mardi 30 juin 2026

Du Jubillar ou du cochon ?

Du Jubillar ou du cochon ?

Romain Puértolas,
Ed. du Fakir, 2026


Mot de l'éditeur :

« Pendant qu’à trente kilomètres de là, à Albi, le monde tergiversait sur la culpabilité de Cédric Jubillard, le nombre de joints qu’il fumait et l’heure à laquelle il allait promener les chiens, moi, je faisais la seule chose qui importait vraiment dans toute cette affaire, chercher l’endroit où il avait enterré Delphine... »

Pendant plus de cinq mois, dans le plus grand secret, au gré des salons du livre et librairies auxquels il était invité dans la région (Castelmaurou, Pampelonne, Gaillac), l’ancien capitaine de police, auteur de L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté dans une armoire Ikea, a enquêté sur l’affaire du moment. Dans ce récit aussi étayé que sarcastique, il continue dans sa lignée de « roman-quêtes » amorcée par Comment j’ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès et Ma vie sans moustache, livre son intime conviction sur cette affaire d’actualité et les pistes sur l’endroit où pourrait se trouver Delphine.



Ma lecture :


Et si le meilleur enquêteur sur l'affaire Jubillar n'était ni un policier, ni un juge... mais un romancier ? 

Ancien policier, Romain Puértolas aime décortiquer les affaires criminelles non élucidées ou ctrop vite bâclées. Dans Du Jubillar ou du cochon, il se penche sur l'affaire Jubillar : cette nuit de décembre où Delphine disparaît sans laisser de trace. Problème : toujours pas de corps, toujours pas de preuve matérielle.   

dimanche 28 juin 2026

La loi des catacombes

La loi des catacombes,

Marion Bertoli,
Ed. Hugo, 2025


Mot de l'éditeur :

Pour Lucas, retrouver les imbéciles perdus dans les méandres silencieux des catacombes parisiennes est une activité régulière. Alors qu’il est chargé d’aller sauver Axel, égaré stupidement après une soirée clandestine dans le dédale, Lucas ne s’attend pas à autre chose qu’un petit boulot rapide.

Mais s’il est habitué à concocter des sorts de protection et des incantations magiques, frayer avec les fantômes et autres créatures qui peuplent les ombres d’une société qui n’a pas conscience de leur existence, affronter le destin est une tout autre paire de manches. Car Axel ne s’est pas simplement perdu. Il a été maudit par une force surnaturelle très puissante, tapie dans les sous-sols de la Ville Lumière.

Liés l’un à l’autre, les deux jeunes hommes que tout oppose vont devoir apprendre à se supporter pour s’en sortir. Surtout que le destin n’est pas le seul à intervenir dans la vie de Lucas et qu’un ennemi qui le poursuit depuis toujours est bien déterminé à obtenir ce qu’il veut de lui.


Dealer : Seconde main


Ma lecture :

Avec cette canicule, je voulais lire un roman sur les catacombes parisiennes. Il y en a peu, et j'ai trouvé celui-ci, entre aventure, fantastique et romance. C'est le côté aventure que je cherchais. 

lundi 22 juin 2026

Comment j'ai survécu quinze ans avec trente euros

Comment j'ai survécu quinze ans avec trente euros,

La méthode Ligonnès,
Romain Puértolas,
Ed. Le fakir dans l'armoire, 2026


Mot de l'éditeur :

Suite à la publication de mon roman Comment j’ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès, les choses s’emballèrent à une vitesse folle. Un mercredi soir, à 22h56 précises, un certain Freddy me contacta sur Instagram. Il affirmait avoir retrouvé sur Google Maps la trace d’une C5 conduite par un homme pouvant être Xavier Dupont de Ligonnès en avril 2011 aux environs de Draguignan. La date correspondait, les lieux aussi. Ce fut le premier d’une longue série de témoignages, photos à l’appui, des quatre coins du monde qui me firent retomber dans cette folie contre laquelle je m’étais battu toutes ces années et que je pensais avoir vaincue. À une différence près. Je n’étais maintenant plus seul. Toute la France était derrière moi…


Ma lecture :

L'affaire Dupont de Ligonnès est sans doute le mystère criminel qui me passionne le plus, car chacun peut y aller de ses spéculations. Vivant ou mort ? Telle est la question. 

jeudi 18 juin 2026

Esprit d'hiver

Esprit d'hiver,

Laura Kasischke,
Ed. Christian Bourgeois, 2013


Mot de l'éditeur :

En ce matin de Noël, Holly se réveille, en retard, hantée par un funeste pressentiment : l'impression que, quand elle est partie en Russie avec son mari treize ans plus tôt pour adopter Tatiana, quelque chose les a suivis jusque chez eux.

