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mercredi 1 juillet 2020

La maison du sommeil

La maison du sommeil,

Jonathan Coe,
Ed. Gallimard, 1998
(The house of sleep)


Mot de l'éditeur :

De bien curieux événements se déroulent à Ashdown, inquiétante demeure perchée sur une falaise des côtes anglaises. Naguère, c'était une résidence universitaire, où se sont croisés Sarah la narcoleptique, Gregory le manipulateur, Veronica la passionnée, Robert l'amoureux transi, Terry le cinéphile fou. Leurs destins ont divergé, mais les spectres du passé continuent de hanter Ashdown, devenue une clinique où le sinistre docteur Dudden se livre à de monstrueuses expériences sur les troubles du sommeil. Par quelles mystérieuses coïncidences tous les personnages vont-ils s'y retrouver ? Et quelles transformations vont-ils y subir ?
Une fresque foisonnante et rigoureuse, où l'illusion amoureuse va jusqu'à l'extrême limite de sa réalisation, et où la vérité sort toujours des rêves.


Ma lecture :

Je termine #lemoisanglais avec ce roman de Jonathan Coe qui traînait dans mes étagères depuis bientôt dix ans. Il était temps, n'est-ce pas ?

lundi 9 mars 2020

Petit pays

Petit pays,

Gaël Faye,
Ed. Grasset, 2016


Mot de l'éditeur :

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.



Dealer : Bibliothèque de Sibiril


Ma lecture :

La sortie de Petit Pays avait fait grand bruit il y a quatre ans, il avait d'ailleurs été couronné par le Goncourt des Lycéens. Il sort ces jours-ci au cinéma, l'occasion, enfin, de le lire...

samedi 18 août 2018

Songe à la douceur


Songe à la douceur,

Clémentine Beauvais,
Ed. Points, 2018
Ed. Sarbacane, 2016


Mot de l'éditeur :

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c'est l'été, et il n'a rien d'autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d'ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s'est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s'aperçoit, maintenant, qu'il ne peut plus vivre loin d'elle. Mais est-ce qu'elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c'est l'histoire de ces deux histoires d'amour absolu et déphasé - l'un adolescent, l'autre jeune adulte - et de ce que dix ans, à ce moment-là d'une vie, peuvent changer. Une double histoire d'amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski - et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.


vendredi 17 août 2018

Je suis Jeanne Hébuterne

Prix du Meilleur roman Points 2019 Elkaim Jeanne Hébuterne blog chronique critique jurée jury lecteur

Je suis Jeanne Hébuterne,

Olivia Elkaim,
Ed. Points, 2018
Ed. Stock, 2017


Mot de l'éditeur :

Décembre 1916. Dans la pénombre d'un escalier, Jeanne Hébuterne tombe amoureuse d'Amedeo Modigliani. Elle peint modestement, lui est un artiste maudit. Elle vit encore dans le cocon familial, il mène une existence dissolue entre son atelier, les cafés parisiens et les prostituées. Elle abandonne tout pour le suivre. La passion les emporte. Incandescente, destructrice. Jusqu'à la folie...


vendredi 12 janvier 2018

L'ordre du jour

 

 

 

L'ordre du jour Eric Vuillard Goncourt 2017 Nazi BMW Quandt avis chronique blog critiqueL'ordre du jour,

Eric Vuillard,
Ed. Actes Sud, 2017
Prix Goncourt 2017



Mot de l'éditeur :

Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d'épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l'Assemblée ; mais bientôt, il n'y aura plus d'Assemblée, il n'y aura plus de président, et, dans quelques années, il n'y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.


 Dealer : Lu sur liseuse
 

mardi 3 octobre 2017

Bakhita

  Rentrée Littéraire 2017



Bakhita,

Véronique Olmi,
Ed. Albin Michel, 2017

Mot de l'éditeur :

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l'esclavage. Rachetée à l'adolescence par le consul d'Italie, elle découvre un pays d'inégalités, de pauvreté et d'exclusion. Affranchie à la suite d'un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres. Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d'évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d'âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu'elle soit razziée.


Dealer :
Sélection Prix Landerneau

mardi 19 septembre 2017

La disparition de Josef Mengele

Rentrée Littéraire 2017



La disparition de Joseph Mengele Olivier Guez Grasset 2017 Rentrée littéraire Sélection Prix Landerneau Auschwitz l'ange de la mort avis chronique critique blog

La disparition de Josef Mengele,

Olivier Guez,
Ed. Grasset, 2017


Mot de l'éditeur :

1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.



Dealer : Sélection Jury Prix Landerneau 2017


mardi 29 novembre 2016

Chanson douce






Chanson douce,
Leïla Slimani,
Ed. Gallimard, 2016
- Prix Goncourt 2016 -


Mot de l'éditeur :
Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.



