dimanche 28 août 2022

La libraire de la place aux herbes

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La libraire de la place aux herbes,

Eric de Kermel,
Ed. Eyrolles, 2017


Mot de l'éditeur :

La librairie de la place aux Herbes à Uzès est à vendre ! Nathalie saisit l'occasion de changer de vie pour réaliser son rêve. Devenue passeuse de livres, elle se fait tour à tour confidente, guide, médiatrice... De Cloé, la jeune fille qui prend son envol, à Bastien, parti à la recherche de son père, en passant par Tarik, le soldat rescapé que la guerre a meurtri, et tant d'autres encore, tous vont trouver des réponses à leurs questions.
Laissez-vous emporter par ce voyage initiatique au pays des livres...

 

Dealer : Seconde main


Ma lecture : 

Chaque été, j'aime lire un roman en rapport avec mon lieu de vacances. Nous sommes passés par Uzès et sa place aux herbes. Le choix a été rapide ! 

La libraire de la place aux herbes, roman d'Eric de Kermel, se loge au cœur d'Uzès, au coin de la place aux herbes. Et je peux vous dire qu'au fil des pages, on entend le murmure de la place, on sent les odeurs du marché du samedi, on entend les roues de vélo glisser sur les pavés, on sent le vent imprégné de lavande. L'auteur a parfaitement retranscrit l'âme de la ville et sa place aux platanes. J'ai eu un véritable coup de cœur pour cette ville et ce fut un plaisir de lire ce même engouement.

Mais le roman est surtout un hymne à la lecture et à la littérature, un hommage aux passeurs de livres, qu'ils soient libraires ou bibliothécaires. La libraire de la place aux herbes, Nathalie, voit passer des centaines de lecteurs, mais certains ont laissé leur empreinte. Cloé par exemple, cette adolescente à qui sa mère impose ses lectures et qui, un jour, vient seule à la librairie pour s'offrir un livre. En cachette, pour un plaisir secret. Nathalie l'accompagne dans ses choix et lui ouvre les portes de la littérature, libérée de ses carcans. Elle rencontre ainsi neuf autres lecteurs, neuf histoires, neuf empreintes. Celles de Tarik, de Bastien, de Jacques, de Leïla ou encore de Sœur Véronika.

En fait, ce livre se lit comme un recueil de contes initiatiques, un recueil de poésie, odes à la lecture, un recueil de chemins de vie. Il incarne complètement la notion de bibliothérapie : grâce aux livres, Nathalie et ses lecteurs s'ouvrent au monde. J'aime beaucoup l'idée de partage, de transmission, d'éveil de soi dans la lecture. Eric de Kermel partage aussi cette philosophie et le démontre dans son ouvrage. Il replace le livre au centre de la vie.
Bref, on s'y sent bien dans cette librairie cachée sous les arcades de la place aux herbes, comme dans un cocon. C'est comme lire sous la couette !

Cerise sur le gâteau, l'auteur a listé à la fin tous les romans conseillés par Nathalie. De quoi remplir sa PAL avec délectation !


 



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dimanche 21 août 2022

Frangines

Frangines,

Adèle Bréau,
Ed. Lattès, 2020


Mot de l'éditeur :

Mathilde, Violette et Louise sont sœurs. Depuis l’enfance, elles vivent leurs plus belles heures à La Garrigue, une bâtisse que leurs parents ont achetée autrefois à Saint-Rémy-de-Provence. Tout les oppose et pourtant rien ne peut séparer Mathilde, éblouissante et dominatrice, Violette, qui a grandi dans l’ombre de son aînée, et Louise, la benjamine, née des années plus tard. Cet été, les frangines se réunissent dans la demeure familiale pour la première fois depuis le drame de l’année précédente. Entre petites exaspérations et révélations inattendues, ces retrouvailles vont bouleverser à jamais leur vie. Car les murs de La Garrigue, gardiens des secrets de trois générations, ne les protégeront peut-être plus.
Avec délicatesse et humour, Adèle Bréau nous plonge dans une histoire de famille qui pourrait être la nôtre et nous fait passer du rire aux larmes.

