Affichage des articles dont le libellé est Rentrée Littéraire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rentrée Littéraire. Afficher tous les articles

mercredi 27 août 2025

Et toute la vie devant nous

Et toute la vie devant nous,

Olivier Adam,
Ed. Flammarion, 2025


Mot de l'éditeur :

"C'est au retour, dans la voiture, que nous avons commencé à nous raconter notre propre histoire. Ça te paraissait le bon moment pour tout récapituler, et nous dire ce que nous n'avions jamais réussi à nous dire jusqu'alors. Le bon moment aussi pour nous rappeler ensemble ce que nous avions partagé."

Pourquoi Paul et Sarah se décident-ils à retisser le fil de quarante années d'amitié ? Est-ce pour tenter de comprendre l'insaisissable et irrésistible Alex, pierre angulaire de leur trio amical ?
De leur enfance en banlieue pavillonnaire, où leur pacte s'est scellé à l'ombre d'un secret et dans le creuset de leurs aspirations communes, jusqu'à leur vie d'adultes et son lot de joies et d'épreuves, c'est peut-être aussi ce qui les a liés et déliés au fil du temps que ces "inséparables" cherchent à ausculter.
Dans cet ample roman qui embrasse l'histoire de trois amis, Olivier Adam traverse les époques en faisant résonner l'intime et le collectif, et met au jour ce que l'amitié grave d'indélébile dans nos vies.


Dealer : Espace Culturel Saint-Grégoire (35)


Ma lecture : 

Découvrir un nouveau roman d'Olivier Adam est toujours un plaisir, un rendez-vous que je ne rate jamais... Et ce titre, déjà si poétique !

Paul, double littéraire bien connu de l'auteur, vient d'emménager allée des sycomores, à Juvisy. Nouveau quartier, nouvelle école, ses parents sont heureux d'accéder à une maison avec jardin. Pour eux, c'est une véritable évolution sociale. Et pour Paul le début de deux amitiés de toute une vie, celles d'avec Sarah et Alex.

Quarante ans plus tard, Sarah et Paul font le point sur leur amitié, sur ces années passées, au gré de la culture pop des années 80, 90 et 2000. Et s'ils revenaient voir leur allée des sycomores ? La mélancolie et la nostalgie propres à Olivier Adam font partie du décor, discrètes mais bien campées. Et au fur et mesure des pages et des années, le lecteur suit ce trio de Juvisy à d'autres villes de banlieue, de Paris à Pléneuf.
Le premier, devenu écrivain consacré, vit entre Paris et la  Bretagne, signe de son transfuge de classe. Retourner dans sa banlieue ne lui paraît jamais raisonnable. Il semble détonner partout où il va, ne se sent jamais à l'aise, jamais lui-même. Il ne cesse d'écrire des fictions qui se perdent, embrumées et enrhumées dans sa réalité. Ses relations avec ses parents et ses amis s'étiolent, se nouent et se dénouent. Qui est-il au fond ?
Sarah, travailleuse sociale tente de masquer la tache indélébile de son adolescence, celle de sa relation avec son professeur de théâtre. Relation perverse organisée autour d'une manipulation exécrable. 
Et Alex ? Alex qui a perdu son frère il y a des années quand ils étaient encore enfants. Ces peintures qu'il répète à l'infini autour d'un lac pour ne pas oublier l'accident. L'accident mortel. Et culpabilité secrète.

Un trio amical ou amoureux qu'un drame vient bouleverser et sceller un secret... Nourris par le terreau commun de l'allée des sycomores, les liens se tricotent et se détricotent cependant au gré des années, au gré des événements. Parfois le fil est si fin qu'il se romprait, mais il y a des amitiés secouées et inébranlables. Le sycomore a l'audace de résister aux tempêtes. Et c'est là leur force : laisser leurs faiblesses tout saccager. Enfin presque tout, et porter haut le presque jusqu'à la résurrection. 

J'ai beaucoup aimé ce roman d'Olivier Adam, particulièrement ce brouillard modianesque où se mêlent fiction et réalité, et où, malgré tout, l'émotion s'impose.  Il aborde ses thèmes chers et les installe dans une magnifique histoire.


dimanche 3 septembre 2023

Les amants du Lutetia

Les amants du Lutetia,

Emilie Frèche,
Ed. Albin Michel, 2023


Mot de l'éditeur :

«Qu’il vous reste de nous notre amour infini de la vie, de sa beauté et de sa légèreté, et que du fin fond de notre sommeil éternel, vous nous entendiez rire encore. Rire, chanter, danser et célébrer la vie. Nous l’avons tant aimée.»

Un matin, un garçon d’étage de l’hôtel Lutetia, découvre un couple d’octogénaires, main dans la main, endormis pour l’éternité.
Ce geste ultime et romantique, cette liberté qu’ils n’ont pas hésité à s’offrir a certes du panache, mais Ezra et Maud ont-ils pensé à leur fille Eléonore qu’ils laissent en proie à l’incompréhension et au chagrin ?
Ont-ils seulement pensé à elle en planifiant leur mort spectaculaire, leur funérailles extravagantes, le legs compliqué de leur maison des Bulles ?
Ultime coup d’éclat d’un couple de publicitaires, vendeurs de rêves, incarnations vibrantes des dernières décennies euphoriques du XXe siècle ou témoignage d’amour maladroit, absurde, tapageur mais d’amour malgré tout ?
C’est drôle, c’est perturbant, c’est bouleversant, et Emilie Frèche signe ici son meilleur roman.


