jeudi 4 juin 2020

Lebenstunnel

Lebenstunnel,

T1. Allégeance,
Oxanna Hope,
Ed. Rebelle Editions, 2017


Mot de l'éditeur :

Et si le dénouement de la Seconde Guerre mondiale n’était pas celui que l’on connaissait ?
200 ans après la victoire d’Hitler, Germania n’est plus un mythe. La race aryenne tant espérée par le Fuhrer domine le monde et toutes les autres ethnies ont été éradiquées de la planète.
Krista, jeune Aryenne, travaille dans un Lebensborn. Elle a été élevée dans le moule de la race pure et ne connaît que ce mode de vie, jusqu’au jour où elle suit malgré elle une femme dans les égouts de la ville. Ce qu’elle y découvre va ébranler toutes ses convictions et peut remettre en question le fonctionnement même du monde dans lequel elle vit.


Ma lecture :

Le résumé de cette uchronie m'a beaucoup plu : imaginons le monde si le IIIème Reich avait gagné la Seconde Guerre Mondiale et réussi à imposer son empire et son emprise ? L'idée est géniale et m'a fait penser au Maître du Haut Chateau.

mardi 2 juin 2020

Les oiseaux


Les oiseaux,

Daphné du Maurier,
Ed. Le livre de poche, 1964


Mot de l'éditeur :

Au coeur de la nuit, le vent d'est cingle la falaise. Entre deux rafales, des nuées d'oiseaux cognent aux vitres. Mais ce n'est pas la peur qui les précipite avec une telle force vers le monde des hommes...
On retrouvera ici - et pas moins terrifiant - le récit qui inspira son chef-d'oeuvre au maître de l'angoisse, Alfred Hitchcock. Dans les autres nouvelles de ce recueil, l'horreur se fait plus insidieuse, le fantastique à peine étranger au réel. Il suffit d'un pommier à forme étrangement humaine, ou d'une ouvreuse de cinéma qu'un jeune mécanicien a envie de suivre après la séance...
Et la grande romancière anglaise, auteur de Rebecca et L'Auberge de la Jamaïque, nous entraîne vers le mystère à petits pas, à petites touches, au gré d'une écriture subtile, singulièrement moderne.


Ma lecture :

Après la lecture de la biographie de Daphné du Maurier, j'ai eu envie de m'attaquer aux Oiseaux, sa nouvelle qui a inspiré Hitchcock pour son film d'épouvante...

lundi 1 juin 2020

Nos espérances

Nos espérances,

Anna Hope,
Ed. Gallimard, 2020


Mot de l'éditeur :

Hannah, Cate et Lissa sont jeunes, impétueuses, inséparables. Dans le Londres des années 1990 en pleine mutation, elles vivent ensemble et partagent leurs points de vue sur l’art, l’activisme, l’amour et leur avenir, qu’elles envisagent avec gourmandise. Le vent de rébellion qui souffle sur le monde les inspire. Leur vie est électrique et pleine de promesses, leur amitié franche et généreuse.
Les années passent, et à trente-cinq ans, entre des carrières plus ou moins épanouissantes et des mariages chancelants, toutes trois sont insatisfaites et chacune convoite ce que les deux autres semblent posséder. Qu’est-il arrivé aux femmes qu’elles étaient supposées devenir?
Dans ce roman tout en nuances sur les différentes facettes de l’amitié au fil du temps, Anna Hope tisse avec élégance et délicatesse la vie de ces trois héroïnes contemporaines. Elle sonde les différentes façons de trouver son identité de femme, mais aussi de mère, de fille, d’épouse ou d’éternelle rebelle, et explore cet interstice entre les espérances et la réalité, cet espace si singulier fait de rêves, de désirs et de douleurs où se joue toute vie.



Dealer : Livres-in-room : Merci !


Ma lecture :

Pendant le confinement, ma libraire proposait des drives. N'ayant pas besoin de roman en particulier, je leur ai demandé un colis surprise où se cachait Nos espérances... Je ne connaissais pas Anna Hope, la découverte était donc totale...

Nous voici au coeur de Londres, en 2004 où Cate, Hannah et Lissa sont colocataires. Elles habitent ensemble une vieille maison qui abrite leurs espoirs, leurs histoires d'amour naissantes, leurs doutes. Leurs vies. Pendant ces années, elles se construisent, finissent d'étudier, commencent à travailler, réussissent, échouent. Unies dans cette amitié, elles vibrent à l'unisson malgré les épreuves. Pourtant, quelques années auparavant, Cate et Hannah étaient tout le temps en compétition, et quelques années plus tard, Lissa trahira Hannah. Mais là, en 2004, tout va bien, elles profitent du soleil et du parc...

