mardi 10 novembre 2015

Coucou : Le château fort


 Lu en partenariat avec les Editions Usborne. Novembre 2015




chateau fortCoucou : Le château fort,
Milbourne, Wood, Sala
Ed. Usborne, 2015


Mot de l'éditeur :
Un livre informatif et ludique conçu pour les jeunes enfants, avec des rabats à soulever, des trous pour regarder à travers, des informations succinctes et de charmantes illustrations. Une façon stimulante et interactive de découvrir la vie dans un château. Une charmante introduction à la vie au Moyen Âge, que les enfants aimeront découvrir avec leurs parents. 


Ma lecture, la lecture de Lohan, 3 ans :
Les Editions Usborne nous ont récemment envoyé quelques albums à découvrir avec les enfants. Nous avons commencé par Le château fort car il tombe parfaitement dans le thème de classe de l'année de Lohan. C'est un premier documentaire bien fait, avec des jeux de cache-cache pour découvrir des détails de vie médiévale. Il aime bien jouer avec, et du haut de ses presque-3 ans, il le manipule avec assez de soin pour ne pas le déchirer. Niveau solidité donc, il tient la route !
C'est un bel ouvrage à offrir à Noël, par exemple !

Voici quelques photos de la manipulation (car ici, on a pris le test au sérieux !) :

Bibliza chateau fort

lundi 9 novembre 2015

Les amygdales

Lu en partenariat avec Les éditions de L'Olivier. Novembre 2015


Les amygdales
Les amygdales,
Gérard Lefort,
Ed. de L'Olivier, 2015


Mot de l'éditeur :
"Aux aguets perpétuels, je suis tout ce que je vois et pas seulement les autres lorsque l'oreille plaquée au tronc d'un arbre par grand vent, j'entends ses craquements, des gémissements, des douleurs, preuve qu'il souffre comme n'importe qui." Dans l'immense demeure pleine d'enfants et de domestiques, la mère jette l'argent par les fenêtres et le père ferme les yeux. Elle est fantasque, il est insomniaque. Rien n'échappe au narrateur, le benjamin de leurs fils, qui allie des capacités d'observation exceptionnelles à une imagination puissante. Armé de ces talents, il passe tout au crible de ses visions : scènes de la vie familiale, moments d'amitié, admirations cinématographiques, souvenirs d'une scolarité houleuse, rêves d'aventure et tendances anarchistes. Les tableaux vivants qui en résultent nous plongent tour à tour dans l'intime et le sauvage, dans l'histoire et les désordres de l'humanité, et contribuent à construire un roman d'apprentissage foisonnant. Les lecteurs de Gérard Lefort retrouveront avec bonheur son style si personnel, très littéraire, son humour et sa profondeur. Et son extraordinaire sens de l'image : tout est plus intense, comme au cinéma. 


Ma lecture :
Cela faisait quelques petites semaines que cette couverture me passait régulièrement sous le nez car Gérard Lefort passait en dédicace dans ma librairie habituelle, mais je n'étais pas tentée, peut-être à cause du titre qui faisait ressurgir de douloureux souvenirs de gorge douloureuse. Je ne sais pas. Mais les Editions de l'Olivier m'a bousculée en m'envoyant ce roman. Je me suis donc forcée pendant les 10, 15 premières pages, surprise par le style. Puis, ce style justement, n'a cessé de me ravir tout au long des chapitres, tout au long des pérégrinations de l'auteur dans ses souvenirs d'enfance. Il raconte ses frères, sa sœur au prénom à la noix, l'inauguration de la piscine de sa fantasque de mère, ses vacances estivales à Ker Afrique, les domestiques, son épopée avec Marie-Antoinette, son opération des amygdales (nous y voilà !), son naufrage sur le Titanic, ses premiers émois de lecteur, sa scolarité. Le narrateur se perd entre réalité, imagination, rêve, ...
Modiano aime, pour notre plus grand plaisir, déambuler dans les rues de Paris, un vieil annuaire sous le nez ; Gérard Lefort, lui, déambule dans son enfance où la puissance de l'imagination demeure seule, maître.
Je remercie vivement les éditions de L'Olivier pour cette fabuleuse découverte qui a vraiment failli me passer sous le nez ! J'ai passé un délicieux moment avec ce roman, j'en éprouve un sérieux coup de coeur. Merci, merci !

