jeudi 19 février 2026

Rosa Candida

Rosa Candida,

Auður Ava Ólafsdóttir,
Ed. Zulma, 2010


Mot de l'éditeur :

Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens.

Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée.

Un lien les unissait: le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljótur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte.

En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.


Dealer : Boîte à livres


Ma lecture : 

Un jeune homme qui éclot sous nos yeux, un roman qui révèle ses nuances, pétale après pétale. 

Cela fait quelques années que j'ai adopté ce roman trouvé dans une boîte à livres et ce n'est maintenant que je peux sentir ses parfums. 
Arnljotur vit avec son père et son frère jumeau autiste. Leur mère est décédée quelques mois auparavant et chacun doit composer sans. Avec elle, le jeune homme se complaisait dans la serre où ils élevaient des roses. Aussi fragiles qu'un oisillon, aussi douces qu'un chaton, aussi joueuses qu'un chiot, mère et fils se connectaient l'un à l'autre autour des roses. Leur préférée ? La Rosa Candida et ses huit pétales.

Pour grandir, pour s'absoudre de ses souvenirs douloureux, pour s'épanouir, Arnljotur s'en va. Dans son sac à dos, presque rien et trois boutures de Rosa Candida. Direction un monastère perdu au milieu de nulle part où il a pour mission de recréer un jardin et une roseraie.

On apprend au fil des pages qu'Arnljotur a une petite fille de 7 mois. Il n'a connu la mère, Anna, qu'une "demi nuit" et n'éprouve pas de sentiment pour elle. Nous ne sommes pas dans un roman d'amour mais dans un roman où le personnage central se retrouve lui-même. Comme une rose, il a besoin de peu, mais du meilleur terreau pour éclore et s'épanouir.
Du haut de son monastère, Arnljotur rencontrera à nouveau Anna, et sa fille. Leur fille. Pourront-ils vivre une histoire d'amour à l'envers ?

J'ai beaucoup aimé la métaphore filée de la rose, belle mais délicate, dépendante de soins constants. Elle reflète la vie humaine : fragile, temporaire, mais précieuse. La rose est ici un moyen de transmission entre la mère et le fils, un lien entre la vie et la mort, une douceur pour apaiser le deuil. Aussi, la floraison représente son propre épanouissement intérieur.

J'ai beaucoup aimé également ce moine cinéphile qui a toujours un film pour une question, un tourment, un peu comme Dawson avec Spielberg. Forcément, aujourd'hui, l'écho résonne plus fort.

Bref, un beau roman, court mais dense sur le deuil, l'accomplissement, l'épanouissement, la quête de soi et la rencontre avec l'autre. Le rythme est lent, à l'image de la floraison, mais peu à peu, les parfums et les couleurs se libèrent.
Je suis comblée d'avoir découvert Rosa Candida.



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