Anna Hope aborde avec tendresse et sincérité les bonheurs et drames qui se jouent dans les amitiés longues de vingt ans. Les mariages, les déménagements, les emménagements, les séparations, les retrouvailles. La maternité, l'infertilité, les trahisons, les divorces. En fait, Cate, Hannah et Lissa nous ressemblent à nous, femmes de la même génération, alors forcément, on se retrouve dans leurs interrogations, elles nous émeuvent. L'écriture d'Anna Hope est fine et sensible. La construction vadrouille dans la chronologie, des années 90 à nos jours pour se terminer en 2018 autour d'un décès et une naissance. Quoi qu'il advienne, la vie reprend son cours et ses droits, et si elle sait être tendre, elle est parfois cruelle...

Nos espérances est un coup de cœur pour moi car les personnages m'évoquent beaucoup de choses : des souvenirs et des choses à venir. J'ai dégusté la fin, terriblement réussie, repoussant le moment fatidique de devoir refermer le livre sur le dernier mot : vie. Vous voyez, c'est le roman de la vie, avec ses surprises, bonnes ou mauvaises, ses événements, heureux ou malheureux, et ses cœurs en émoi. Toujours.

mercredi 27 mai 2020

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins,

Alejandro Palomas,
Ed. Cherche Midi, 2020


Mot de l'éditeur :

C'est l'histoire d'un petit garçon débordant d'imagination qui voue un amour sans bornes à Mary Poppins. L'histoire d'un père un peu bougon, qui vit seul avec ce fils sensible et rêveur dont il a du mal à accepter le caractère. D'une institutrice qui s'inquiète confusément pour l'un de ses élèves qui vit un peu trop dans ses rêves. D'une psychologue scolaire à qui on envoie un petit garçon qui a l'air d'aller beaucoup trop bien.
Quel mystère se cache derrière cette apparence si tranquille, et pourtant si fragile ?
Un roman choral aussi tendre que bouleversant, qui emprunte à l'enfance toute sa sincérité désarmante pour dire l'amour, le vide, le rêve et la puissance de l'imaginaire.


Ma lecture :

La couverture du roman, très réussie, ne me laissait pas indifférente quand je la voyais passer sur certains groupes de lecture, alors, je me suis lancée à la découverte de cet auteur espagnol, Alejandro Palomas. Soit dit en passant, lire sur liseuse a certains avantages pratiques, mais brise le charme de la couverture... Bref !

C'est l'histoire de Guillermo, qu'on appelle plus sympathiquement Guille. A 8 ans, c'est un as à l'école, il est hypersensible, réservé et rêve de devenir Mary Poppins quand ses camarades ne jurent que par Iniesta. Le problème n'est pas qu'il veuille être comme la nanny londonienne et chantonnante, non, le problème est qu'il veut vraiment être magique comme Mary Poppins pour pouvoir réparer certaines choses qui vont de travers avec sa formule Supercalifragilisticexpialidocious. Mais que souhaite-t-il réparer, au juste ? Tout semble aller bien dans la vie de Guille. Sauf que...
Sauf qu'il se réfugie dans un monde magique pour échapper à sa réalité quotidienne avec un père qui pleure chaque soir devant l'ordinateur et une mère absente qui lui écrit une fois par semaine. Quel est le secret de la famille de Guille ? Son institutrice et la psychologue scolaire, attendries et intriguées  par cet enfant vont démêler le vrai de la magie...

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins est d'une tendresse infinie ! Le style d'écriture est un peu fou et naïf, à la Romain Puertolas ou Olivier Bourdeaut, mais jamais mièvre. Alejandro Palomas aborde des sujets graves et sensibles, que je préfère taire pour ne pas spoiler votre lecture.
C'est court, beau, intense, magnifique. Comment puis-je vous présenter autrement ce dernier coup de cœur de Mai ? Ah si, avec ce dernier mot : Supercalifragilisticexpialidocious !


lundi 25 mai 2020

Les roches rouges

Les roches rouges,

Olivier Adam,
Ed. Robert Laffont, "R", 2020


Mot de l'éditeur :

– Faut qu'on se tire d'ici.
– Et on ira où ?
– Je sais pas. T'inquiète. On trouvera.
– Et s'il revient ?
– Eh ben il reviendra.
– S'il s'en prend à tes parents ?
– C'est pas après eux qu'il en a.Qu'est-ce que Leila fout avec moi ?

