Et toute la vie devant nous,
Olivier Adam,Ed. Flammarion, 2025
Mot de l'éditeur :
"C'est au retour, dans la voiture, que nous avons commencé à nous raconter notre propre histoire. Ça te paraissait le bon moment pour tout récapituler, et nous dire ce que nous n'avions jamais réussi à nous dire jusqu'alors. Le bon moment aussi pour nous rappeler ensemble ce que nous avions partagé."
Pourquoi Paul et Sarah se décident-ils à retisser le fil de quarante années d'amitié ? Est-ce pour tenter de comprendre l'insaisissable et irrésistible Alex, pierre angulaire de leur trio amical ?
De leur enfance en banlieue pavillonnaire, où leur pacte s'est scellé à l'ombre d'un secret et dans le creuset de leurs aspirations communes, jusqu'à leur vie d'adultes et son lot de joies et d'épreuves, c'est peut-être aussi ce qui les a liés et déliés au fil du temps que ces "inséparables" cherchent à ausculter.
Dans cet ample roman qui embrasse l'histoire de trois amis, Olivier Adam traverse les époques en faisant résonner l'intime et le collectif, et met au jour ce que l'amitié grave d'indélébile dans nos vies.
Dealer : Espace Culturel Saint-Grégoire (35)
Ma lecture :
Découvrir un nouveau roman d'Olivier Adam est toujours un plaisir, un rendez-vous que je ne rate jamais... Et ce titre, déjà si poétique !
Paul, double littéraire bien connu de l'auteur, vient d'emménager allée des sycomores, à Juvisy. Nouveau quartier, nouvelle école, ses parents sont heureux d'accéder à une maison avec jardin. Pour eux, c'est une véritable évolution sociale. Et pour Paul le début de deux amitiés de toute une vie, celles d'avec Sarah et Alex.
Quarante ans plus tard, Sarah et Paul font le point sur leur amitié, sur ces années passées, au gré de la culture pop des années 80, 90 et 2000. Et s'ils revenaient voir leur allée des sycomores ? La mélancolie et la nostalgie propres à Olivier Adam font partie du décor, discrètes mais bien campées. Et au fur et mesure des pages et des années, le lecteur suit ce trio de Juvisy à d'autres villes de banlieue, de Paris à Pléneuf.
Le premier, devenu écrivain consacré, vit entre Paris et la Bretagne, signe de son transfuge de classe. Retourner dans sa banlieue ne lui paraît jamais raisonnable. Il semble détonner partout où il va, ne se sent jamais à l'aise, jamais lui-même. Il ne cesse d'écrire des fictions qui se perdent, embrumées et enrhumées dans sa réalité. Ses relations avec ses parents et ses amis s'étiolent, se nouent et se dénouent. Qui est-il au fond ?
Sarah, travailleuse sociale tente de masquer la tache indélébile de son adolescence, celle de sa relation avec son professeur de théâtre. Relation perverse organisée autour d'une manipulation exécrable.
Et Alex ? Alex qui a perdu son frère il y a des années quand ils étaient encore enfants. Ces peintures qu'il répète à l'infini autour d'un lac pour ne pas oublier l'accident. L'accident mortel. Et culpabilité secrète.
Un trio amical ou amoureux qu'un drame vient bouleverser et sceller un secret... Nourris par le terreau commun de l'allée des sycomores, les liens se tricotent et se détricotent cependant au gré des années, au gré des événements. Parfois le fil est si fin qu'il se romprait, mais il y a des amitiés secouées et inébranlables. Le sycomore a l'audace de résister aux tempêtes. Et c'est là leur force : laisser leurs faiblesses tout saccager. Enfin presque tout, et porter haut le presque jusqu'à la résurrection.
J'ai beaucoup aimé ce roman d'Olivier Adam, particulièrement ce brouillard modianesque où se mêlent fiction et réalité, et où, malgré tout, l'émotion s'impose. Il aborde ses thèmes chers et les installe dans une magnifique histoire.
Avis des lecteurs:
Et vous, qu'en pensez-vous ?