Dealer : Les passagers du livre, Landerneau


Ma lecture :

En ce mois de septembre, bachotage du Certificat Voltaire oblige, je ne lirai pas beaucoup. Cependant, je voulais mettre un pied dans la rentrée littéraire. Pour ce faire, j'y ai été à l'aveugle, en librairie, en choisissant ce roman à la couverture. L'autrice m'étais jusqu'alors inconnue. Mais le titre, Les amants du Lutetia et cette photo des années 70 ont achevé de me séduire.

lundi 12 septembre 2022

Un miracle

Un miracle,

Victoria Mas,
Ed. Albin Michel, 2022


Mot de l'éditeur :

Religieuse chez les Filles de la Charité, soeur Anne reçoit d’une autre de ses congénères une singulière prophétie : la Vierge lui apparaîtra en Bretagne.
Envoyée en mission sur une île du Nord Finistère, elle découvre qu’un adolescent prétend avoir eu la vision qu’on lui avait annoncée.
Face à un événement que personne ne peut prouver, c’est tout un pays qui s’en trouve bouleversé : de la petite Julia, qui voit son mal d’enfance revenir, à Bourdieu, père de famille ayant toujours craint les textes prophétiques, en passant par Isaac, un adolescent qui n’énonce jamais ce qui lui apparaît.
Au fil des pages et des événements, les relations entre les êtres se modifient, les blessures refont surface, les lignes bougent, chacun se voit contraint de modifier son rapport au monde, et quand les éléments s’en mêlent le drame devient inévitable.


Dealer : Livres-in-room, Saint-Pol-de-Léon (29)

 


Ma lecture :

J'avais eu un terrible coup de cœur pour le premier roman de Victoria Mas, Le bal des folles. Alors la sortie de son deuxième roman, trois ans plus tard, me faisait déjà saliver, d'autant plus qu'il était question d'une île du Finistère Nord...

mardi 28 juin 2022

Dessous les roses

Dessous les roses,

Olivier Adam,
Ed. Flammarion, 2022


Mot de l'éditeur :

- Tu crois qu'il va venir ? m'a demandé Antoine en s'allumant une cigarette.J'ai haussé les épaules. Avec Paul comment savoir ? Il n'en faisait toujours qu'à sa tête. Se souciait peu des convenances. Considérait n'avoir aucune obligation envers qui que ce soit. Et surtout pas envers sa famille, qu'il avait laminée de film en film, de pièce en pièce, même s'il s'en défendait.- En tout cas, a repris mon frère, si demain il s'avise de se lever pour parler de papa, je te jure, je le défonce.- Ah ouais ? a fait une voix derrière nous. Je serais curieux de savoir comment tu comptes t'y prendre...Antoine a sursauté. Je me suis retournée. Paul se tenait là, dans l'obscurité, son sac à la main. Nous n'avions pas entendu grincer la grille. J'ignore comment il s'y prenait. Ce portillon couinait depuis toujours. Aucun dégrippant, aucun type d'huile n'avait jamais réussi à le calmer. Mais Paul parvenait à le pousser sans lui arracher le moindre miaulement.

 

Dealer : SP de l'auteur, merci, merci !  :)

 

Ma lecture :

Antoine et Claire se retrouvent dans la maison de leur enfance. Leur père vient de mourir, on l'enterre demain. Leur petit frère Paul, l'arrogant auteur de théâtre et de cinéma viendra-t-il, lui qui a tant critiqué sa famille et utilisé leurs failles pour s'installer dans son succès ?

mercredi 13 avril 2022

Toucher la terre ferme

Toucher la terre ferme,

Julia Kerninon,
Ed. L'iconoclaste, 2022


Mot de l'éditeur :

J'étais là, un bébé parfait dans les bras, et mon corps déchiré. Dans mon orgueil comme dans mon innocence, j'ai pensé que tout s'arrêtait, alors qu'au contraire, tout commençait.
Un soir de novembre, en pyjama sur le parking de la clinique, Julia Kerninon hésite à fuir. Son premier enfant vient de naître et, malgré le bonheur apparent, elle perd pied, submergée par les doutes et la peur des contraintes. Sa vie d'avant lui revient comme un appel au large : les amours passionnels, les nuits de liberté et les vagabondages sans fin.
Dans ce récit intime, Julia Kerninon plonge au cœur des sentiments ambigus de la maternité.
Elle confie ses tempêtes intérieures : Comment être mère ? Comment rester soi ?
Elle raconte cette longue traversée jusqu'à atteindre la terre ferme, où tout se réconcilie.

 

Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon

 

Ma lecture :

J'ai découvert Julia Kerninon avec son très beau Liv Maria qui évoquait déjà la féminité, le passage de l'adolescence à l'âge adulte, et la maternité.

"J'étais à bout de forces et je ne le savais pas. A trente-deux ans, j'avais un enfant d'un an et demi. J'essayais d'être une mère, je ne savais pas par où commencer, la maternité était un cercle de feu dans lequel je ne parvenais pas à me tenir."
Dès les premières lignes de ce roman, l'auteur époustoufle par sa franchise. Devenant mère, elle s'interroge sur sa liberté de femme, sur ses errances d'adolescente et de jeune adulte où elle ne vivait que pour elle et ses livres et ses amours. Elle vivait le jour ou la nuit selon ses envies, elle vivait à l'autre du monde pour se recentrer sur la littérature et l'écriture. Et puis il y a la rencontre. La rencontre, pas vraiment magique ni romantique avec le compagnon de route qui deviendra le compagnon de maternité et le compagnon de vie. Mais devenir mère, n'est-ce pas se ranger et, ainsi, abandonner sa liberté d'errer, de se tromper, de lire des jours entiers, d'écrire des nuits entières, d'aimer, ...
Son roman, son texte, dirais-je plutôt, est court et intense, sa plume belle et vibrante, les mots pesés et percutants.