J'ai tout juste dix-huit ans. Je vis chez mes parents. Je vais plus au lycée et j'ai pas de boulot. Je picole trop et je me bourre de médocs. Comment peut-elle croire que je suis capable de la protéger, de lui offrir quoi que ce soit de plus ou de mieux que son mec ?
Depuis qu'on roule elle m'a pas posé la moindre question. Elle m'a même pas demandé où on allait exactement. Je lui ai juste dit que je connaissais un endroit où on serait pénards. Et ça a semblé lui suffire...



Dealer : SP Robert Laffont 😙


Ma lecture :

Olivier Adam est un auteur que j'affectionne particulièrement, qu'il écrive pour les adultes ou les ados. Cette lecture-ci est destinée aux ados...

Les roches rouges est un roman de fuite. Antoine, Leila et Lise ont fait ce choix de la fuite en avant pour fuir le passé et ne pas regarder en arrière. Ils fuient une union ratée, un avenir perdu d'avance, un enfant perdu, la banlieue grise, eux-mêmes. Malmenés ou brisés par la vie, les voilà à Agay, face à la mer, face aux roches rouges. Tout y est plus lumineux, la vie y est plus douce. Mais même dans une carte postale, les démons rôdent toujours...
Olivier Adam s'emmène pas ses personnages sur sa côte d'Emeraude comme il en a l'habitude, mais sur la côte d'Azur. Antoine, Leila et Lise y mettent leur vie en pause. Une accalmie entre deux tempêtes. Chacun doit faire face à ses démons et les combattre. Même si le prix à payer est élevé...
Je ne peux pas trop en dire, au risque de briser le suspens. Mais une chose est sûre, il n'y aura pas de happy end pour tous !

Encore une fois, Olivier Adam reprend ses ingrédients fétiches : une banlieue amère que des personnages en dérive fuient pour se retrouver face à la mer. Mais les embruns peuvent-ils soigner les âmes tourmentées ?
Coup de cœur pour ce roman sombre qui évoque le deuil et la violence, mais qui montre aussi que  l'amour et la résilience ont ce don d'offrir la lumière qui manque à certaines âmes pour s'épanouir encore.

mercredi 20 mai 2020

La Reine des lectrices

La Reine des lectrices,

Alan Bennett,
Ed. Gallimard, 2018


Mot de l'éditeur :

Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, d'un coup, rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?
C'est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les sœurs Brontë, Jean Genet et bien d'autres défilent sous l'œil implacable d'Elizabeth, cependant que le monde so British de Buckingham Palace s'inquiète. Du valet de chambre au prince Philip, tous grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor.
Un succès mondial a récompensé cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.



Ma lecture :

Un roman qui réunit la lecture et la Reine d'Angleterre : Great !
En effet, un jour où la bibliobus s'arrête au Palais, la Reine s'y attarde quelques instants, plus par courtoisie que par intérêt, et se retrouve à emprunter un livre et à le lire. Grande première dans les activités de la Reine qui se trouve alors une nouvelle passion : la lecture ! Cela change ses habitudes pour elle-même mais également son rapport avec ses sujets.
Alan Bennett a une plume teintée d'humour anglais, qui va si bien à ce roman évidemment très british.
Somme toute, malgré le sujet original, je n'ai pas été conquise... Damned !



mardi 19 mai 2020

Manderley for ever

Manderley for ever,

Tatiana de Rosnay,
Ed. Albin Michel / Héloïse d'Ormesson, 2015


Mot de l'éditeur :

Tatiana de Rosnay et Daphné du Maurier : deux femmes prises par une même passion romanesque. Depuis longtemps fascinée par l'auteur de Rebecca, l'auteur du best-seller Elle s'appelait Sarah, lue dans le monde entier, a voulu percer le mystère de cette jeune fille à l'allure sage dont l'univers si particulier l'a marquée, comme des milliers de lecteurs, et a inspiré à Alfred Hitchcock ses plus grands films.
Car, à l'image de ses personnages, Daphné du Maurier cultivait le secret et le trouble : issue d'une famille d'artistes, elle doit affronter son père, célèbre acteur de l'époque, et son grand-père, romancier et ami d'Henry James, pour réaliser son désir d'écrire dans la pudique Angleterre victorienne. Un désir qu'elle accomplira en s'affranchissant de sa famille et en exprimant toute l'ambiguïté de sa personnalité au fil de romans qui sont autant de chefs-d'oeuvre.
De Mayfair à Kilmarth, la maison du bord de l'océan, en passant par Menabilly, manoir de Cornouailles pour lequel la romancière nourrissait une passion dévorante, Tatiana de Rosnay, elle-même d'origine anglaise, s'est littéralement mise dans la peau de Daphné du Maurier. Plus qu'une simple biographie, son livre est une rencontre où s'opère toute la magie du roman : Manderley for ever..


Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

Je viens tout juste de lire Rebecca et de découvrir Daphné du Maurier, et cette biographie tombe à point entre mes mains...

mardi 12 mai 2020

Rebecca

Rebecca,

Daphné du Maurier,
Ed. Albin Michel, 1939


Mot de l'éditeur :

Une longue allée serpente entre des arbres centenaires, la brume s'accroche aux branches et, tout au bout, niché entre la mer et les bois sombres, un château splendide :
Manderley, le triomphe de Rébecca, la première Mme de Winter, belle, troublante, admirée de tous.
Un an après sa mort, le charme noir de Rébecca tient encore en son pouvoir le domaine et ses habitants. La nouvelle épouse de Maxim de Winter, jeune et timide, pourra-t-elle échapper à cette ombre inquiétante, à son souvenir obsédant qui menacent jour après,jour de plonger Manderley dans les ténèbres ?
Le chef-d'oeuvre de Daphné du Maurier, immortalisé au cinéma par Alfred Hitchcock, a fasciné depuis sa parution plus de trente millions de lecteurs à travers le monde. Comme Les Hauts de Hurlevent ou Jane Evre, Rebecca est devenu un des plus grands mythes de la littérature mondiale.



Ma lecture :

Voici exactement le genre de roman, que, quand j'arive à la fin, au dernier mot, je referme la couverture, je la regarde intensément, et je dis : waw. En effet, waw ! La littérature a cela de magique, il y a toujours des merveilles à découvrir ! Ma passion pour les scones et l'Angleterre m'ont amenée à lire des romans anglais, et ces romans anglais contemporains m'ont amenée à frapper la porte de Manderley et de Daphné du Maurier...


 Rebecca.., cela sonne roman à l'eau de rose en cadeau du Nous Deux de Juillet-Août 1987, mais en fait, il faut remonter plus loin que 1987, jusqu'en 1938, date de sa parution anglaise. Et nous sommes loin du roman à l'eau de rose....

La narratrice, jeune femme de chambre peu sûre d'elle, on ne connaît d'ailleurs pas son nom, rencontre dans un hotel le charmant Maxim de Winter. Une amitié, une attirance ce créent entre la jeune fille et le jeune veuf. Très rapidement, il l'épouse, il la veut avec elle à Manderley, sa propriété de Cornouailles. Difficile pour la nouvelle Madame de Winter de s'imposer quand tout le manoir n'a qu'en tête le charme de Rebecca, la défunte épouse. Rebecca faisait ceci, Rebecca préférait ces fleurs, Rebecca avait l'habitude de, Rebecca, Rebecca, Rebecca.... L'intendante, Mme Danvers, est encore plus plus impitoyable que les autres domestiques avec la jeune femme qui, pour elle, se ne sera jamais aussi belle et intelligente que Rebecca. Elle commence d'ailleurs à douter... Maxim l'aime-t-il vraiment ? Le compare-t-il pas tout le temps avec Rebecca ? Ne la considère-t-il pas comme une enfant, avec leurs vingt ans d'écart ? Beaucoup de questions se tissent autour de Rebecca, personnage clé du roman qui plane, tel un fantôme, sur le manoir....
Je ne vais pas en dire plus, ce serait rompre la magie de l'intrigue. Je peux juste vous dire, que pendant tout le roman, je m'attendais à ce que Rebecca soit réellement un fantôme : pas du tout !
Je peux vous dire que Mme Danvers est exécrable, et son personnage est génial !
Et enfin, je peux vous dire que Daphné du Maurier signe là un thriller psychologique intense. Au début tout est calme : le manoir, le bord de mer, le thé, ... Puis quelque chose est découvert. Et tout  s'accélère jusqu'à la dernière page. La toute dernière.