dimanche 8 novembre 2015

Meg & Mog

Meg & Mog
Meg & Mog,
Nicoll et Pienkowski,
Ed. Ted Smart, 1972, 1995
(édition française : Gallimard, 2014)


Mot de l'éditeur :
Meg la sorcière et son chat à rayures Mog vont à une fête avec leurs amies sorcières Bess, Jess, Tess et Cress. Chacune d'elles a apporté un ingrédient à mettre dans le chaudron... mais leur potion magique explose dans un grand bruit ! Bess, Jess, Tess et Cress, transformées en souris, sont poursuivies par Mog.Meg espère les retransformer l'année prochaine en sorcières ! 

Dealer : Cadeau, merci d'ailleurs Manu pour la découverte !

Ma lecture :
A découvrir pour Halloween, une série d'albums jeunesse : Meg & Mog, l'histoire d'une sorcière et de son chat auxquels il arrive d'amusantes aventures.
Dessins et textes simples.
Je possède quelques numéros en anglais, et le texte est accessible au conteur et...au contés ! Cette série est peu connue, et méritait bien un petit article !




jeudi 5 novembre 2015

Vilaines filles

Lu en Partenariat avec les Editions Livre de Poche. Novembre 2015.


Vilaines filles
Vilaines filles,
Megan Abbott,
Ed.Lattès, 2013 ; Livre de Poche, 2015


Mot de l'éditeur :
Addy et Beth sont inséparables, dures à cuire et invincibles. Elles ont un physique parfait : jambes galbées, ventre plat, maquillage irréprochable. Membres de l’équipe de pom-pom girls du lycée, elles suscitent à la fois l’admiration et la crainte. L’arrivée d’une nouvelle coach, tout aussi belle et intimidante, va bouleverser l’ordre établi de ce petit royaume bien organisé. Rapidement, les filles tombent sous sa coupe, prêtes à tout pour obtenir ses faveurs.
Mais un jour, la coach va trop loin... et Addy – la narratrice – va pénétrer malgré elle dans un monde impitoyable où seules règnent la manipulation, l’ambition et la jalousie.
Roman sombre et hypnotique, Vilaines filles plonge le lecteur dans l’univers trouble des rivalités adolescentes, des relations toxiques et du désir féminin.



Ma lecture :
J'ai choisi ce roman dans une liste d'une dizaine de titres car je n'aurais pas été vers lui de moi-même. C'est un roman sur une équipe de cheerleaders : des filles à l'image parfaite, tirées à quatre épingles. Toutes gravitent autour de Beth, leur capitaine, leur reine. Chaque fille a un rang défini et agit en conséquence : celles en bas de tableau n'ont pas leur mot à dire, tandis que Beth, secondée par Addy la lieutenante-ultra-soumise, a le pouvoir sur toutes et tout. Mais un jour, une nouvelle Coach arrive va les aider à se dépasser, mais aussi et surtout, ébranler cette ruche si bien organisée. Nous voilà donc au cœur des vilaines filles, dans l'abîme des cheerleaders, là où coups bas, trahison, manipulation et jalousie s'invitent tels des serpents. Même du sang sera, inévitablement, versé. Par qui ? Pourquoi ? Qui savait ?
Le Mal qui commence à ronger ces pom-pom girls est bien amené. Par contre, j'ai du mal à rentrer complètement dans l'histoire car je ne crois pas totalement à ces adolescentes qui passent leurs soirées à fumer et boire chez leur coach, qui peuvent quitter leurs maisons au beau milieu de la nuit, qui sont, pour ainsi dire, livrées à elles-mêmes. Cela fait remonter des souvenirs de séries américaines pour ado comme Les Frères Scott par exemple, où tout peut arriver.
Alors, voilà, je ressors indécise de ma lecture. J'ai bien aimé découvrir un monde que je ne connaissais pas et la façon dont l'auteur explore la manipulation chez ses personnages et ses lecteurs.
Mais le sentiment de ne pas avoir été emportée par l'histoire et l'aspect série-b l'emportent malgré tout.