Mais au fond, devenir mère, est-ce vraiment passer de l'autre côté, basculer dans le monde des adultes, sans oublier l'enfant, l'adolescent que l'on a été avec nos rêves et nos dérives ?
Quel coup de cœur ! Merci pour ces mots, Julia Kerninon !

 

 

mercredi 12 janvier 2022

Trois mois et un jour

  Trois mois et un jour, trois mois et un jour Karine Reysset Adam deuil bébé petit frère coup de coeur rentrée littéraire 2022 avis critique chronique blog

  Karine Reysset,
  Ed. Flammarion, 2022


Mot de l'éditeur :

"J'avais sept ans quand j'ai perdu un petit frère de la mort subite du nourrisson. Loïc avait trois mois et un jour. Sa présence, si éphémère fût-elle, a imprégné toute ma vie. Il y a quatre ans, notre mère m'a annoncé qu'elle songeait à le déménager du cimetière où il était enterré. Je me suis alors replongée dans ma mémoire trouée, au coeur d'une enfance heureuse, d'une famille heureuse, sans lui et avec lui, car il n'était jamais loin.
Avant qu'il ne soit trop tard, j'ai traqué ses traces dans les petits papiers et les archives - il y a les reliques et les photos, les lettres, les signes et les légendes. Sans oublier les oiseaux".
Karine Reysset délaisse la fiction pour ce récit intime, qu'elle porte en elle depuis longtemps. En écho à d'autres livres sur le deuil, elle explore dans Trois mois et un jour la douleur de la perte et met en scène la réparation des vivants.

 

Dealer :  SP de Karine Reysset ❤


Ma lecture :

Karine Reysset fait partie des auteurs que j'affectionne plus particulièrement. J'ai lu tous ses romans destinés aux adultes et quelques uns destinés à la jeunesse. Je vais même vous confier quelque chose : j'ai quelques manies pour vérifier la pertinence d'une bibliothèque, dont m'assurer qu'un roman de Karine Reysset (ils ne sont que quatre autres auteurs sur ma liste) y figure. Bref. 

Trois mois et un jour est le récit, la quête, l'enquête du drame qu'a vécu sa famille en 1981. Elle avait sept ans, était la grande sœur de Loïc, qui, à trois mois et un jour, ne s'est pas réveillé de sa sieste. J'ai écrit "était la grande sœur", mais tout au long du livre, elle ne cesse d'insister sur le temps du présent. Encore aujourd'hui, quarante ans après sa mort, elle est toujours la grande sœur de Loïc. Et elle parle de lui pour qu'il ne sombre pas dans l'oubli. Le petit Loïc, qui restera pour toujours le petit Loïc, est décédé de ce qu'on appelle la mort subite du nourrisson. C'était un samedi ou un dimanche après-midi, tout allait bien, jusqu'à ce que sa mère aille chercher son bébé dans son lit. Déjà froid.
L'auteur a vécu ce drame en tant que grande sœur et elle s'est interrogée sur la légitimité d'écrire sur cette histoire. Elle n'était qu'une enfant. Maman à son tour, elle n'imagine même pas la douleur de sa mère. Ce deuil fait partie des fondements de sa famille et de sa personnalité : beaucoup de choses se sont construites autour. J'allais écrire "tout s'est construit" mais non, les Reysset ont réussi à continuer à vivre malgré tout, et avec Loïc. Il fait partie intégrante de la famille, comme une lumière, une veilleuse. Son absence n'est pas omniprésente mais lumineuse. Sa mort n'efface pas la vie de sa famille mais la rend, au contraire, presque plus belle.

Quand on a lu l’œuvre de Karine Reysset, on comprend vite que la maternité, l'absence et le deuil font partie de ses thèmes de prédilection. D’obsession. Elle donne alors les clés de ses autres romans, les redondances et résonances des prénoms, dont celui, bien évidemment, de Loïc. On rentre dans son intimité d'écrivain, de sœur, de compagne, de mère ; elle se livre avec authenticité, sans pathos ni violons. On y entre comme Loïc a quitté la vie, sans bruit. Ce livre saura aussi être une bonne béquille pour tous ceux, sœur, compagne, mère, ont perdu un être cher, ont perdu un enfant. Trois mois et un jour se lit doucement, presque avec cérémonie. Je me dis souvent que j'aimerai prendre le temps de lire un livre dans une cathédrale, j'aurais très bien pu lire celui-ci. En communion.

Je pense pouvoir dire que Trois mois et un jour fait partie de mes préférés de Karine Reysset, avec Comme une mère ou L'inattendue. Plus qu'un coup de cœur, c'est un coup au cœur !

 

mercredi 6 octobre 2021

Une éclipse

Une éclipse,

Raphaël Harroche,
Ed. Gallimard, 2021


Mot de l'éditeur :

Après Retourner à la mer, Goncourt de la nouvelle en 2017, Raphaël Haroche publie un recueil de douze textes tout aussi éclatants de maîtrise.
Avec une grande finesse et un sens de l’absurde comme du tragique, il a l’art d’explorer l’âme humaine dans ses minuscules défauts. Qu’il s’agisse d’un couple qui se défait, d’un enfant à qui on a volé l’insouciance, d’un joueur de tennis ayant abdiqué ses ambitions de jeunesse ou d’une femme invisible aux yeux de la société, tous ses personnages semblent impuissants face aux dégâts du quotidien et du temps qui va. Mais les thèmes les plus graves vont de pair avec une célébration de la nature, du bonheur fugitif de vivre et d’une tendresse cachée parfois là où on ne l’attendait pas.