Je suis comblée d'avoir découvert Daphné du Maurier, et entre et Kate Morton, de belles lectures m'attendent ! Les auteurs classiques font toujours un peu peu, mais je vous invite à découvrir Daphné du Maurier, son écriture n'est pas vieillotte mais possède un doux et envoûtant charme britannique !

mardi 5 mai 2020

Victoire

Victoire ou la douleur des femmes Marie Trintignant Schlogel roman téléfilm film adaptation avortement

Victoire ou la douleur des femmes,

Gilbert Schlogel,
Ed. Fayard, 1996


Mot de l'éditeur :

Victoire Dambreville, jeune Normande de vingt ans, est emmenée de force par sa mère chez une " faiseuse d'anges ". Ce moment d'horreur la traumatise à jamais.
Devenue gynécologue, Victoire consacre sa vie à lutter pour que les femmes obtiennent le droit à la contraception et à l'avortement. Cet engagement bouleverse une existence que rien ne prédisposait à un tel combat.
Dans ce roman de l'amour blessé, où, dans une même famille, s'entrecroisent trois générations de femmes éprises de liberté, toute l'histoire du féminisme se profile devant nos yeux durant un demi-siècle et nous rappelle les étapes d'une conquête sans cesse recommencée.



Ma lecture :

Je crois que je n'ai jamais relu un roman déjà lu. Jamais. Je suis plutôt contre car il  y a de nombreux risques, dont la magie rompue. Mais j'ai changé de Freebox et d'ordinateur pour des modèles plus performants mais...dénués de lecteurs DVD. Et chaque année, j'aime regarder mon film, pardon, mon téléfilm, préféré de tous les temps, Victoire ou la douleur des femmes. Sorti il y a vingt ans, vous vous en souvenez peut-être, Victoire étant interprétée par Marie Trintignant. Bref, faute de moyens techniques, voici deux ans que je manque mon rendez-vous, alors j'ai décidé de relire le roman...

jeudi 30 avril 2020

Les Bourgeois

Les Bourgeois,

Alice Ferney,
Ed. Actes Sud, 2017


Mot de l'éditeur :

Ils sont Bourgeois de père en fils parce que c’est (aussi) leur patronyme. De la Première Guerre mondiale à nos jours, Alice Ferney explore les destinées des enfants de cette famille conservatrice, leurs aspirations et leurs engagements. Ils partagent des valeurs, le sens du devoir, ont fait carrière dans l’armée ou dans la marine, se sont voués aux affaires, à la médecine, au barreau… – acteurs de l’histoire nationale et de la légende de leur lignée. Par leur entremise, Alice Ferney revisite les grandes ou déshonorantes heures de notre passé : tout un siècle français passé au tamis du roman familial.


Dealer : Librairie Livres-in-room, à Saint-Pol-de-Léon


Ma lecture :

Pendant le confinement, j'ai demandé à ma librairie un petit colis surprise. Me voilà donc avec Les Bourgeois entre les mains. C'est drôle, je suis persuadée de l'avoir déjà eu entre les mains, mais que la rencontre, inopinée probablement, n'était pas allée plus loin.
Auteur inconnu, roman inconnu : belle perspective pour la curieuse littéraire que je suis !

Alice Ferney livre là une saga familiale lumineuse et éclairée. Elle commence avec Henri et Mathilde Bourgeois, nés à la fin du XIXème siècle, passant leur enfance à cheval entre deux siècles, et incarnant la génération qui aura vu le plus de révolutions : sociales, culturelles, historiques, ... Henri le patriarche, père de dix enfants nés sur vingt ans. Comme son patronyme l'indique, il fait partie des bourgeois : parisien, engagé, catholique, fortuné, le cœur à droite. A travers cette famille, ces générations, c'est l'Histoire de France qui défile : la guerre des tranchées, les mutilés, la guerre de 40, les conséquences terribles, l'Algérie, ... jusqu'aux attentats de 2015. Les personnages traversent les années, les décennies, les contextes historiques et sociaux. C'est fascinant et vraiment bien documenté.

Ce n'est pas une saga familiale à l'eau de rose avec rebondissements et trahisons. C'est une saga familiale cousue d'Histoire, de mariages, de naissances, de décès. L'écriture d'Alice Ferney est juste et délicate, son point de vue est pertinent. Pertinent car éclairé. Comme le le dit, on connaît l'avenir du passé, mais le présent nous laisse désarmé, sans recul possible. Quand elle évoque les guerres et les interrogations de ses personnages, Alice Ferney incarne le narrateur omniscient car, évidemment, elle a le recul de l'historien sur l'Histoire. Elle saute d'une époque à l'autre et remet toujours tout en perspective, recadre les contextes. C'est magistral, que voulez-vous que je vous dise de plus ?

Frappez à la porte des Bourgeois, et c'est l'Histoire, notre Histoire, qui vous ouvrira la porte !

Merci Livres-in-room pour cette géniale découverte !


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