L'herbe des nuits,
Patrick Modiano,Ed. Gallimard, 2012
Mot de l'éditeur :
""Qu'est-ce que tu dirais si j'avais tué quelqu'un ?" J'ai cru qu'elle plaisantait ou qu'elle m'avait posé cette question à cause des romans policiers qu'elle avait l'habitude de lire. C'était d'ailleurs sa seule lecture. Peut-être que dans l'un de ces romans une femme posait la même question à son fiancé. "Ce que je dirais ? Rien.""
Dealer : Librairie de Bruxelles
Ma lecture :
Lire un Modiano, c'est comme ouvrir une vieille armoire et y respirer les senteurs du passé.
Je voulais du Modiano, pour terminer et commencer l'année, histoire de rester sur une valeur sûre. Et pourtant, Modiano n'a rien de sûr, c'est surtout un brouillard épais où s'entremêlent vieilles photos de quartiers de Paris, plans, annuaires téléphoniques et notes consignées dans un Moleskine. L'auteur, un pinceau d'aquarelle à la main, fait revivre le passé au gré de sa mémoire.
Qui sont ces noms écrits dans son carnet ? Chastaigner. Duwelz. Marciano. Il a dû les fréquenter à une certaine époque. En 1962 ? 1964 ? Logeait-il avec eux dans l'hôtel Unic rue du Montparnasse près de ce café où il avait rencontré Dannie ? Dannie... Qu'est-elle devenue ? Et qu'avait-elle voulu dire, il y a des années avec ce "Qu'est-ce que tu dirais si j'avais tué quelqu'un ?" qui le hante encore aujourd'hui ?
Modiano, ce promeneur solitaire, dans ce brouillard parisien, nous emmène avec lui dans sa mémoire brouillée par l'imagination et l'oubli. L'herbe des nuits est un roman sans surprise, ce n'est pas ce qu'on lui demande. Il promet surtout une lecture hors du temps dans ce brouillard si réconfortant.
A lire idéalement dans un café parisien, bien sûr ! Ou dans votre fauteuil préféré (j'ai choisi cette option ^^).