Tandis qu'Holly tente de dissiper cette angoisse inexplicable, son mari, Eric, part en hâte pour l'aéroport où il doit retrouver ses parents venus fêter Noël avec eux.

Très rapidement, les incidents s'enchaînent : un blizzard fulgurant se lève et interrompt progressivement toute possibilité de circulation automobile sur les routes environnantes.

Alors qu'Eric se retrouve bloqué à l'hôpital où il a dû conduire d'urgence ses parents, les autres invités se décommandent successivement. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana. Se met alors en place un huis clos hivernal au fil duquel le comportement de sa fille apparaît de plus en plus étrange et incohérent...


Ma lecture :

Pour mon club de lecture, je devais lire un roman avec un lit sur la couverture. Pas facile, hein ? J'ai exploré ma bibliothèque et je suis tombée sur ce roman, Esprit d'hiver
Et, pour l'anecdote, la thématique du club de lecture initialement tirée au sort était "roman de Noël" et, étant quasiment en été, j'avais opposé mon droit de veto. Résultat des courses, ce roman se déroule...à Noël ! Bref.

Esprit d'hiver, donc.
Eric, Holly et leur fille Tatiana se réveillent plus tard que d'habitude le matin de Noël. Les voilà en retard pour aller chercher les parents d'Eric à l'aéroport et pour préparer les festivités. L'énorme rôti attend sagement dans le frigo. Le sapin est illuminé. La neige est au-rendez-vous. Un peu trop peut-être. Un blizzard paralyse bientôt les routes. Eric et ses parents sont coincés à l'hôpital. Les autres invités se décommandent les uns après les autres.

Holly est seule avec Tatiana, leur fille adoptée en Sibérie il y a quinze ans. Leur magnifique fille aux cheveux noirs de jais et au teint si pâle qu'il semble parfois bleuté. Mais au lieu d'aider sa mère dans les préparatifs, la jeune fille adopte un comportement étrange et retourne se coucher...

Esprit d'hiver est un roman vraiment intéressant. Il se déroule pendant cette journée de Noël, suspendue dans le blizzard. La neige est oppressante et fausse les communications. Et Holly a un étrange pressentiment, ce matin-là, au sujet de sa fille. Et si quelque chose les avait suivis de Sibérie, après l'adoption ? Que savent-ils réellement de la famille de Tatiana ? Quels secrets son passé pourrait-il dissimuler ? Voilà le lecteur embarqué dans une narration floue entre les préparatifs de Noël, le processus d'adoption, et le comportement incohérent de Tatiana. Nous sommes pris par le blizzard, enfermés dans ce huis-clos où tout semble étrange. Ce rôti dont le sang coule sur le col, cette guirlande de Noël branchée puis débranchée, et Tatiana, fantomatique. 

On sent vraiment qu'il se passe quelque chose de bien étrange dans cette maison perdue dans le blizzard. Le rythme est extrêmement lent, la narration décousue, on peine à avancer dans ce brouillard. Ce qui m'a tenue, c'est de de comprendre la clé de ce mystère. Et quel clé !

J'ai beaucoup aimé la réussite de cette ambiance oppressante dans la neige, véritable leitmotiv du roman. On avance pas à pas dans la neige, aveuglés par le blizzard pour découvrir une fin tout à fait bouleversante. Magistrale Laura Kasischke.

jeudi 11 juin 2026

La Prophétie du diamant

La Prophétie du diamant,

Alexandre Murat,
Ed. Fleuve noir, 2025


Mot de l'éditeur :

Séville, 1492.
Aftalion Benveniste, un diamantaire juif réputé, sent l'étau de l'Inquisition espagnole se refermer sur lui. La mystérieuse commande de trois chevaliers pour un diamant très spécial va précipiter sa fuite vers Anvers...