 

Dealer : SP Babelio / Gallimard

 

Ma lecture :

J'avais entendu dire que Raphaël, le chanteur à la gueule d'ange de ma fin d'adolescence, écrivait des nouvelles. Et alors ? aurais-je pu dire, mais il a été facile de céder à la curiosité quand Babelio m'a proposé de lire son dernier (et deuxième) recueil. Oh tiens, à propos... J'ai écrit deuxième, et non second. Deuxième car on attend déjà un troisième recueil. Second voudrait déjà dire dernier, comme la Seconde guerre mondiale qui n'a pas, heureusement, de troisième. Voyez ? Bref !

dimanche 19 septembre 2021

La carte postale

La carte postale,

Anne Berest,
Ed. Grasset, 2021


Mot de l'éditeur :

C’était en janvier 2003.
Dans notre boîte aux lettres, au milieu des traditionnelles cartes de voeux, se trouvait une carte postale étrange.
Elle n’était pas signée, l’auteur avait voulu rester anonyme.
L’Opéra Garnier d’un côté, et de l’autre, les prénoms des grands-parents de ma mère, de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942.
Vingt ans plus tard, j’ai décidé de savoir qui nous avait envoyé cette carte postale. J’ai mené l’enquête, avec l’aide de ma mère. En explorant toutes les hypothèses qui s’ouvraient à moi. Avec l’aide d’un détective privé, d’un criminologue, j’ai interrogé les habitants du village où ma famille a été arrêtée, j’ai remué ciel et terre. Et j’y suis arrivée.
Cette enquête m’a menée cent ans en arrière. J’ai retracé le destin romanesque des Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine. Et enfin, leur arrivée à Paris, avec la guerre et son désastre.
J’ai essayé de comprendre comment ma grand-mère Myriam fut la seule qui échappa à la déportation. Et éclaircir les mystères qui entouraient ses deux mariages. J’ai dû m’imprégner de l’histoire de mes ancêtres, comme je l’avais fait avec ma sœur Claire pour mon livre précédent, Gabriële.
Ce livre est à la fois une enquête, le roman de mes ancêtres, et une quête initiatique sur la signification du mot « Juif » dans une vie laïque.

 

Dealer : Net Galley

 

Ma lecture :

J'ai découvert Anne Berest l'année dernière, avec son roman familial Gabriële. Familial puisqu'elle l'avait écrit avec sa sœur, Claire, au sujet de leurs aïeux, Gabriële et Francis Picabia.

mercredi 1 septembre 2021

Enfant de salaud

Enfant de salaud,

Sorj Chalandon,
Ed. Grasset, 2021


Mot de l'éditeur :

Depuis l’enfance, une question torture le narrateur :
- Qu’as-tu fait sous l’occupation ?
Mais il n’a jamais osé la poser à son père.
Parce qu’il est imprévisible, ce père. Violent, fantasque. Certains même, le disent fou. Longtemps, il a bercé son fils de ses exploits de Résistant, jusqu’au jour où le grand-père de l’enfant s’est emporté  : «Ton père portait l’uniforme allemand. Tu es un enfant de salaud !  »
En mai 1987, alors que s’ouvre à Lyon le procès du criminel nazi Klaus Barbie, le fils apprend que le dossier judiciaire de son père sommeille aux archives départementales du Nord. Trois ans de la vie d’un «  collabo  », racontée par les procès-verbaux de police, les interrogatoires de justice, son procès et sa condamnation.
Le narrateur croyait tomber sur la piteuse histoire d’un «  Lacombe Lucien  » mais il se retrouve face à l’épopée d’un Zelig. L’aventure rocambolesque d’un gamin de 18 ans, sans instruction ni conviction, menteur, faussaire et manipulateur, qui a traversé la guerre comme on joue au petit soldat. Un sale gosse, inconscient du danger, qui a porté cinq uniformes en quatre ans. Quatre fois déserteur de quatre armées différentes. Traître un jour, portant le brassard à croix gammée, puis patriote le lendemain, arborant fièrement la croix de Lorraine.
En décembre 1944, recherché par tous les camps, il a continué de berner la terre entière.
Mais aussi son propre fils, devenu journaliste.
Lorsque Klaus Barbie entre dans le box, ce fils est assis dans les rangs de la presse et son père, attentif au milieu du public.
Ce n’est pas un procès qui vient de s’ouvrir, mais deux. Barbie va devoir répondre de ses crimes. Le père va devoir s’expliquer sur ses mensonges.
Ce roman raconte ces guerres en parallèle.
L’une rapportée par le journaliste, l’autre débusquée par l’enfant de salaud.


Dealer : Net Galley


Ma lecture : 

Après avoir lu presque toute l’œuvre de Sorj Chalandon, je peux dire que c'est un auteur dont je rate rarement la sortie d'un nouveau roman. Surtout s'il explore la seconde guerre mondiale...

mardi 31 août 2021

Les fruits tombent des arbres

Les fruits tombent des arbres,

Florent Oiseau,
Ed. Allary, 2021


Mot de l'éditeur :

Il y a du Antoine Blondin chez Florent Oiseau, dont l'humeur vagabonde excelle à capter l'ironique poésie de l'ordinaire. Après J e vais m'y mettre, Paris-Venise et Les Magnolias,Les fruits tombent des arbres poursuit son exploration d'une condition humaine sauce cocktail, résolument oisive. Est-ce la vie qui crée le hasard, ou l'inverse ?
Parce que son voisin, comme le fruit d'un arbre, est tombé raide mort à l'arrêt Popincourt, Pierre se retrouve à errer sur la ligne du bus 69. " Fantôme urbain ", comme il se définit lui-même, c'est un type plus très jeune et pas encore très vieux qui cherche des réponses dans de grands verres de lait glacé.
De laverie automatique en comptoir de bar kabyle, la liberté guide ses pas. Fumer des cigarettes avec les tapins de la rue Blondel, monter une mayonnaise pour une célèbre actrice sur le retour, appeler sa lle Trieste et se rappeler Venise... tout fait aventure quand on regarde bien et qu'on ne regrette rien.
Ne pas faire grand-chose : voilà l'extraordinaire.