 

Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon


Ma lecture : 

Dans un cadre provençal où la lavande sème son parfum et où les cigales chantent la beauté du paysage, se terre La Garrigue, la maison familiale des frangines. Cette année encore, elle passeront quelques semaines en Provence. Mathilde viendra avec mari et enfants, Violette avec sa fille, Clarisse, qu'elle élève seule, et Louise, la petite dernière installée à deux pas, continuera d'assurer sa tournée d'infirmière tout en partageant ces retrouvailles familiales. Jeanne, la mère, est ravie de retrouver ses filles qu'elle n'a pas vu réunies depuis l'été dernier. Depuis le grand bouleversement.
La Garrigue, sous ses airs de farniente estivale, est aussi le théâtre de secrets et de règlements de comptes. Le lecteur est l'invité privilégié de cette maison où ces femmes taisent leurs tourments et finissent par les cracher sans fard ou les délivrer à mi-mots. Et comme dans une pièce de théâtre, il y a des invités surprises que l'on n'attendait pas...

Frangines est un roman choral où chacune s'exprime pour que, peu à peu, la vérité apparaisse. Les personnages sont attachants grâce à leurs histoires fortes et leurs problématiques à résoudre. Adèle Bréau distille les infos une à une, laissant aux personnages et au lecteur le temps de se tromper...  

Un beau roman où la sororité triomphe de l'adversité.
Un beau roman qui fleure bon la lavande et l'huile d'olive. Entendez-vous les cigales ?
Un beau roman. Un point c'est tout !

mercredi 27 juillet 2022

Après l'océan


Après l'océan,

Laurence Peyrin,
Ed.Calmann-Levy, 2022


Mot de l'éditeur :

Rescapées du Titanic, que deviendront les deux sœurs Alistair, seules dans un New York inconnu ?
En ce printemps 1912, parmi d’autres naufragés hagards tirés de l’océan, Letta Alistair, 24 ans, serre contre elle sa petite soeur Molly en regardant approcher la statue de la Liberté.
Elles sont les deux seules survivantes de leur famille, engloutie comme 1491 personnes avec « l’insubmersible » Titanic.
Les soeurs Alistair ont tout perdu. Leur père, Charles, dit le roi de la tourte, célèbre pour ses pâtes brillantes, ses viandes moelleuses mêlées d’oignons caramélisés,
avait embarqué famille et biens pour développer son savoir-faire à New York. Letta ne peut même pas s’autoriser le désespoir, car Molly l’inquiète, plongée depuis le drame dans un profond mutisme.
Le naufrage du Titanic est un événement majeur qui secoue toute l’Amérique, et les victimes sont prises en charge, logées à l’hôtel, examinées à l’hôpital.
Et après ? Letta va devoir puiser très loin en elle pour survivre dans ce New York qu’elle n’aime pas et qu’elle ne comprend pas.
Et se battre pour sauver sa petite soeur bientôt qualifiée de « folle » dans un siècle qui traite mal les fous...
Une atmosphère à la Downton Abbey vue d’Amérique : New York en 1912, la fin flamboyante d’une époque.

 

Dealer : Médiathèque de Plouescat

 

Ma lecture :

Je crois que toutes les filles de ma génération, enfin les filles et les garçons, sont montées sur le Titanic. Avec DiCaprio, bien sûr, mais on y était !
Alors ce roman, Après l'océan, m'a tapé dans l’œil.

En 1912, Charles Alistair, le roi de la tourte de Portsmouth (Angleterre), vend la boulangerie familiale et met toutes ses économies dans un aller simple pour New-York avec toute sa famille. Ils vont grossir leur fortune en Amérique, un investisseur les y attend.
Le 18 Avril 1912, Letta et Molly débarquent à New-York. Les deux sœurs viennent de voir sombrer leurs parents, leur frère, et le jeune mari de l'aînée. Ainsi que leurs rêves. Au plus profond de l'océan. Letta, orpheline et veuve, doit prendre en charge sa petite sœur, choquée par le drame. L'enfant est éteinte, ne parle plus : elle souffre de neurasthénie sévère. Les rescapés du Titanic ne sont pas pris en charge correctement, personne ne s'attarde sur ce qu'on appellera plus tard les syndromes post-traumatiques. Molly est droguée au Laudanum et est envoyée dans un hôpital psychiatrique d'où sa grande sœur parvient à l'extraire avant qu'il ne soit trop tard. Pendant ce temps, Letta parvient à se reconstruire en travaillant dans une pharmacie, se découvre des amies et fait jouer ses relations. Va-t-elle rester à New-York finalement, cette ville et ses espoirs qui ont fait sombrer sa famille ?

