mercredi 21 janvier 2026

Ma gloire

Ma gloire,

Florent Oiseau,
Ed. Gallimard, 2026


Mot de l'éditeur :

« C’est la nuit et le dehors qui m’ont fait ça, ils m’ont attrapé et ne m’ont pas rendu. »

Alcoolique débonnaire, le narrateur a pour philosophie l’absence d’ambition. Fraîchement licencié, il vit de petits trafics, passe ses journées à arpenter le Paris populaire, du cimetière de Charonne à la porte de Bagnolet, et ses soirées dans les bars. Sa gloire, ce sont les deux femmes qu’il aime : son épouse, Almeria, et leur fille, l’espiègle Lune, dix ans. Mais elles s’inquiètent de ses excès, qui ressemblent à un lent suicide. Jusqu’au jour où il est choisi pour jouer une fée dans le spectacle de fin d’année de l’école : l’occasion de trouver, enfin, le rôle de sa vie ?

Hommage à la nuit, à l’ivresse et aux rencontres de hasard, Ma gloire interroge nos loyautés et la place que nous occupons dans le monde. De sa plume poétique et fantasque, Florent Oiseau poursuit son exploration fraternelle des gens de l’ombre, et signe un roman poignant sur les histoires que nous nous racontons tous pour survivre.


Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon (29)


Ma lecture :

Quel plaisir de retrouver l'univers de Florent Oiseau ! Ses (anti)héros losers sur les bords mais attachants au cœur, ses quartiers populaires, ses troquets, sa nonchalance et la poésie de sa plume.   

Le héros, narrateur principal, est démissionnaire dans l'âme. Il ne travaille plus, tend à perdre sa femme, n'arrive pas à créer de lien avec sa fille de 10 ans, et erre dans Paris dans l'ivresse de ses quelques bières quotidiennes. Il semble flotter au dessus de sa vie avec,  pour solides attaches, le cimetière de Charonne où il se crée une obsession pour Magloire, statue magistrale mais oubliée ; et ses bistrots de quartiers, restés dans leurs jus, où il aime respirer la vie et le houblon. Ses journées continuent sur les nuits où il continue à errer et à rencontrer d'autres errances nocturnes.

Alors quand sa fille lui propose un rôle dans la pièce de l'école, et que sa femme accepte pour lui, le voilà à devoir composer ce rôle de fée. Va-t-il se réveiller d'un coup de baguette magique à paillettes ? 

J'aime beaucoup les romans de Florent Oiseau, avec leurs airs de pas y toucher. Et pourtant ! Sous cette nonchalance assumée et calculée, il dresse le portrait des oubliés, perdus dans leurs errances. Le héros lui-même est anonyme dans sa propre vie, immobile, tout comme cette statue oubliée de Magloire pourtant au centre du cimetière de Charonne. Il rend également hommage aux troquets de quartiers, loin des apparats, et au plus près de ses habitués. Il célèbre la nuit, ses ivresses et ses errances.
Il y a le Paris embrumé de Modiano, et le Paris périphérique, authentique de Florent Oiseau. Un Paris qui erre sur lui-même, entre la carte postale et les piliers de comptoirs. Ces piliers, gardiens d'un Paris populaire, loin des paillettes.

Ce que j'ai préféré, c'est cet anti-héros avec ses obsessions, sa lâcheté, son bon fond, ses travers, ses détours. Il traverse la vie selon son propre chemin mais arrive toujours à destination.
Et peut-on parler de la fin ? De ce coup de feu qui m'a explosé le cœur ?

Ma gloire ? Un excellent cru à déguster dans votre bar préféré, celui où on vous appelle par votre prénom. Pas de chichi, prenez votre bière ou votre vin habituel. L'ivresse viendra des mots de Florent Oiseau...et de votre verre si vous le remplissez trop vite !


Avis des lecteurs:

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Précédentes Accueil