Dealer : SP des Editions Allary, Merci !


Ma lecture :

J'attends toujours avec plaisir chaque roman de Florent Oiseau. Un peu comme ceux de Modiano. Je sais qu'il ne s'y passera, finalement, pas grand chose, mais que ce pas grand-chose sera agréable. Et comme Modiano, Florent Oiseau est précis dans ses déambulations parisiennes : lignes et arrêts de bus, noms des rues, des restaurants, des cafés, ... où il fera certainement des rencontres fortuites diablement romanesques.

mardi 15 septembre 2020

Liv Maria

liv maria julia kerninon livres in room saint pol 29 rentrée littéraire roman avis chronique critique blog lecture

Liv Maria,

Julia Kerninon,
Ed. L'Iconoclaste, 2020



Mot de l'éditeur :

Son nom est Liv Maria Christensen.
Elle fut l’enfant solitaire, la jeune fille fiévreuse, l’amoureuse du professeur d’été, l’orpheline et l’héritière, l’aventurière aux poignets d’or. Maintenant la voici mère et madone, installée dans une vie d’épouse. Mais comment se tenir là, avec le souvenir de toutes ces vies d’avant ? Faut-il mentir pour rester libre ? 
Julia Kerninon brosse le portrait éblouissant d’une femme marquée à vif par un secret inavouable.  Et explore avec une grande justesse les détours de l’intime, les jeux de l’apparence et de la vérité.

 

Dealer : Livres-in-room, Saint-Pol-de-Léon

 

Ma lecture :

Cette année, j'ai décidé de lire la Rentrée Littéraire en fonction des conférences qu'organisera ma librairie. Après Carole Martinez, je découvre donc Julia Kerninon. Rentrée féminine, on dirait ! 


Liv Maria est le roman d'un personnage...romanesque ! C'est vrai Liv Maria, par son prénom, déjà est un personnage atypique. Née d'une mère bretonne et insulaire (pas très causante, donc) et d'un père Norvégien, elle grandit sur son île, dans le café que tient sa mère, comme le tenait sa propre mère avant elle. Adolescente, elle joue les taxis pour les habitants de l'île et fait la navette entre le port et les habitations. Un soir, une course prend des tournants qu'elle ne comprends pas : un homme tente d'abuser d'elle. Pour la protéger, presque sans dire un mot, sa mère l'envoie à Berlin découvrir la vraie vie. Le mur existe encore, nous sommes dans les années 80.

A 17 ans, Liv Maria quitte donc sa chère île et sa famille pour découvrir une nouvelle ville et la sœur de son père émigrée en Allemagne. Cet été-là, elle découvrira l'amour dans les bras d'un Irlandais marié et père de famille. Il lui enseignera la langue de Shakespeare et fera d'elle une femme. A la fin de l'été, Fergus doit retourner auprès de sa famille, c'est le premier et le seul chagrin d'amour de la jeune fille. Cette histoire, cet amour d'été pourrait-on dire, sera pourtant déterminante dans sa vie.

Je ne vais pas tout raconter, mais à son retour d'Allemagne quelques mois plus tard, la jeune fille devenue femme se retrouve orpheline, un accident de voiture ayant eu raison de ses parents. Elle reprend les rennes du café, elle installe des chambres d'hôtes, mais Liv Maria virevolte et vole au gré de ses envies. Elle se veut libre, sans attaches. Elle repense souvent à son premier amour. Et s'il n'était jamais reparti, et s'il était resté avec elle ? Mais fière comme une insulaire, jamais elle ne le cherchera. Peut-être que les hasards de la vie provoqueront une rencontre ?
La voilà tantôt en Amérique du Sud, tantôt en Angleterre où elle se marie et fonde une famille, ... Elle fait ses expériences, s'essaye à la vie. Les codes ? Ce n'est pas pour elle. Elle est restée cette insulaire têtue, qui a du mal à se confier et à exprimer ses sentiments. La fuite est pour elle, la meilleure des solutions...

J'ai vraiment aimé roman de Julia Kerninon. Liv Maria est un personnage insaisissable à mille et une vies, un vrai personnage romanesque qui ne s'interdit rien, pas même  le mensonge. Et le culpabilité dans tout ça ? Et bien pour ça, il y a la fuite. La fuite libre. Toujours libre.
Bref, un beau roman et un personnage inoubliable ! Assurément, c'est un coup de cœur !


dimanche 30 août 2020

Les roses fauves

les roses fauves carole martinez gallimard rentrée littéraire avis chronique coup de coeur critique blog lectrice
Les roses fauves,

Carole Martinez,
Ed. Gallimard, 2020


Mot de l'éditeur :

"Peu après la sortie de mon premier roman, Le cœur cousu, une lectrice m'a raconté une coutume espagnole dont j'ignorais l'existence : dans la sierra andalouse où étaient nées ses aïeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de cœur qu'elle bourrait de bouts de papier sur lesquels étaient écrits ses secrets. A sa mort, sa fille aînée en héritait avec l'interdiction absolue de l'ouvrir. J'ai métamorphosé cette lectrice en personnage. Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l'histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? Il faudrait déchirer ces cœurs pour le savoir. "