lundi 2 novembre 2015

Simetierre

Simetierre King Bibliza
Simetierre,
Stephen King,
Ed. Albin Michel, 1985


Mot de l'éditeur :
Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s'installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Crandall, les emmène visiter le pittoresque " simetierre " où des générations d'enfants ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce " simetierre ", tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses. Un drame atroce va bientôt déchirer l'existence des Creed, et l'on se trouve happé dans un suspense cauchemardesque... Simetierre, classé au premier rang des best-sellers mondiaux, avant Ça ou Misery, a été adapté au cinéma par Stephen King lui-même et réalisé par Mary Lambert.


Bibliza HalloweenDealer : Livres in Room, Saint-Pol-de-Léon, sur commande pour Halloween



Ma lecture :
Je voulais absolument lire un roman "qui fait peur" pour Halloween. J'ai cherché longtemps et fini par dégoter Simetierre, de Stephen King. De cet auteur, je crois que je n'en ai lu qu'un, et pas des plus épouvantables, encore, c'était Coeurs perdus en Alantide.
J'avais déjà un peu peur en ouvrant le roman, car rien que le nom de Stephen King suffit à la provoquer.
Le contexte de lecture étant situé, c'est l'histoire de la charmante famille Creed : Louis le père, Rachel la mère, Ellie la grande soeur, Gage le petit frère et Church le chat. Toute cette charmante famille, suite à une mutation du père au poste de médecin de l'université, emménage dans le Maine. Louis sympathise bien vite avec son voisin, Jud, qui aime lui raconter les histoires locales, parfois extraordinaires. Puis, les choses commencent à dérailler. Church, le chat, se fait violemment écraser par un camion. Une petite promenade mystique dans les bois entre Louis et Jud suffit à le ramener à la vie. Qu'est-ce que ce cimetière des animaux ? Et surtout, que se cache-t-il au-delà, sur les terres oubliées et craintes des Indiens ? En tout cas, Church est revenu vivant, mais différent, c'est certain.
Puis, un autre drame éclate dans cette charmante famille. Et c'est là que tout déraille, que l'inimaginable survient tout à coup...
J'ai trouvé que ce roman fait peur, modérément, surtout par les questions que je me suis posé en tant que lectrice, craignant que le héros agisse de telle ou telle façon. La lecture était vraiment dérangeante sur ce point. J'ai moins aimé la fin, plus horrifique, pour le coup, car nous ne sommes plus dans l'imagination, mais dans les faits épouvantables. J'ai lu les trente dernières pages à tâtons... L'horreur s'installe peu à peu, devient presque un personnage à part entière et le final se veut inéluctable, et c'est ça qui est impressionnant !

En somme, j'ai bien aimé, mais je m'attendais à avoir plus peur. Ceci dit, je ne voulais rien de gore non plus. La fin était difficile parce que macabre, mais l'auteur a réussi à faire grandir l'horreur tout en douceur. Du grand talent !
Une adaptation existe, mais...voir des images, je ne sais pas si je suis prête !