Dealer : Bibliothèque de Saint-Pol-de-Léon

dimanche 9 octobre 2016

Prix Landerneau : le bilan

Bonjours chers lecteurs,


Mercredi et jeudi derniers, je suis allée à Paris pour participer au Jury du Prix Landerneau.
Une belle expérience que j'ai plaisir à partager avec vous.


http://bibliza.blogspot.fr/p/prix-landerneau-2016.html

Cliquez sur l'icône
pour découvrir mon expérience de Jurée




Visionnez la petite vidéo sur les Espaces Culturels ont réalisée pour la remise du Prix Landerneau :






jeudi 2 juin 2016

Prix des Incorruptibles 2016 : les résultats !

Souvenez-vous, Lohan, mon fils de 3 ans, élève en Maternelle avait lu 5 albums dans le cadre du Prix des Incorruptibles. C'est le premier prix littéraire décerné par des enfants : un premier pas dans la grande aventure de la lecture. Lohan était un peu petit, mais j'espère qu'il y participera encore l'année prochaine. C'est une occasion ludique de découvrir de nouveaux albums, et il peut jouer les chroniqueurs comme Maman ! ^^

La Sélection :


prix des incorruptibles 2016 sélection maternelle max renard chagrin gouter plan

* Chut, on a un plan : ma chronique
* Gare au renard : ma chronique
* Gros chagrin : ma chronique
* Le gros goûter : ma chronique
* Max le Terrible : ma chronique

vendredi 29 mai 2009

Le Prix Landerneau



Comme je l'ai dit dans un précédent article, j'ai la chance, cette année, de pouvoir lire les romans en lice pour le Prix Landerneau. Encore peu connu, ce prix a été créé en 2008 par les Centres Culturels Edouard Leclerc. Pour mieux comprendre ce Prix, Marie-José Cegarra, reponsable du développement et d el'animation, a bien voulu, et je l'en remercie, répondre à mes quelques questions :


Quelle est la chaîne d’intervenants, de l’élaboration à la remise du Prix ?
Tout d’abord, je tiens à vous remercier au nom des Espaces Culturels E.Leclerc de votre intérêt pour le Prix Landerneau. Voici donc la mécanique du Prix : en premier lieu, nous avons établi dès les tout premiers jours de janvier une première liste avec le concours des maisons d’édition qui nous ont signalé quels ouvrages dans leurs parutions de janvier rentraient dans les critères du Prix Landerneau. Cette première liste de 35 titres a été envoyée à nos 160 équipes de libraires le 5 janvier. Les libraires E.Leclerc ont retourné une liste de 6 ouvrages le 16 mars. Compte tenu des ex-aequo de chacun, ils ont ensuite reçu une nouvelle liste élargie de 15 titres. Le 17 avril, les libraires ont tranché et établi une sélection de 5 titres qui sont les finalistes de l’édition 2009. Cette année nous avons en fait 6 finalistes car nous avions 2 ex-aequo dans le dernier tour de délibération. Le 26 mai, 9 libraires représentant le réseau des Espaces Culturels E.Leclerc se réunissent avec Michel Edouard Leclerc, Dan Franck, écrivain et Président du jury 2009, Laurence Tardieu et Yasmine Char, lauréate du Prix Landerneau 2008, pour délibérer et choisir le lauréat 2009. Le Prix Landerneau sera enfin remis le mercredi 3 Juin à Paris.

On connaît l’intérêt de Michel Edouard Leclerc pour les livres et la littérature. En quoi le Prix Landerneau se démarque-t-il des autres ? On aurait pu imaginer un Prix plus axé sur la littérature bretonne, par exemple. Quelle est votre politique de sélection ?
Un prix axé sur la littérature Bretonne n'est pas exclu... Simplement il concernerait la région Bretagne. La force du Prix Landerneau réside principalement dans le fait que nous réunissons des libraires bretons mais aussi normands, provençaux, des libraires de toutes les régions de France... Mais puisque vous l’évoquez, en parallèle, nos Espaces Culturels de Bretagne ont lancé un certain nombre de partenariats pour promouvoir la culture bretonne.

Qu
’attendez-vous concrètement des blogs amateurs à qui vous confiez les six derniers romans en lice ?
L’année dernière, avec le lancement du Prix Landerneau, nous avons eu envie de nous ouvrir à cette communauté passionnée que représente la blogosphère littéraire. L’idée était de coller à notre vocation, à savoir faire découvrir des ouvrages et des auteurs, et également créer l’échange. Nous avons été enthousiasmés par l’accueil que nous ont réservé les blogueurs. Chacun s’est en effet complètement prêté au jeu du “Prix” et a décerné son propre Prix Landerneau. Il est extrêmement intéressant pour nous de pouvoir nous confronter aux choix et aux goûts de lecteurs passionnés, avides d’émotions et de découvertes. J’en profite donc pour remercier tous les blogueurs qui comme vous, partagent avec nous l’aventure du Prix Landerneau !

