mardi 29 octobre 2024

Une maison sur l'eau

Une maison sur l'eau,

Emuna Elon,
Ed. Albi Michel, 2021


Mot de l'éditeur :

Yoel Blum, célèbre auteur israélien, se rend à Amsterdam, sa ville natale, pour assurer la promotion de son nouveau roman, et ce en dépit de la promesse qu'il avait faite à sa mère de ne jamais y retourner.

En visite au Musée historique juif, il voit un film d'archives où apparaît sa mère tenant un bébé qu'il ne reconnaît pas. Qui peut bien être cet enfant et pourquoi sa mère, aujourd'hui morte, ne lui en a-t-elle jamais parlé ?

Premier roman traduit en français d'Emuna Elon, écrivaine reconnue et primée en Israël, Une maison sur l'eau remonte le cours du passé et confronte le lecteur aux heures sombres d'Amsterdam, au fil d'un poignant voyage dans le temps et la mémoire.

Une réflexion inoubliable sur l'identité et les origines.


Ma lecture :

Dans ma lubie "maison", je suis tombée sur ce titre sur les étals d'une librairie. Le sujet, un secret autour de la  Seconde Guerre mondiale m'a immédiatement intéressée. 

Splendide !

Ce roman d'une autrice israélienne met en scène un célèbre auteur, Yoel Blum, lui aussi israélien, en tournée promotionnelle à Amsterdam. Au Musée historique juif, il tombe sur un film d'archives et y découvre sa mère, un bébé dans les bras. Il ne se reconnait pourtant pas... Autre fait troublant, s'il est né à Amsterdam, il a grandi en Israël et sa mère lui a interdit de mettre les pieds en Hollande.
Que cache-t-elle ?

J'ai beaucoup aimé la construction de ce roman. S'il est écrit sous deux temporalités : le présent et le passé des années 40, les deux parties sont physiquement liées. Yoel déambule dans l'Amsterdam d'aujourd'hui dans des lieux fortement liés à  la Seconde Guerre mondiale, à l'Occupation, aux rafles, ... Sous prétexte de faire des recherches historiques pour un roman, c'est le fil de l'histoire familiale qu'il remonte doucement. Ses déambulations physiques deviennent vite mémorielles : les lieux actuels se confondent avec les photos d'époque qu'il étudie au Musée. J'ai trouvé ce procédé magistral. Yoel marche littéralement dans les pas de sa mère disparue. Ils composent ainsi leur symphonie hollandaise malgré les dissonances du secret.

L'autrice, malgré le sujet délicat, n'use jamais de pathos, au contraire, sa plume journalistique, poétique et visuelle offre une incroyable justesse au roman. Son écriture déambule d'un lieu à l'autre, d'une époque à l'autre, d'un souvenir à l'autre sans fausse note. Cette valse littéraire compose et décompose avec talent l'histoire familiale de Yoel.

Empreint de nostalgie, c'est le roman de la quête identitaire. Sommes-nous faits de l'histoire qu'on nous raconte et alors prisonniers de la parole bridée ?

Loin d'être un énième roman sur la Seconde Guerre mondiale, il offre un regard différent, plus philosophique sur notre mémoire historique et sur nous-mêmes.

Un coup de cœur intense ! Merci Emuna Elon !

Avis des lecteurs:

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