dimanche 1 novembre 2015

Hors-d'oeuvre

Hors-d'oeuvre,
Ben Dessy,
Ed. Même pas mal, 2014


Mot de l'éditeur :
Vous connaissez sans doute MACADAM VALLEY, cette ville où règnent en maîtres l'absurde et une hilarante sordidité. Mais saviez-vous qu'en dehors de ses murs cohabitent parmi les plus célèbres des personnages qui ont bercé votre enfance, vous ont fait rêver, rire ou frémir quand vous étiez haut(e)s comme trois pommes ? Et bien, c'est ceux-là-même que BEN DESSY vous invite à re-découvrir dans leur quotidien le plus intime tout au long des pages de HORS-D'OEUVRE, recueil d'histoires insensées mettant en scène entre autres Pinocchio, Bambi, Lucky Luke et même... Dieu en personne ! Les idoles de plusieurs générations sont ici mises en scène sans fausse pudeur et y perdent souvent toute dignité (voire la vie), sacrifiées sur l'autel de la grande rigolade. HORS D'OEUVRE martyrisera avec plaisir vos icônes bien-aimées, vous voilà prévenu(e)s !

Dealer : Cadeau pour mari....et oui, je la lui ai piquée :)

Ma lecture :
Après que Macadam Valley m'ait bien ouvert l’appétit, j'ai succombé à l'humour délicieusement absurde et royalement noir de Hors-d'oeuvre. Ici, Ben Dessy les héros de notre enfance et de la culture pop, quitte à nous désorienter sévèrement.
Mais quel plaisir de se plonger dans ses strips simples en noir et blanc !

mardi 27 octobre 2015

La nuit de Bombay






La nuit de Bombay,
Michèle Fitoussi,
Ed. Fayard / Versilio, 2014


Mot de l'éditeur :
« Tu verras, l'Inde est un pays imprévisible. »
Ces mots sont les derniers que Michèle Fitoussi entend prononcer par son amie Loumia Hiridjee, le 26 novembre 2008. Quelques heures plus tard, Bombay est paralysée par une série d'attentats d'une violence sans précédent, un massacre qui fait 165 morts et plus de 300 blessés. 

Loumia et son mari Mourad comptent parmi les premières victimes. 
Ce livre retrace l'histoire de destins qui n'auraient jamais dû se croiser. Celui de la lumineuse Loumia Hiridjee, créatrice avec sa sœur Shama de la marque de lingerie Princesse tam.tam ; ceux de dix terroristes pakistanais venus semer la mort en martyrs. 
Après deux ans d'enquête sur les traces de Loumia, Michèle Fitoussi rapporte un récit dense et
bouleversant, qui se dévore comme un roman à suspense.

 Michèle Fitoussi a été longtemps éditorialiste et grand reporter au magazine ELLE. Elle est l'auteur de nombreux romans, essais, documents, couronnés en France et à l'étranger. Elle écrit aussi pour la télévision et le théâtre. 




Dealer : Bibliothèque de Saint-Pol-de-Léon



Ma lecture :
Cela faisait quelques années que je n'avais pas lu Michèle Fitoussi, pour tout vous dire, depuis qu'elle n'écrit plus ses billets d'humeur dans Le Télégramme, je l'avais un peu oubliée. J'ai trouvé ce récit, La nuit de Bombay dans les nouveautés de la Médiathèque : c'est un peu comme tomber sur une vieille amie au détour d'une rue.
Bref, La nuit de Bombay est l'histoire de Loumia et Mourad, les fondateurs de la marque de lingerie Princesse tam.tam qui ont péri dans les attentats qui ont secoué la ville le 26 novembre 2008. Michèle Fitoussi avait brièvement rencontré la créatrice à Paris, et cette dernière, toujours enthousiaste, l'avait vite invitée à la rejoindre en Inde où elle vivait depuis quelques années. En novembre 2008, elle est en Inde pour le retrouver. C'est aussi l'histoire d'une amitié avortée entre les deux femmes si différentes, si identiques.
Michèle Fitoussi revêt ici sa casquette de grand reporter et mène une enquête pour, d'abord, savoir qui était la discrète et excentrique Loumia Hiridjeee, créatrice de l'une des plus grandes marques de lingerie françaises. Puis de comprendre l'incompréhensible, son destin tragique dans un restaurant de Bombay. L'auteur essaie de retranscrire ses dernières heures de plusieurs points de vue : le sien, celui de Loumia, celui de ses proches, et celui des terroristes. Elle essaie de mêler ses destins qui n'auraient pas dû se croiser.
Ce récit est ficelé comme un thriller dont on connait déjà la funeste issue, mais les péripéties parviennent à nous émouvoir.
Mais je crois que c'est surtout un besoin pour Michèle Fitoussi de faire le deuil de cette amitié interrompue trop tôt avec cette femme qu'elle connaissait, finalement peu. Elle répare ce que les terroristes lui ont volé et rend ainsi un bel hommage à l'image de Loumia: lumineux et discret.
A lire !