Boston, 2022.
Alex, professeur d'histoire des Civilisations à Harvard, reçoit un étonnant colis sans adresse d'expéditeur. Le pli contient un carnet vieux de plus de cinq siècles : le journal d'un certain Aftalion Benveniste. Ce récit en apparence anodin les entraînera, sa compagne Mary et lui, dans une course contre la montre à travers le monde pour retrouver un parchemin qui pourrait bouleverser les fondations de l'Église catholique. Face à eux, deux adversaires de taille : une secte de fanatiques religieux prête à tout pour mener à bien sa mission apocalyptique, et le Vatican, déterminé à mettre la main en premier sur ce texte ancestral.


Ma lecture :

Un roman d'aventure ésotérique qui nous entraîne de Boston au Vatican sur la piste d'un secret capable d'ébranler l'Église catholique. 

mercredi 3 juin 2026

Si le rôle de la mer est de faire des vagues

Si le rôle de la mer est de faire des vagues,

Kim Yeon-su,
Ed. Picquier, 2015


Mot de l'éditeur :

Si le rôle de la mer est de faire des vagues, mon rôle à moi est de penser à toi. Depuis que nous avons été séparées, je ne t’ai jamais oubliée, pas même un seul jour.

Un jour, Camilla reçoit six cartons de vingt-cinq kilos qui contiennent toute son enfance. Entre un ours en peluche et un globe terrestre, la photo d’une jeune fille, petite et menue : celle de sa vraie mère avec un bébé dans les bras. Camilla a été adoptée peu après sa naissance par un couple d’Américains. Aujourd’hui elle a vingt et un ans et décide de partir en Corée à la recherche de sa mère.

Au fil d’une enquête aux multiples bifurcations, chacun livre sa version de l’histoire bouleversante de cette lycéenne de seize ans devenue mère, les rumeurs, les secrets, les tragédies, le mystère de l’identité du père. Peu à peu Camilla remplit les blancs de son passé, qui se confond avec celui de cette petite ville portuaire où elle est née, et toute sa vie s’en trouve changée.

Un roman riche en harmoniques, à l’imaginaire poétique et émouvant, enraciné dans la réalité sociale de la Corée d’aujourd’hui.


Ma lecture :

Un roman coréen puissant sur l'adoption et la quête des origines.

Camilla a grandi aux Etats-Unis, élevée par ses parents adoptifs. Ses véritables racines se trouvent en Corée du Sud. À la mort de sa mère adoptive, son père lui fait parvenir les cartons de son enfance : vingt-cinq kilos de souvenirs. Parmi eux, une vieille photographie. Une jeune femme asiatique tient un bébé dans ses bras devant un camélia éclatant.
"La photo qui, sans que je puisse expliquer pourquoi, semble montrer que le monde est meilleur que ce que l'on croit."

Quelque chose vacille alors en elle. À partir de cette image, elle décide de regarder son passé en face et de partir à la rencontre du pays qui l'a vue naître.

Commence alors une quête portée par une photographie et le nom d'une ville : Junam. Peu à peu, un monde enfoui se dévoile. Des fragments de mémoire remontent à la surface. D'autres voix s'ajoutent à celle de la narratrice, Camilla. Le procédé est très poétique, philarmonique mais parfois cacophonique. En effet, nous passons d'une voix à l'autre ce qui rend le récit décousu. Je suis frustrée d'être passée à côté d'un roman d'une magnifique puissance. Cette impression trouve d'ailleurs un écho dans les derniers mots de l'autrice :
"J'espère de tout mon cœur que vous pourrez lire ce que je n'ai pas écrit dans ce roman."

Si le rôle de la mer est de faire des vagues est un roman bouleversant sur l'adoption. Du côté de la mère comme de celui de l'enfant. Du côté des gestes empêchés, des rendez-vous manqués, des transmissions interrompues. Mais surtout, du côté de l'amour, sous toutes ses formes : celui qui relie malgré l'absence, celui qui survit aux silences et aux années.

J'ai découvert la littérature coréenne grâce à mon club de lecture et je suis heureuse d'avoir quitté mes sentiers battus. J'ai toutefois l'impression que, sous leur apparente simplicité, les romans coréens sont souvent exigeants. Et finalement, c'est peut-être ce qui fait leur beauté : accepter de se confronter à une part d'opacité pour atteindre une émotion plus profonde.


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