La lauréate 2008 est Yasmine Char : que s
’est-il passé pour elle depuis ? Son Prix a-t-il été un réel tremplin ?
Si l’on prend l’exemple de Yasmine Char, le Prix Landerneau semble effectivement être un véritable tremplin. Son ouvrage, “La main de Dieu", dont les ventes étaient restées assez confidentielles jusque là, a été réimprimé et ses ventes ont été boostées y compris en dehors du réseau des Espaces Culturels E.Leclerc. Cela contribue à permettre à Yasmine d'envisager plus sereinement l’élaboration de son deuxième roman.

Enfin, puisque nous sommes tous liés à la littérature, quels sont vos coups de c
œurs littéraires du moment ?
... “Le marin américain”, de Karsten Lund. “Histoire d'un mariage” de Andrew Sean Greer... et deux titres parmi les finalistes du prix Landerneau que je tairai pour l'instant !

mercredi 13 mai 2009

Prix Landerneau



Le Prix Landerneau, édition 2009 est lancé !
Cela fait un an que Michel-Edouard Leclerc, avec ses Centres Culturels, propose ce prix littéraire.

Info :

Le prix Landerneau a été créé en 2008 par les Espaces Culturels E.Leclerc. Il est attribué à un "auteur d'expression française dont le talent n'a pas encore rencontré un large public". L'objectif est de "favoriser la découverte de nouveaux talents et l’accessibilité, par le choix d’un texte développant une vraie histoire, forte de ses enjeux et de l’originalité de ses thèmes".

L'an dernier j'avais été frustrée de voir plusieurs blogs parler de ce prix et recevoir les romans en lice, et moi non. Car ma ville natale est Landerneau quand même !  ;)
Je suis donc très honorée de participer à cette édition, et je remercie vivement Elodie Giraud de m'avoir envoyé ces six romans !


* L'origine de la violence, Fabrice Humbert
Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie.
Rentré en France, il retrouve son père, sa famille, mais le souvenir de la photographie ne le quitte plus. Il décide alors de se lancer dans une recherche qui va bouleverser sa vie.
Ce détenu, nommé David Wagner, se révèle être son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l’autre famille, la branche Wagner, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n’évoque l’existence. Et c’est le destin croisé de ces deux familles, deux générations plus tôt, lorsque l’ambitieux David Wagner rencontra le riche Marcel Fabre et sa femme Virginie, qui éclate alors au grand jour, ainsi que les terribles conséquences que la liaison entre David et Virginie entraîna.
Au cours de sa quête à travers la France et l’Allemagne, dans la nouvelle vie qu’il tâche d’inventer avec une Allemande qu’il vient de rencontrer, le jeune homme se rend compte qu’on ne se débarrasse pas si facilement du passé – ni du sien ni de celui de sa famille. Lorsqu’on remonte à l’origine de la violence, c’est sa propre violence qu’on finit par rencontrer.
L’Origine de la violence est un roman ample, maîtrisé de part en part, dans lequel l’intrigue oscille entre le présent du narrateur et les éléments du passé qu’il révèle. Sa forme originale, teintée d’une part d’autofiction, permet à Fabrice Humbert d’aborder ici, avec beaucoup de respect et de subtilité, sans faux-semblants ni manichéisme, une page parmi les plus sombres de l’histoire.


* A l'angle du renard, Fabienne Juhel
Arsène Le Rigoleur est un paysan d'une quarante d'années, vivant en Bretagne intérieure, ancré à sa terre et rusé comme un renard. Son village, c'est son territoire, et gare à ceux qui viendraient fouiner dans ses histoires. Dans la métairie voisine, une belle ferme rénovée du XVIIe siècle, une famille d'urbains vient de s'installer, les Maffart. Ils appartiennent au monde détesté de la ville. Dès les premières incursions de leurs deux enfants dans la cour du Rigolur, la peur s'installe. Qui est-il vraiment ?