Après l'océan est un roman sur la reconstruction après un drame comme le naufrage du Titanic. Letta et sa famille ont embarqué pour réaliser leurs rêves, mais c'est veuve et orphelines qu'elles débarquent, sa jeune sœur et elle, à New-York, ville si éloignée culturellement de Portsmouth.
C'est aussi un roman sur les combats de jeunes femmes face à l'adversité : Letta qui doit faire preuve de résilience pour avancer et puiser en elle la force de vivre cette aventure américaine seule. Natalie, cette New-yorkaise qui a réussi à faire Médecine quand l'époque ne voulait pas de femme dans les universités, et qui voit sa vie basculer lorsqu'elle perd sa jambe dans un accident de tramway.
C'est un roman de combats personnels, quotidiens, qui œuvrent tous pour l'émancipation féminine et, plus largement, individuelle comme les personnes en situation de handicaps physiques ou de défaillances psychologiques. 

Bref, Laurence Peyrin signe là un beau roman où, malgré l'adversité, rêves et espoirs conservent une chance de se réaliser si on se donne la peine de se battre pour eux. Le roman de la résilience.
Je n'avais jamais lu, encore, de roman de cette auteur et j'ai aimé son écriture, fluide, belle, et juste.

 

mercredi 20 juillet 2022

La chambre aux papillons

La chambre aux papillons,

Lucinda Riley,
Ed. Charleston, 2020


Mot de l'éditeur :

Dans la campagne de Suffolk, Admiral House trône. C'est la maison de famille de Posy Montague, l'endroit où elle a passé son enfance à courir après les papillons avec son père, avant d'y élever ses propres enfants. A près de 70 ans, elle doit pourtant se résoudre à se séparer de cette demeure qui a abrite ses plus grandes joies et ses plus grandes peines.
Mais la réapparition soudaine de Freddie, son amour de jeunesse qui lui a brisé le cœur cinquante ans auparavant, va tout bouleverser. Car il se pourrait bien qu'Admiral House n'ait pas encore révélé tous ses secrets....
Une captivante fresque multigénérationnelle, combinant personnages inoubliables et secrets déchirants, comme Lucinda Riley en a fait sa spécialité.


Dealer : Médiathèque de Plouescat


Ma lecture :

En allant à la Médiathèque, je n'ai pas su résister à ce roman de Lucinda Riley, alors que des tomes des 7 Soeurs m'attendent toujours patiemment dans mon salon ;)

mercredi 13 juillet 2022

Lutetia

Lutetia lecture teatime palace Paris Pierre Assouline

Lutetia,

Pierre Assouline,
Ed. Gallimard, 2005


Mot de l'éditeur :

Tapi dans les recoins les plus secrets du Lutetia, un homme voit l'Europe s'enfoncer dans la guerre mondiale. Edouard Kiefer, Alsacien, ancien flic des RG. Détective chargé de la sécurité de l'hôtel et de ses clients. Discret et intouchable, nul ne sait ce qu'il pense. Dans un Paris vaincu, occupé, humilié, aux heures les plus sombres de la collaboration, cet homme est hanté par une question : jusqu'où peut-on aller sans trahir sa conscience? De 1938 à 1945, l'hôtel Lutetia - l'unique palace de la rive gauche - partage le destin de la France. Entre ses murs se succèdent exilés, écrivains et artistes, puis officiers nazis et trafiquants du marché noir, pour laisser place enfin à la cohorte des déportés de retour des camps. En accordant précision biographique et souffle romanesque, Pierre Assouline redonne vie à la légende perdue du grand hôtel, avec un art du clair-obscur qui convient mieux que tout autre au mythique Lutetia.

 

Dealer : D'occasion

 

Ma lecture :

Lors de ma dernière escapade parisienne, je me suis offert le luxe d'un tea-time au Lutetia. J'avais choisi ce palace pour son rapport à l'Histoire puisqu'en 1945, après avoir hébergé les services de renseignements allemands, elle a servi de base d'accueil lors des rapatriements des déportés.