 

Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon


Ma lecture :

Qu'il est grisant de profiter de la Rentrée Littéraire pour découvrir de nouveaux auteurs ! Et non, je n'avais jamais encore lu Carole Martinez.  C'est chose faite !

jeudi 27 août 2020

Tout va me manquer

Tout ma me manquer Juliette Adam rentrée littéraire 2020 Fayard avis critique chronique blog adolescence folie

Tout va me manquer,

Juliette Adam,
Ed. Fayard, 2020

 

Mot de l'éditeur :

Etienne s’ennuie. Dans le magasin de jouets où  il travaille, dans l’appartement où  il vit avec son grand-père, dans cette petite ville où  il n’y a jamais rien à  faire. Partout, il promène sa solitude, et se demande s’il n’est pas en train de passer à  côté  de sa vie. Alors, lorsqu’il se fait frapper par erreur par une inconnue au cœur d’un carnaval, il y voit un signe. Quelque chose se produit enfin. Quelqu’un l’attend quelque part.
Elle s’appelle Chloé. Inflammable, imprévisible, elle est de celles qu’on ne peut pas vraiment cerner. Qui ne se laissent pas approcher. Constamment à  deux doigts d’imploser. Maladroit et rêveur, Etienne n’a jamais vraiment su comment aborder une fille. Pourtant, ils vont se tourner autour. Et, dans un curieux mélange de fantaisie et de noirceur, faire un bout de chemin ensemble.

 

Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon

 

Ma lecture :

Inconditionnelle d'Olivier Adam et de Karine Reysset, j'étais curieuse de découvrir le roman de leur fille, Juliette. Juliette Adam, tout juste 18 ans signe son premier roman. Les chiens ne font pas des chats ?

lundi 17 août 2020

Le coeur se souvient

Le cœur se souvient,

Anaïs Weibel,
Autoédition, 2020


Mot de l'éditeur :

À l’aube de ses trente ans, Amelia s’épanouit dans sa vie professionnelle, entourée d’une famille aimante. La découverte d’un secret, alors qu’elle aide ses parents à déménager, va chambouler cet équilibre : la mémoire du cœur s’éveille et elle ne peut plus ignorer ses origines qu’elle reniait jusqu’à maintenant.
Amelia décide alors de tout plaquer pour se lancer à la recherche de la seule personne qui pourra lui apporter les réponses à ses questions… de l’autre côté de l’Atlantique.
Mais arrivera-t-elle au bout de ce chemin, saine et sauve ? N’est-il pas déjà trop tard ?



Dealer : Partenariat relecture/correction/promotion :)


Ma lecture :

Dans son nouveau roman, Anaïs Weibel nous emmène dans un road-trip à travers les Etats-Unis et au cœur d’une histoire familiale poignante.
Amelia, la trentaine, a vécu une enfance heureuse entourée de parents aimants, dans un pavillon de la région parisienne. Pourtant, sa vie bascule à l’âge de 16 ans où elle apprend qu’elle a été adoptée au Venezuela une douzaine d’années plus tôt. Elle traverse alors une sérieuse crise identitaire. L’adolescence passée, elle retrouve les rennes de sa vie…
Quelques années plus tard, sa crise identitaire, loin derrière elle, refait surface lorsqu’elle découvre par hasard qu’un frère l’attend et la recherche : Antonio. Des questions la taraudent : d’où vient-elle ? Qui est-elle vraiment ? Qui est son frère ?
Il devient son obsession et la jeune fille n’hésite pas une seconde : elle va partir à sa recherche. Une piste ? Une carte postale envoyée un an plus tôt de Boston.

Boston, point de départ d’un incroyable road-trip à la recherche de son frère. Au fil des pages, la tension s’accentue, le rythme s’accélère. Antonio est difficile à retrouver, les pistes qu’explore Amelia ne sont fructueuse et les témoins restent souvent silencieux. Qui est vraiment Antonio ? Pourquoi se cache-t-il ? N’aurait-elle pas mieux faire de rester à Paris ?
Dans sa quête, deux collègues restés en France l’aident de leur mieux en faisant des recherches sur Internet en parallèle. Les amitiés se consolident ou dévient vers d’autres sentiments. Amelia subit de plein fouet une nuée d’émotions : doute, espoir, reconnaissance, amour, … En plein quête, en plein recherche identitaire, la voilà bientôt submergée. Son road-trip américain dure plus longtemps que prévu, elle vadrouille de pistes en pistes, de Boston à Cleveland, puis Toledo, Memphis, Dallas, … Antonio ne laisse que peu de traces et l’espoir de le retrouver s’amenuise de jours en jours. Seul un ange gardien pourrait l’aider à y voir plus clair…

Anaïs Weibel n’est pas une auteur de feel-good mais une auteur de romans réalistes avec des personnages malmenés par la vie et plutôt du genre… bruts de décoffrage.  Pourtant, Amelia a tout d’une héroïne feel-good : dévastée par sa crise identitaire, elle va trouver la force en elle et autour d’elle pour renaître de ses cendres. Retrouvera-t-elle son frère ? Le plus important est aussi qu’elle se retrouve, elle, avant de sombrer. Elle se pose beaucoup de questions liées à son adoption : pourquoi a-t-elle eu une vie heureuse et confortable alors que son frère est resté dans les favelas de Caracas, submergé par la misère et l’insalubrité ?
La vie est faite d’épreuve qu’il faut surmonter, faute de se laisser couler. Les personnages d’Anaïs Weibel, Amelia, Antonio, Quentin et Myriam devront se battre pour être en phase avec eux-mêmes et retrouver le sens de la vie.