* L'homme barbelé, Béatrice Fontanel
Héros de la guerre de 14, Ferdinand a vécu Verdun, Douaumont, les Eparges, le Chemin des Dames avant de rejoindre, deux mois avant l’Armistice, le Front d’Orient, puis il participe à la campagne de Syrie jusqu’en novembre 1919. Résistant durant la seconde guerre mondiale, il est arrêté en mars 1944 pour trafic de faux papiers, puis déporté au camp de Mauthausen où il meurt en janvier 1945. Entre ces deux dates – la fin de la première guerre mondiale et son arrestation par la Gestapo -, il se marie avec Thérèse dont il a quatre enfants. Tyran domestique, il terrorise sa famille sans jamais porter la main sur elle. Lorsqu’il est arrêté, le soir du 10 mars 1944, il est emmené avec sa femme et son plus jeune fils de 17 ans, Kiki. L’épouse et le fils attendent toute la nuit dans un salon, sans échanger un mot, pendant qu’ils entendent Ferdinand se faire torturer dans la pièce d’à côté. Au petit matin, on emmène le père qu’ils ne reverront jamais plus. Thérèse et Kiki sont libérés. Lorsqu’on demande au fils ce qu’il a ressenti, à ce moment précis, il réfléchit un instant et répond : « Je me suis dit : Enfin une journée tranquille. »

* Un dieu un animal, Jerôme Ferrari
Un jeune homme a pris la décision de quitter son village natal pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert qu’investirent tant d’armées, sous des uniformes di - vers, après le 11 septembre 2001. De retour du checkpoint où la mort n’a pas voulu de lui, ce survivant dévasté est condamné à affronter parmi les siens une nouvelle forme d’exil. Il se met alors en demeure de retrouver la jeune fi lle de ses rêves d’adolescent, mais cette dernière semble avoir disparu sous les traits d’une jeune femme désormais vouée corps et âme à son entreprise… Requiem pour une civilisation contemporaine médusée par les sombres mirages de la guerre comme par la violence inouïe de l’horreur économique, cérémonie cruelle et profane qu’illumine l’ardente invocation d’un improbable salut, Un dieu un animal retentit des échos du chant bouleversant que fait entendre une humanité crucifi ée sur l’autel de la dépossession.

* Les mains nues, Simonetta Greggio

Emma est vétérinaire de campagne. À quarante-trois ans, au beau milieu d’une vie rude, autarcique et solitaire, elle voit débarquer le jeune Giovanni, adolescent fugueur de quatorze ans, dont elle a autrefois connu les parents, Micol et Raphaël. Ce qui s’est joué entre elle et les parents de Giovanni, elle a voulu l’oublier, l’enfouir au plus profond. Elle souhaiterait que Giovanni parte, mais il reste. Et s’installe peu à peu entre eux une histoire tendre, fiévreuse et maladroite. 
Lorsque Micol revient chercher son fils, elle croit comprendre l’irréparable, la liaison entre Emma et Gio. Il y aura procès. Il y aura vengeance. Mais de quoi, et de qui, se venge-ton ? D’un amour qui reste tabou ? Ou d’un passé dont les blessures ne se sont pas refermées ?

Sur un sujet délicat, Simonetta Greggio livre un roman subtil autant qu’âpre et inattendu, porté de bout en bout par la voix d’Emma. Portait d’une femme aux mains nues et rugueuses dont la vie se trouve soudainement bousculée.


* L'attente du soir, Tatiana Arfel
Ils sont trois à parler à tour de rôle, trois marginaux en bord de monde.
Il y a d’abord Giacomo, vieux clown blanc, dresseur de caniches rusés et compositeur de symphonies parfumées. Il court, aussi vite qu’il le peut, sur ses jambes usées pour échapper à son grand diable noir, le Sort, fauteur de troubles, de morts et de mélancolie.
Il y a la femme grise sans nom, de celles qu’on ne remarque jamais, remisée dans son appartement vide. Elle parle en ligne et en carrés, et récite des tables de multiplications en comptant les fissures au plafond pour éloigner l’angoisse.
Et puis il y a le môme, l’enfant sauvage qui s’élève seul, sur un coin de terrain vague abandonné aux ordures. Le môme lutte et survit. Il reste debout. Il apprendra les couleurs et la peinture avant les mots, pour dire ce qu’il voit du monde. Seuls, ces trois-là n’avancent plus. Ils tournent en rond dans leur souffrance, clos à eux-mêmes. Comment vivre ? En poussant les parois de notre cachot, en créant, en peignant, en écrivant, en élargissant chaque jour notre chemin intérieur, en le semant d’odeurs, de formes, de mots. Et, finalement, en acceptant la rencontre nécessaire avec l’autre, celui qui est de ma famille, celui qui, embarqué avec moi sur l’esquif ballotté par les vents, est mon frère.
On ne cueille pas les coquelicots, si on veut les garder vivants. On les regarde frémir avec ces vents, dispenser leur rouge de velours, s’ouvrir et se fermer comme des cœurs de soie. Giacomo, la femme grise, le môme, que d’autres ont voulu arracher à eux-mêmes, trouveront chacun dans les deux autres la terre riche, solide et lumineuse, qui leur donnera la force de continuer.



