Lou après tout,
Jérôme Leroy,
Ed. Syros, 2019
Mot de l'éditeur :
Une odyssée pré- et post-apocalyptique d'un réalisme extrême. Fascinant, remuant, vibrant.
Lorsque
la civilisation s'est effondrée, le monde allait mal depuis longtemps.
Bouleversements climatiques, émeutes, épidémies inquiétantes et
dictatures... c'était un monde en bout de course, où l'on faisait
semblant de vivre normalement. Le Grand Effondrement était inévitable,
mais nul n'aurait pu imaginer ce qui allait suivre.
Quinze ans plus
tard, Lou et Guillaume font partie des survivants. Elle est
adolescente, lui a une trentaine d'années. Il l'a recueillie quand elle
était toute petite. Réfugiés dans une ancienne villa perchée sur un mont
des Flandres, ils savent que le danger peut surgir à tout instant.
Dealer : Ma voisine ;)
Ma lecture :
Septembre s'installe, et l'Automne se presse déjà dans son sillage. Et qui dit Automne, dit #pumpkinautumnchallenge !
Ce livre traînait dans mon salon depuis quelques mois, et je trouvais toujours autre chose à lire pour ne pas le prendre. Les romans
post-apocalyptiques, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé. Il se trouve cependant que le
Challenge automnal propose de découvrir ce genre, post-apocalyptique, dans son menu "Automne des Enchanteresse". L'occasion étant là, je ne pouvais plus reculer...
J'ai donc commencé la saison avec
Lou après tout.
Et je peux déjà vous dire : que c'est bon de sortir de ses sentiers battus et de sa zone de confort !
Le roman commence en 2040. Lou et Guillaume sont seuls dans une villa abandonnée, la villa Yourcenar. Ils sont à l'abri d'éventuels
bougeurs ou
cybs. Nous voilà plongés en plein chaos, où le monde que nous connaissons aujourd'hui appartient au passé. Cette immersion brutale est déroutante : qui sont Lou et Guillaume l'un pour l'autre, que sont les
bougeurs et les
cybs ? On apprend bien vite que notre monde a été ébranlé par plusieurs événements destructeurs dont le plus important est le
Grand Effondrement qui a rendus définitivement hors-service tous les appareils électroniques...donc à peu près tous les ingrédients de notre civilisation. Guillaume a trente ans et veille sur Lou, jeune fille qu'il a recueillie treize ans plus tôt alors qu'elle n'avait à peine 5 ans. Depuis, ils vont de caches en caches, évitant les hordes de
bougeurs ou
cybs, humains infectés d'un virus, devenus de véritables machines à tuer.
Le roman revient aussi sur la période pré-effondrement, pré-apocalyptique, donc. Le monde ressemble à peu près à celui que nous connaissons. L'air est pollué, si bien que le port du masque est souvent obligatoire, au gré des pics de pollution. Ce port du masque, dans notre contexte actuel, m'a fait froid dans le dos !
Jérôme Leroy dénonce le cyberautisme : les ados ou adultes dépendants aux écrans. C'est une critique pertinente montrant les dérives auxquelles nous ne pourrons pas échapper. Nous le savons, mais nous ne faisons rien contre ça... J'ai préféré cette partie où on retrouvait encore notre monde actuel. On le retrouvait tellement que c'est cette partie qui m'a fait le plus réfléchir, qui m'a fait le plus frissonner. Cette
uchronie se déroule dans un futur tellement proche, que la frontière entre fiction et réalité est très fine et perméable. Elle a des airs prémonitoires, et c'est cela qui m'a beaucoup perturbée durant ma lecture.
En tout cas, je suis contente d'avoir lu ce livre, je l'ai vraiment bien aimé. Sortir de sa zone de confort a du bon, et tant mieux ! Je ne savais pas vers quoi j'allais : j'ai trouvé le chaos, mais j'ai surtout rencontré des personnages attachants, Lou et Guillaume, nommés d'après Apollinaire, ce qui n'est pas du tout pour le déplaire ! Finalement, je crois que j'aime bien ces romans, l'an dernier j'avais aimé
Dans la forêt, où deux sœurs tentaient de survivre dans un monde post-apocalyptique.
Bref,
ce challenge littéraire commence fort par cette belle découverte et cette douce et folle sensation de faire du hors-piste ! Tout schuss !