Le cœur se souvient est un roman poignant sur l’identité, la famille et l’amitié. Poignant, car Anaïs Weibel ne va pas de main morte avec eux, au contraire, c’est avec une véritable poigne qu’elle joue avec eux. Les personnages subissent en effet des épreuves difficiles qui les feront sombrer ou les rendront plus forts. Les questions autour de l’identité sont également bien menées, c’est bien là la problématique centrale du roman. Qui suis-je vraiment ? Qui je veux paraître pour les autres ?
Le côté road-trip était vraiment haletant, Anaïs Weibel s’est bien documentée sur les villes américaines parcourues, que ce soit en avion ou en voiture de location. J’ai des images plein la tête ! Le suspens et la course contre la montre ont été parfaitement maîtrisés, ce qui a fait de ce roman, à partir d’un certain moment, un véritable page-turner. A l’américaine, évidemment !
Ce fut aussi un plaisir de retrouver certains personnages de Juste Puni et d’avoir de leurs nouvelles, comme de vieux amis. Une manière de se rendre compte de l’impact des personnages, des histoires rencontrés dans nos lectures…

En tant que relectrice et correctrice, mon avis est-il juste ? C’est ce que je souhaite, en tout cas.Et je peux vous dire que ce roman m’a emballée par ses côtés road-trip et quête identitaire.
Prêts à embarquer pour Boston ? Méfiez-vous, vous n’en reviendrez pas indemne !





Ma chronique est terminée,
        mais j'aimerai vous demander une chose...

 

Anaïs Weibel publie ses romans en auto-édition, c'est-à-dire toute seule. Elle n'a pas de visibilité dans les librairies ou dans les magazines littéraires. Ses campagnes de pub' se font via les blogs et réseaux sociaux, et par les salons littéraires qu'elle commence à intégrer peu à peu. Vous ne trouverez pas Le cœur se souvient chez votre libraire habituel, mais vous pouvez le commander sur Internet.
Avez-vous déjà lu ou acheté un roman en auto-édition ? C'est le moment, les amis ! Vous aviez peut-être déjà acheté L'espoir au corps ou
Juste Puni l'année dernière, pourquoi ne pas renouveler l'expérience ?
Il vaut 17€, 17€ pour encourager une jeune auteur :)
Pour la cinquième fois, je suis partenaire d'un roman, de l'écriture à la vente, l'aventure est extraordinaire et je ne souhaite qu'une chose, que ce roman d'Anaïs Weibel trouve le succès escompté !

Du 17 au 31 août, nous nous lançons dans une prévente exceptionnelle, profitez-en pour commander grâce à ce lien unique !

mercredi 2 octobre 2019

Par les routes


Par les routes,

Sylvain Prudhomme,
Ed. Gallimard, 2019



Mot de l'éditeur :

"J'ai retrouvé l'autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l'ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m'avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J'ai frappé à sa porte. J'ai rencontré Marie". Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l'amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.


Lu dans le cadre de mon aventure de Jurée pour le Prix Landerneau 2019



Ma lecture :  

J'achève ici mes quatre lectures de la dernière sélection en lice pour le Prix Landerneau. Contrairement aux autres, je ne connais absolument pas cet auteur, Sylvain Prudhomme.
En route vers la découverte !

jeudi 12 septembre 2019

Murène

Murène,

Valentine Goby,
Actes Sud, 2019


Mot de l'éditeur :

Hiver 1956. Dans les Ardennes, François, un jeune homme de vingt-deux ans, s'enfonce dans la neige, marche vers les bois à la recherche d'un village. Croisant une voie ferrée qui semble désaffectée, il grimpe sur un wagon oublié... Quelques heures plus tard une enfant découvre François à demi mort ― corps en étoile dans la poudreuse, en partie calciné. Quel sera le destin de ce blessé dont les médecins pensent qu'il ne survivra pas ? A quelle épreuve son corps sera-t-il soumis ? Qu'adviendra-t-il de ses souvenirs, de son chemin de vie alors que ses moindres gestes sont à réinventer, qu'il faut passer du refus de soi au désir de poursuivre ? Murène s'inscrit dans cette part d'humanité où naît la résilience, ce champ des possibilités humaines qui devient, malgré les contraintes de l'époque ― les limites de la chirurgie, le peu de ressources dans l'appareillage des grands blessés ―, une promesse d'échappées. Car bien au-delà d'une histoire de malchance, ce roman est celui d'une métamorphose qui nous entraîne, solaire, vers l'émergence du handisport et jusqu'aux Jeux paralympiques de Tokyo en 1964.


Lu dans le cadre de mon aventure de Jurée pour le Prix Landerneau 2019

Cette année encore, je fais partie du Jury pour décerner le Prix Landerneau. Sont en lice cette année : Valentine Goby, Kaouther Adimi, Louis-Philippe Dalembert et Sylvain Prudhomme.
Je ne vous le cache pas, en tant que Landernéenne, je suis on ne peut plus fière !

Ma lecture :

J'ai voulu commencer par une une valeur sûre, Valentine Goby, auteur de pas moins de deux coups de cœur, Kinderzimmer et L'échappée, romans autour de la Seconde Guerre Mondiale. Ici en revanche, on change complètement de sujet pour aborder le handicap et le handisport...

dimanche 30 décembre 2018

Ca raconte Sarah

Rentrée Littéraire 2018


 

Ca raconte Sarah,

Pauline Delabroy-Allard,
Ed. de Minuit, 2018


Mot de l'éditeur :

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d'une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l'allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l'étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d'une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.