J'ai un ou deux romans de ma PAL à terminer puis je pense que je commencerai par L'origine de la violence, le sujet me plaît bien :)
Le Prix, quant à lui, sera décerné au mois de juin.

dimanche 12 octobre 2008

Prix Nobel de Littérature pour JMG




Jean-Marie Gustave Le Clézio (il signe J.M.G. Le Clézio), né le 13 avril 1940 à Nice, est un écrivain franco-mauricien. Il connaît très vite le succès avec son premier roman publié, Le Procès-verbal, en 1963. Jusqu'au milieu des années 1970, son œuvre littéraire porte la marque des recherches formelles du nouveau roman. Par la suite, influencé par ses origines familiales mêlées, par ses incessants voyages et par son goût marqué pour les cultures amérindiennes, J.M.G. Le Clézio publie des romans qui font une large part à l'onirisme et au mythe (DésertLe Chercheur d'or), ainsi que des livres à dominante plus personnelle, autobiographique ou familiale (L'Africain). Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages de fiction (romans, contes, nouvelles) et d'essais.
Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 2008, en tant qu' "écrivain de nouveaux départs, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante."





Le Prix Nobel de Littérature vient donc d'être descerné à JMG pour l'ensemble de son Oeuvre. Et de son oeuvre, justement, je n'en ai lu qu'une, Le déluge. C'était une lecture dite forcée car elle était au programme de mon cursus Lettres Modernes. Et javais un a priori sur JMG. Rattaché au Nouveau Roman, donc auteur soporifique.
Mais à le lecture, ça a été une agréable découverte. Quelle poésie ! Je garde un joli souvenir de cette lecture. Par contre, je n'ai pas été plus loin, faute de temps.
 Allez, je vais rajouter Le procès verbal  à ma PAL !
En tout cas, un coup de cocorico et un coup de biniou pour ce Prix Nobel tant mérité, car JMG était en lice presque tous les ans !

vendredi 20 juin 2008

Le Prix Landerneau


Je viens d'apprendre la création d'un nouveau prix littéraire :
Le Prix Landerneau.
C'est un prix qui me tient à coeur, car Landerneau, c'est ma ville !
Il est lancé, la ville vous donne un sacré indice, par les Centres Culturels Leclerc.

Certains bloggeurs ont eu la chance de recevoir la sélection il y a peu pour les lire.
Malheureusement, on ne m'a pas contactée, Landernéenne que je suis !
Mais bon, on ne peut pas tout avoir !
Enfin bref, je voulais juste vous présenter un noveau pirx littéraire qui porte bien son nom !






Le prix vient en fait d'être descerné à Yasmine Char pour La main de Dieu.



A l’occasion d’un café littéraire qui s’est tenu mardi 3 juin à l’hotêl Raphael (Paris, 16e), l’enseigne Espace culturel Leclerc a présenté sa sélection littéraire pour le premier prix Landerneau qui sera décerné le 16 juin.
Pour sa première édition, le prix Landerneau des espaces culturels Leclerc sera décerné le 16 juin. Le lauréat sera l’un des huit finalistes de la sélection présentée mardi 3 juin à l’occasion d’un café littéraire qui a réuni les auteurs sélectionnés, quelques libraires de l’enseigne ainsi que Michel-Edouard Leclerc, président des centres E.Leclerc.
Les 140 libraires du réseau culturel ont retenu : Camille de Perretti pour Nous vieillerons ensemble (Stock), Véronique Ovaldé pour Et mon cœur transparent (L'Olivier), Antoni Casas Ros pour Le théorème d'Almodovar (Gallimard), Joseph Bialot pour Le jour où Einstein s'est échappé (éditions Métailié), Claire Wolniewicz pour Le temps d'une chute (Viviane Hamy), Antoine Laurain pour Fume et tue (Le Passage), Yasmine Char pour La Main de Dieu (Gallimard) et Michèle Halberstadt pour L'Incroyable histoire de Mademoiselle Paradis (Albin Michel). Le choix final sera confié à un jury présidé par l’écrivan Jean Rouaud et composé de deux autres auteurs (Joel Egloff et Laurence Tardieu) ainsi que de six libraires réunis autour de Michel-Edouard Leclerc.
Le lauréat bénéficiera d’une dotation de 6 000 euros mais aussi du soutien d’une campagne de presse nationale et d’une mise en valeur dans le réseau des 140 espaces culturels Leclerc où il pourra rencontrer son public via des séances de dédicaces et des conférences.

