mercredi 3 juin 2026

Si le rôle de la mer est de faire des vagues

Si le rôle de la mer est de faire des vagues,

Kim Yeon-su,
Ed. Picquier, 2015


Mot de l'éditeur :

Si le rôle de la mer est de faire des vagues, mon rôle à moi est de penser à toi. Depuis que nous avons été séparées, je ne t’ai jamais oubliée, pas même un seul jour.

Un jour, Camilla reçoit six cartons de vingt-cinq kilos qui contiennent toute son enfance. Entre un ours en peluche et un globe terrestre, la photo d’une jeune fille, petite et menue : celle de sa vraie mère avec un bébé dans les bras. Camilla a été adoptée peu après sa naissance par un couple d’Américains. Aujourd’hui elle a vingt et un ans et décide de partir en Corée à la recherche de sa mère.

Au fil d’une enquête aux multiples bifurcations, chacun livre sa version de l’histoire bouleversante de cette lycéenne de seize ans devenue mère, les rumeurs, les secrets, les tragédies, le mystère de l’identité du père. Peu à peu Camilla remplit les blancs de son passé, qui se confond avec celui de cette petite ville portuaire où elle est née, et toute sa vie s’en trouve changée.

Un roman riche en harmoniques, à l’imaginaire poétique et émouvant, enraciné dans la réalité sociale de la Corée d’aujourd’hui.


Ma lecture :

Un roman coréen puissant sur l'adoption et la quête des origines.

Camilla a grandi aux Etats-Unis, élevée par ses parents adoptifs. Ses véritables racines se trouvent en Corée du Sud. À la mort de sa mère adoptive, son père lui fait parvenir les cartons de son enfance : vingt-cinq kilos de souvenirs. Parmi eux, une vieille photographie. Une jeune femme asiatique tient un bébé dans ses bras devant un camélia éclatant.
"La photo qui, sans que je puisse expliquer pourquoi, semble montrer que le monde est meilleur que ce que l'on croit."

Quelque chose vacille alors en elle. À partir de cette image, elle décide de regarder son passé en face et de partir à la rencontre du pays qui l'a vue naître.

Commence alors une quête portée par une photographie et le nom d'une ville : Junam. Peu à peu, un monde enfoui se dévoile. Des fragments de mémoire remontent à la surface. D'autres voix s'ajoutent à celle de la narratrice, Camilla. Le procédé est très poétique, philarmonique mais parfois cacophonique. En effet, nous passons d'une voix à l'autre ce qui rend le récit décousu. Je suis frustrée d'être passée à côté d'un roman d'une magnifique puissance. Cette impression trouve d'ailleurs un écho dans les derniers mots de l'autrice :
"J'espère de tout mon cœur que vous pourrez lire ce que je n'ai pas écrit dans ce roman."

Si le rôle de la mer est de faire des vagues est un roman bouleversant sur l'adoption. Du côté de la mère comme de celui de l'enfant. Du côté des gestes empêchés, des rendez-vous manqués, des transmissions interrompues. Mais surtout, du côté de l'amour, sous toutes ses formes : celui qui relie malgré l'absence, celui qui survit aux silences et aux années.

J'ai découvert la littérature coréenne grâce à mon club de lecture et je suis heureuse d'avoir quitté mes sentiers battus. J'ai toutefois l'impression que, sous leur apparente simplicité, les romans coréens sont souvent exigeants. Et finalement, c'est peut-être ce qui fait leur beauté : accepter de se confronter à une part d'opacité pour atteindre une émotion plus profonde.


Avis des lecteurs:

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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