lundi 26 octobre 2015

La petite mort

La petite mort,
Davy Mourier,
Ed. Delcourt, 2013


Mot de l'éditeur :
La Petite Mort vit des jours heureux avec Papa et Maman Mort. Il va à l'école, tombe amoureux d'une fille de sa classe et essaie de se faire des amis. Bref, à quelques détails près, la Petite Mort est un enfant comme les autres, si ce n'est qu'il a un avenir tout tracé : quand il sera grand, il reprendra le travail de Faucheuse de son père. Ce qui tombe mal, car la Petite Mort veut être fleuriste !


Dealer : Bibliothèque de Saint-Pol-de-Léon, ils ont une belle table de nouveautés BD pertinentes !


Ma lecture :
Oh qu'elles sont noires ces pages, oh que c'est osé de donner la parole à l'Ankou-fils (oui, ici, en Bretagne, on dit l'Ankou, enfin, on évite plutôt de le dire, façon Voldem*rt, voyez ?), mais, oh, qu'est-ce que c'est drôle ! Le graphisme est superbe, le code a changé, l'auteur a choisi d'imprimer blanc sur noir pour être plus dans le thème. Beaucoup de réussites dans cet album.
Bref, une histoire sympa sur l'éducation de La Petite Mort à prendre la digne succession de son père, la grande Faucheuse.
Une belle découverte !

vendredi 23 octobre 2015

Fox-trot

Lu en partenariat avec les Editions Héloïse d'Ormesson. Octobre 2015




Fox-trot,
Michel Quint,
Ed. Héloise d'Ormesson, 2015


Mot de l'éditeur :
Février 1934. Tandis que les gramophones jouent Deux sous de fleurs, l’affaire Stavisky éclabousse la classe politique française. De violentes émeutes menées par les ligues d’extrême droite éclatent. Malgré ces troubles, le spectacle continue. Le haut du pavé se presse pour admirer Lisa Kaiser qui se produit au « Sphinx », un cabaret lillois. Mais la trapéziste est sauvagement assassinée. Assiste-t-on à une contagion de la violence ? Charles, qui en pinçait pour la voltigeuse, va mener l’enquête tout en acceptant d’être la taupe du maire socialiste, Roger Salengro, chez les Croix-de-Feu. Un jeu qui s’avère dangereux.
Entre music-hall, effroi et paranoïa, Fox-trot est un roman sur une époque où pointe en tout la barbarie. L’intrigue policière, implacable, est portée par un rythme martelé comme des pas de danse sur un vieux plancher.