[ (c) LivresHebdo ]


dimanche 27 avril 2008

Prix des Lecteurs du Télégramme


De Mars à Juin 2008,
Le Télégramme organise son
  6ème Prix des Lecteurs



Ce prix a pour but de récompenser un roman, récit ou témoignage d’un auteur vivant, français ou étranger. Il s’inscrit dans la volonté du Télégramme d’accorder une place de choix à la culture en général et à la littérature en particulier.
De mars à juin, les lecteurs lisent, rencontrent les auteurs, élisent leur coup de cœur. L’opération s’appuie sur le réseau des bibliothèques et des librairies bretonnes qui mettront les livres en avant, distribueront les bulletins d’inscription, accueilleront les rencontres avec les auteurs.

Le prix doté de 10 000 € sera remis à l’auteur lauréat en juin 2008. 30 bulletins d’inscription seront tirés au sort et ces lecteurs recevront chaque mois pendant un an des chèques-lire d’une valeur de 15 €.

Le Prix des lecteurs du Télégramme qui enregistre plus de 900 inscrits et près de 700 votants, est le prix littéraire qui rassemble le plus de votes.






Romans en lice :
La Baie d'Alger de Louis Gardel (Seuil )
Tribulations d'un précaire de Iain Levinson (Liana Levi)  ***
Intrigue à l’anglaise de Adrien Goetz (Grasset)  ***
La Chaussure sur le toit de Vincent Delecroix (Gallimard)  **
Ton silence est un baiser de Denis Labayle (Julliard)
Un acte d’amour de James Meek (Métailllé)
Palestine de Hubert Haddad (Zulma)
Les Discrets de Arnaud Le Gouëfflec (Ginkgo)
L'interprétation des meurtres de Jed Rubenfeld (Panama)
La femme de l'Allemand de Marie Sizun (Arléa)

Les romans que j'ai lu sont surlignés, cliquez sur les étoiles pour accéder aux critiques !

mardi 13 novembre 2007

Le Goncourt des Lycéens

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Le Prix Goncourt des Lycéens a été créé en 1988 par la Fnac en collaboration avec le rectorat de Rennes et avec l'attention bienveillante de l'Académie Goncourt. Il a acquis d'année en année le prestige d'un véritable prix littéraire jusqu'à devenir un rendez-vous incontournable de la rentrée littéraire.
Le jury se compose de lycéens âgés de 15 à 18 ans qui lisent sous la supervision de leur professeur de lettres, une douzaine de romans en deux mois issus de la sélection officielle de l'Académie Goncourt.


Quand j'étais en Deust, en 2003, j'ai participé au Goncourt des Lycéens. Il s'agissait d'encadrer les lycéens et de présenter les auteurs. En effet, pendant deux jours, des classes participant au jeu se sont retrouvées à Rennes pour rencontrer les auteurs. Ces rencontres étaient très intéressantes.
Cette année là, c'est Yann Appery qui l'avait remporté avec son Farrago.
Je trouve cette initiative vraiment très bien. Elle désacralise enfin le Goncourt en montrant que la sélection est accessible à tous.


Je vous rappelle donc la dernière selection du Prix Goncourt 2008 :
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Et c'est Philippe Claudel qui l'emporte, avec Le rapport de Brodeck.
Philippe Claudel, justement, il nous parlait de ses Ames grises, en 2003...
Je ne l'ai pas encore lu, mais il me donne envie... :)
Même si j'étais persuadée qu'Olivier Adam avait vraiment ses chances...



Résumé :
Le métier de Brodeck n’est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l’état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s’améliore.
« On ne te demande pas un roman, c’est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c’est tout, comme pour un de tes rapports. »
Brodeck accepte. Au moins d’essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu’il ne sait pas s’exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d’accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l’extrême, il ne veut rien cacher de ce qu’il a vu, il veut retrouver la vérité qu’il ne connait pas encore. Même si elle n’est pas bonne à entendre.
« A quoi cela te servirait-il Brodeck ? s’insurge le maire du village. N’as-tu pas eu ton lot de morts à la guerre ? Qu’est-ce qui ressemble plus à un mort qu’un autre mort, tu peux me le dire ? Tu dois consigner les événements, ne rien oublier, mais tu ne dois pas non plus ajouter de détails inutiles. Souviens-toi que tu seras lu par des gens qui occupent des postes très importants à la capitale. Oui, tu seras lu même si je sens que tu en doutes... » Brodeck a écouté la mise en garde du maire.
Ne pas s’éloigner du chemin, ne pas chercher ce qui n’existe pas ou ce qui n’existe plus. Pourtant, Brodeck fera exactement le contraire.

mercredi 7 novembre 2007

Prix Renaudot 2007

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Daniel Pennac, cet auteur de littérature jeunesse et adulte, s'est enfin vu decerner un prix, le Prix Renaudot. Pennac, je l'ai découvert dans les "Je bouquine" avec la série des Kamo. Et je l'ai toujours suivi, d'un peu trop loin, certes. Mais je suis contente que son talent ait été récompensé !
Bon, j'avoue, je ne l'ai pas  encore lu. Mais celui-là, promis, je le lirai !



