une mère fragile, elle attend avec impatience le bateau qui doit ramener sur l’île les prisonniers exilés. Mais le père qu’elle aimait tant n’en descend pas.

Dénoncé aux nazis pour possession illégale d’une radio sur laquelle il écoutait la BBC, il est mort dans une prison française il y a des mois. Sa famille veut à tout prix que justice se fasse. S’engage alors une chasse aux sorcières. Jean doit-elle se méfier d’Hazel, l’institutrice socialiste qui vit au-dessus de la quincaillerie de son père et avec qui il se disputait souvent ? Contre toute attente, la jeune femme pourrait bien devenir sa seule confidente dans cette île où le climat de suspicion s’est généralisé…

Jenny Lecoat s’inspire de son histoire familiale pour décrire le traumatisme auquel la population de Jersey a dû faire face après la guerre, et en tire un récit haletant.


Dealer : SP Mercure de France


Ma lecture :

J'ai découvert Jenny Lecoat l'année dernière lors d'un escapade à Jersey, j'avais lu La clandestine de Jersey, qui se déroulait pendant la Seconde Guerre mondiale. L'autrice reste dans son secteur de prédilection avec son nouveau roman, L'été de la Libération.  

lundi 20 janvier 2025

La petite bonne

La petite bonne,

Bérénice Pichat,
Ed. Les Avrils, 2024


Mot de l'éditeur :

Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d’aller prendre l’air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d’amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s’ils se surprenaient ?


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

Bénérice Pichat nous emmène dans un immeuble parisien des années 30 où la petite bonne est au service de Monsieur et Madame Daniel.

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