Lu dans le cadre du Club de Lecture


Ma lecture :

Depuis la rentrée littéraire, ma libraire parle tellement bien de ce roman, comme une belle histoire d'amour, passionnée et déchirante, que je me suis décidée à le lire.

jeudi 8 novembre 2018

Roissy

Rentrée littéraire 2018




Roissy Tavernier roman indécelables aéroport club de lecture avis chronique blog critique

Roissy,

Tiffany Tavernier,
Ed. Sabine Wespieser, 2018


Mot de l'éditeur :

Sans cesse en mouvement, tirant derrière elle sa valise, la narratrice de ce roman va d’un terminal à l’autre, engage des conversations, s’invente des vies, éternelle voyageuse qui pourtant ne montera jamais dans un de ces avions dont le spectacle l’apaise.
Arrivée à Roissy sans mémoire ni passé, elle y est devenue une « indécelable » – une sans domicile fixe déguisée en passagère –, qui a trouvé refuge dans ce non lieu les englobant tous. S’attachant aux êtres croisés dans cet univers fascinant, où personnels navigants ou au sol côtoient clandestins et laissés-pour-compte, instituant habitudes et rituels comme autant de remparts aux bribes de souvenirs qui l’assaillent et l’épouvantent, la femme sans nom fait corps avec l’immense aérogare.
Mais la bulle de sécurité finit par voler en éclats. Et quand un homme, qui tous les jours vient attendre le vol Rio-Paris – le même qui, des années auparavant, s’est abîmé en mer – tente de l’aborder, elle fuit, effrayée. Comprenant, à sa douceur et à son regard blessé, qu’il ne lui fera aucun mal, elle se laissera pourtant aller à la complicité qui se nouera entre eux.
Magnifique portrait de femme rendue à elle-même à la faveur des émotions qui la traversent, Roissy est un livre polyphonique et puissant, qui interroge l’infinie capacité de l’être humain à renaître à soi et au monde.



Lu pour le Club de Lecture  de Saint-Pol-de-Léon



Ma lecture :

Comme je viens de le dire, j'ai lu ce roman dans le cadre du Club de Lecture, conseillé par libraires et bibliothécaires. Je l'ai choisi pour le côté aéroport, encore frais et toujours insolite pour moi depuis mon escapade à Prague.

Dans Roissy, Anna, Marthe ou Véronique, qui est-elle finalement, traine sa valise d'un terminal à l'autre. S'envole-t-elle pour Dubaï, Cologne ou Bali ? En fait, elle est une indécelable. A chaque terminal, elle s'invente une vie car elle a oublié la sienne. Des indécelables, il y en a quelques uns qui peuplent l'aéroport pour y rester en sécurité et ne pas devoir affronter le dehors. Beaucoup sont SDF ou marginaux. Il faut marcher, marcher, imiter les voyageurs en transit pour ne pas être repérés par les services de sécurité. En transit, c'est exactement la position de notre héroïne. Elle ne sait plus qui elle est, mais sa mémoire se joue d'elle en lui offrant des flashs. L'intrigue du roman devient alors palpitante : qui est notre indécelable ? Parviendra-t-elle à recouvrer la mémoire ? Qui est-elle ? Et sera-t-elle...décelée ?

En parallèle à sa quête, notre héroïne va rencontrer l'amour. Luc vient, lui aussi, tous les jours à l'aéroport. Sa femme est morte lors d'un crash, alors, il vient à Roissy pour l'attendre, encore et toujours. Il ne veut pas se résoudre, ni faire son deuil. Mais lorsqu'il rencontre notre héroïne, il est bouleversé et est prêt à aimer à nouveau. Qu'en pense la principale intéressée ? Elle pense oui, dit non, fais un pas en avant, un pas en arrière : elle n'arrive pas à sortir de son statut d'indécelable. La vie lui fait peur. Pas étonnant puisqu'elle ne sait pas quelle abomination son inconscient refoule pour elle...

Le roman se compose ainsi de deux parties entremêlées : la partie découverte du monde des indécelables et la partie eau de rose. La première partie m'a séduite par son originalité, notre héroïne nous fait rencontrer des personnages hauts en couleurs, des histoires fantasque, et sa quête de mémoire nous tient en haleine. Je ne connaissais pas les indécelables et cette découverte a été enrichissante.
En revanche, j'ai volontairement exagéré la chose en qualifiant l'histoire d'amour entre notre héroïne et Luc d'à l'eau de rose. Mais, franchement, elle est superflue dans le récit. J'ai eu du mal à m'intéresser à cet amour, et à y croire.
Enfin, l'intrigue sur le passé et l'identité de notre héroïne et palpitante et bien menée. On attend, on attend. Beaucoup d'attente, pour ma part, pour une révélation moins flamboyante.

En somme, je dirai que Tiffany Tavernier nous emmène dans les méandres d'un aéroport international à la rencontre des indécelables. Le sujet était intéressant, prometteur et brillamment traité. Mais je ne sais pas, j'en attendais plus. L'histoire d'amour, moins réussie, a pipé les dés, pourtant bien jetés au début du jeu.
Roissy reste, cela dit, un bon roman fort d'originalité et de suspens quant à l'amnésie de notre si attachante héroïne. J'ai été tellement embarquée dans ses errances que je m'étais imaginé plus de rocambolesque. A force de voir les avions décoller, j'aurai voulu m'envoler, moi aussi, au lieu d'attendre sous les panneaux d'affichage...



Précédentes Accueil