mercredi 28 février 2024

Lebensborn

Lebensborn,

Isabelle Maroger,
Ed. Bayard Graphic', 2024


Mot de l'éditeur :

Un matin qu'elle se promène avec son fils, bébé, Isabelle Maroger se fait interpeller par une femme qui la complimente pour ce bel enfant blond aux yeux bleus et ajoute « ça devient rare comme race »...

Un choc pour Isabelle, qui réalise qu'il est temps pour elle de raconter son histoire. Car si elle est, elle aussi, grande, blonde et aux yeux bleus, c'est parce qu'elle est à moitié norvégienne. Sa mère est née, pendant la guerre, dans un Lebensborn, ces maternités mises en place par les nazis pour produire à la chaîne de bons petits aryens.


Dealer : SP Bayard Graphic'


Ma lecture :

Quel coup de cœur, ce roman graphique ! 

Passionnée par la Seconde Guerre mondiale, et ayant adoré le roman Max de Sarah Cohen-Scali, je connaissais le programme Lebensborn. A l'inverse des camps d'extermination censés dépeupler le Reich des non-Aryens, les Lebensborn étaient des maternités où étaient conçus des Aryens d'une pureté absolue. L'idée ? Désherber pour mieux planter.

Ces bébés n'étaient que le fruit d'une union formatée entre un soldat Nazi et une femme recrutée pour l'excellence de son capital aryen. L'amour, la famille : très peu pour eux. Les enfants étaient ensuite vouées à rejoindre les pensionnats des Jeunesses hitlériennes ; et les femmes probablement encore exploitées à repeupler le pays. 
Mais en 1945, que sont devenus ces bébés du Reich ?

Ils sont devenus la honte du pays. Ils sont devenus des secrets de famille.

C'est le cas de la famille de l'autrice et illustratrice Isabelle Maroger. Sa mère a été adoptée après la guerre par une famille française mais est née en Norvège en 1945. Je ne le savais pas, mais c'est ce pays qui a accueilli le plus de Lebensborn (une dizaine).
A la mort de sa mère adoptive, Katherine se réserve le droit d'enquêter sur ses origines et met le doigt sur son secret de famille initié en pleine Seconde Guerre mondiale.

C'est tout à fait le genre de roman que j'aime lire, et j'ai été séduite par cette forme graphique. Isabelle Maroger, fille d'enfant de Lebensborn, donc, retrace l'enquête de sa mère et apporte des informations historiques.
Le dessin est rond, les couleurs tendres, les regards expressifs : l'illustration apporte une émotion considérable au roman. 

J'ai refermé l'ouvrage en caressant la couverture. Et ça, je vous le dis, c'est un gage de coup de cœur !
J'ai tout aimé : le texte, l'illustration, le ton et l'angle choisis pour raconter.

Magistral !

Bravo Isabelle Maroger !


Avis des lecteurs:

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