Daniel Pennac a reçu lundi 5 novembre 2007 le prix Renaudot pour Chagrin d'école (Gallimard). Daniel Pennac  ne figurait pas parmi les sélections. Son "Chagrin d'école" a recueilli 6 voix, contre 5 (la voix du président du jury comptant double) à Christophe Donner, donné favori, qui avait été pour sa part sélectionné pour "Un roi sans lendemain" (Grasset).
(c)  Prix-littéraires.net



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Chagrin d'école,
Daniel Pennac,
Ed. Gallimard, 2007




L'avis de la Fnac :
« Donc, j’étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l’école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier. (Champagne !) Fermé à l’arithmétique d’abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inapte à l’apprentissage des langues étrangères, réputé paresseux (leçons non apprises, travail non fait), je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachetaient ni la musique, ni le sport, ni d’ailleurs aucune activité parascolaire. » Dans la lignée de Comme un roman, Chagrin d’école est donc un livre qui concerne l’école. Non pas l’école qui change dans la société qui change, mais, « au cœur de cet incessant bouleversement, sur ce qui ne change pas, justement, sur une permanence dont je n’entends jamais parler : la douleur partagée du cancre, des parents et des professeurs, l’interaction de ces chagrins d’école ». Daniel Pennac entremêle ainsi souvenirs autobiographiques et réflexions sur la pédagogie et les dysfonctionnements de l’institution scolaire, sur la douleur d’être cancre et la soif d’apprendre, sur le sentiment d’exclusion et l’amour de l’enseignement. Entre humour et tendresse, analyse critique et formules allant droit au but, il offre ici une brillante et savoureuse leçon d’intelligence. Ce Chagrin d’école s’impose déjà comme un livre indispensable.

Goncourt 2007

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Pour la première fois dans ma vie, j'attendais le résultat du Goncourt avec impatience.
J'étais largement pour Olivier Adam. Mais il est arrivé second ! Bon, c'est déjà bien, d'autant plus que les articles parlent autant du lauréat, Gilles Leroy que du second.
J'avoue que je ne connais le détenteur du Goncourt, mais, allez, dans l'année je le lis !  Dans l'année car j'imagine que les bibliothèques seront prises d'assaut !
Mais voilà, je suis déçue pour Olivier Adam. Peut-être le Goncourt des Lycéens.. ?







g07t.jpgAutour de la table des jurés du prix Goncourt, chez Drouant, quelques minutes après qu'ait été rendu public le nom du lauréat 2007, Bernard Pivot a accepté de revenir sur le choix de Gilles Leroy, récompensé cette année pour «Alabama Song»