Ma lecture :
J'ai déjà lu quelques Michel Quint par le passé : Effroyables jardins, Aimer à peine, ... titres qui m'avaient fait chavirer, par leur ton poétique probablement et ses références à Apollinaire (ici aussi d'ailleurs !). Mais je ne connaissais pas Michel Quint en auteur de polar, Fox-trot n'est pourtant pas son premier.
Bref, me voilà avec ce fameux Fox-trot entre les mains...
Dès les premières pages, ce qui m'a frappé, c'est le verbe, propre aux années 30. J'entendais parfaitement Jean Gabin (ou, plus contemporain, André Dussolier) me raconter l'histoire avec cette voix rocailleuse et ce vocabulaire quelque peu argotique. Le ton était donné, on faisait un saut dans le temps, direction le Lille des années 30 : cabarets, gares, vélos, pardessus, ... Vous y êtes ? Moi en tout cas, j'y étais !
Bref, nous voilà donc à Lille, en 1934 plus  exactement, ville qui voit la violence grandir. En effet, le climat social est tendu, la classe politique perd sa crédibilité, des ligues d'extrême droit en profitent pour montrer au front et créer des émeutes. Dans ce même temps, Lisa Kaiser, une danseuse de cabaret est assassinée. Lisa Kaiser qui, d'un regard, a énamouré Charles, jeune instituteur. Apprenant sa mort sordide, il veut à tout prix savoir ce qu'il s'est passé, quitte à sacrifier son autre amour Nelly, quitte à sacrifier ses opinions, quitte à se sacrifier, lui-même. Le voici au cœur des émeutes lilloises, prêt à en découdre.
Un roman policier à l'ancienne, où on imagine bien pardessus et borsalinos ; Jean Gabin et Arletty dans une ruelle brumeuse... Le climat social de l'époque ne semble, malheureusement pas, désuet et a une résonance quelque peu terrifiante aujourd'hui. Michel Quint nous fait voyager dans le temps mais nous amène inconsciemment à réfléchir sur notre climat social actuel.
Bien ficelé, j'ai bien aimé ce roman. Même si je connaissais l'auteur, pas sûr que je l'aurais lu de moi-même. Belle découverte, donc, de ce Michel Quint polariste !


Un grand merci aux Editions Heloise d'Ormesson pour ce roman !

mercredi 21 octobre 2015

Geronimo

Geronimo (3T),
Davodeau & Joub,
Ed. Dupuis, 2007

Mot de l'éditeur :
Ben, Malo et Virgile se connaissent depuis tout petits. Lors d'une balade, ces trois inséparables rencontrent "l'indien", un homme qui a décidé de vivre en autarcie. À la suite d'une course-poursuite avec lui, l'indien a un accident et doit être hospitalisé. En son absence, la petite bande décide d'explorer la ferme. Mais ils tombent alors sur un jeune homme, caché dans la maison, sous l'escalier. Ce garçon de leur âge s'appelle Geronimo, il n'est jamais sorti de la ferme de son oncle. Tous les quatre, en quelques mois, vont tourner la page de leur adolescence. Les grandes questions, choix de société, indépendance, se mêlent aux petits moments, les virées en scooter, l'amour, les filles...


Dealer : Bibliothèque de Saint-Pol-de-Léon


Ma lecture :
J'ai emprunté ces trois tomes de Geronimo, suite à ma découverte de l'auteur Etienne Davodeau. J'avais lu Les mauvaises gens il y a quelques semaines, avec Geronimo, le ton est plus léger, moins lourd. C'est l'histoire d'un groupe d'adolescents qui rencontrent un autre adolescent, un "indien" qui a vécu toute son enfance coupé du monde. Ou c'est l'histoire de Geronimo, un "indien" qui a vécu toute son enfance coupé du monde, qui rencontre un trio d'adolescents avec qui il va découvrir la vraie vie. Voici donc le mythe de l'enfant sauvage revisité, cet enfant sauvage confronté aux questions de ce monde "civilisé". Mais être libre, finalement, était-ce vivre en autarcie dans la pampa du Val de Loire ; ou est-ce vivre dépendant de la société moderne ?
Un bel ouvrage qui soulève de nombreuses questions, et fort heureusement, ne répond pas à toutes !
Bonne lecture !

PS : Une suite à ces trois tomes est sortie en 2014 : Il s'appelait Geronimo. Je vais tâcher de
le dégoter... :)
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