 Le choix a été très compliqué. C'était prévu. Au fond, tout s'est passé exactement comme prévu : on ne savait pas qui aurait le prix, mais on savait que ce serait difficile, et très ouvert. Il n'y a pas eu d'empoignades, chacun a dit au départ ce qu'il pensait des livres. J'ai peut-être été le plus long à parler d'ailleurs, avec François Nourrissier. Et puis on a voté... Jusqu'au 10e tour, il faut la majorité absolue. On a compris qu'il n'y aurait pas de majorité absolue. Et la majorité relative n'est arrivée qu'au 14e tour, pour départager Gilles Leroy et Olivier Adam...
C'était très compliqué pour le jury, mais aussi très compliqué pour moi, parce que j'aimais les deux livres. J'ai même voté pour les deux, alternativement. J'aurais voulu que les deux aient le Prix Goncourt...
«Alabama Song» et «A l'abri de rien» sont deux histoires de femmes. D'ailleurs, dans les cinq romans de la dernière sélection, quatre racontaient des aventures féminines. C'est assez étonnant. Le seul où il n'y avait pas de femme héroïne, c'était «le Rapport de Brodeck», de Philippe Claudel, qui n'a pas eu de voix.
Mes deux favoris étaient cependant très différents: l'histoire de Zelda est celle d'une grande bourgeoise qui a beaucoup de qualités et tout pour avoir une vie facile; de l'autre côté, l'héroïne d'Olivier Adam est dans une misère à la fois psychologique, langagière et sociale... Si on lui demandait de juger Zelda Fitzgerald - on n'oserait d'ailleurs même pas lui poser la question - elle répondrait: «elle se fout de moi, elle a tout pour être heureuse et elle ne l'est pas, quelle erreur». Ce n'est pas Zelda qui irait s'occuper des sans-papiers du côté de Calais ou de Cherbourg!
La grande réussite de Gilles Leroy tient à son style très brillant, enchanteur, flamboyant. C'est un livre où l'on passe constamment d'une époque à une autre, avec une grande ambition structurelle et, surtout, un style moderne qui - sans essayer de copier le style du début du XXe siècle- fait de Zelda une femme d'aujourd'hui, avec ses problèmes de solitude, d'alcoolisme, ses rapports avec un mari qui l'étouffe... C'est cela qui m'a conquis dans le livre. D'ailleurs, je l'avais écrit dès la fin août dans le «Journal du dimanche».
Evidemment, il prend le parti de Zelda contre son mari, mais ce sont les droits du romancier: il a le droit de faire ce qu'il veut. Il invente des détails, même si le canevas reste fidèle à la vie de son modèle: elle termine folle dans la vie, elle termine folle dans le livre de Leroy. Cette façon de s'emparer de personnages réels est sans doute une mode, une tendance contemporaine de la littérature. Mais il ne s'agit pas ici pour le romancier d'inventer quand il ignore ce qui s'est passé - ce serait alors du roman historique. Leroy prend de la hauteur par rapport à son personnage, il choisit de la croquer comme un peintre qui aurait eu envie de faire son portrait. Il dit ici qui est Zelda pour lui. C'est elle qui l'obsède, pas Scott Fitzgerald.
Il est sûrement un peu amoureux de Zelda - son mari n'est pas le seul à l'avoir été... Car il fallait aimer cette femme, en effet, pour la rendre aussi séduisante, en dépit de tous ses défauts, son narcissisme, son alcoolisme... Le résultat littéraire est le portrait d'une femme qui vit, qui est constamment dans le mouvement. Celui d'une battante.
Gilles Leroy a également su entrer dans la tête d'une femme. Il n'est pas le premier bien sûr. Flaubert avait déjà fait cela il y a un moment, avec «Madame Bovary», et n'avait pas trop mal réussi son coup... C'est le privilège des grands romanciers: ils se mettent dans la peau de qui ils veulent : un personnage vrai ou un personnage inventé, une femme, un homme ou, pourquoi pas, un transsexuel.
J'ai aussi beaucoup défendu le livre d'Olivier Adam, parce qu'il trouve beaucoup d'échos dans l'actualité. L'héroïne d'«A l'abri de rien» est saisie par une compassion excessive, et se met à oublier ce qu'elle doit à sa famille, son mari, ses enfants. Avec l'Arche de Zoé, aujourd'hui, c'est un peu la même chose qui se produit: on voit des gens qui d'un seul coup, par compassion, par amour des enfants des autres, transgressent les lois et vont au-delà de ce qu'ils doivent faire.
Philippe Claudel n'a eu aucune voix. Mais on savait avant de commencer que sur les cinq romanciers sélectionnés, il était celui dont les chances étaient infimes. Parce qu'il avait eu le Renaudot il y a quatre ans [pour «les Ames grises»], et aussi un peu à cause des «Bienveillantes»: couronner à nouveau un roman qui parlait de la guerre et des camps de concentration, même si Claudel a un talent indiscutable, c'était difficilement envisageable. Il a été la victime de Jonathan Littell, c'est sûr.
Pour les autres, en revanche, on ne pouvait pas savoir, c'était très ouvert : Michèle Lesbre et Clara Dupond-Monod ont chacune failli revenir dans la course ; et même Amélie Nothomb, qui avait été éliminée de la dernière sélection, s'est retrouvée avec une voix cette fois-ci. Sans doute celle de Sabatier, ce n'est pas vraiment un secret...

Propos recueillis par Grégoire Leménager pour Bibliobs





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Alabama Song,
Gilles Leroy,
Mercure de France, 2007


Mot de l'éditeur :
Les garçons des clubs, les jeunes officiers du mess, je les tiens dans ma main gantée de fil blanc. Je suis Zelda Sayre. La fille du Juge. La future fiancée du futur grand écrivain.
Du jour où je l’ai vu, je n’ai plus cessé d’attendre.
Et d’endurer, pour lui, avec lui, contre lui.
Montgomery, Alabama, 1918. Quand Zelda, « Belle du Sud », rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s’est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du tout New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes…
Gilles Leroy s’est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister…
Mêlant avec brio éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy signe ici son grand « roman américain ».



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