Le roman de Pierre Assouline se compose de trois parties : le monde d'avant, pendant ce temps, et la vie après. Le narrateur, Edouard Kiefer, est le détective de l'hôtel chargé de la sécurité des pensionnaires. Il expose, de l'intérieur, toutes les facettes du Lutetia : le côté palace des années 30 et ses célébrités de l’époque comme James Joyce et Thomas Mann, pour parler des écrivains. Puis la déclaration de guerre et la fuite des locataires, suivie de près par la mise en place de l'Occupation et l'installation de l'Abwehr (service de renseignement de l'état-major allemand) boulevard Raspail. Et enfin en 1945, la réquisition de l’hôtel pour organiser et accueillir le retour des déportés. Certains personnages vont et viennent au gré des parties, avant/pendant/après guerre et j'ai aimé suivre leur parcours dans les drames de l'Histoire. Et le personnage le plus important, le Lutetia lui-même, vibre de cette Histoire et de ces histoires.

C'est exactement le genre de roman que j'avais besoin de lire avant mon passage au Lutetia car l'auteur, avec son narrateur terriblement attachant, nous délivre les secrets et les murmures du palace par des histoires autour des pensionnaires, emblématiques ou anonymes. Je ne connaissais pas Pierre Assouline et j'ai adoré sa plume, à la fois concise et pertinente, mais aussi sensible et poétique.

« Si les murs pouvaient parler …. Ils suintent, murmurent, hurlent parfois mais ne parlent pas. A Lutetia, la musique de fond est faite de chuchotements, ceux de leur colloque ininterrompu depuis un demi-siècle. Car si tout grand hôtel est un lieu hanté, celui-ci l'est plus que d'autres. »
Cet extrait résume vraiment la manière de toucher l'âme du Lutetia. 

❤ Un gros coup de cœur pour ce roman dont j'ai pu prendre le temps de lire quelques pages sur un fauteuil du Lutetia, sous la voûte lumineuse et colorée du salon Saint-Germain.

mardi 5 juillet 2022

Ecrire c'est respirer

Ecrire c'est respirer,

Susie Morgensten,
Ed. Le Robert, 2022


Mot de l'éditeur :

Une plongée réjouissante dans les secrets d'écriture de Susie Morgenstern !
Susie Morgenstern a publié plus de cent cinquante titres, dont de nombreux best-sellers primés et encensés par la critique. Dans ce livre, véritable hymne à l’écriture, l’autrice nous entraîne avec humour et poésie dans les coulisses de la création. Les grands (comme les plus jeunes) y trouveront leur bonheur grâce à des ateliers inspirants et des conseils qui donnent envie d’écrire !
« Écrire c’est de l’archéologie intime. On fouille avec le stylo à la recherche de soi-même. On plonge dans les profondeurs d’une mer inconnue pour pêcher des poissons qui nagent à l’intérieur de nous. C’est la mine qu’on descend pour chercher l’or. C’est la cave à vieilles bouteilles de vin. C’est un chemin de pèlerinage, la chasse aux trésors, l’éternelle quête de soi-même. »

 

Dealer : Rakuten

 

Ma lecture :

Je viens de me rendre compte qu'enfant ou ado, je n'ai pas lu un seul roman de Susie Morgenstern, ou alors je ne m'en souviens pas et c'est encore plus terrible ! 

Dans Ecrire c'est respirer, qui vient de paraître, elle revient sur ses amours avec les mots. D'abord en tant que lectrice puis en tant qu'auteur. Avec beaucoup d'humour qui ne cache pas sa sincérité, elle se livre sur son activité d'écrivain. Américaine d'origine, elle arrive en France à 22 ans et écrit en français, totalement consciente de ses lacunes. Mais écrire est un jeu, les mots sont des cartes, et en lançant son grand dé de l'imagination, elle crée des histoires autour du quotidien. Elle sait s'émerveiller de tour, prendre le temps de raconter le moment présent avant qu'il ne s'envole, fugace, vers un passé déjà flou. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre et les défis d'écriture que l'auteur propose à ses lecteurs. J'aimerai prendre le temps d'y jouer.

Merci Susie Morgenstern pour cet aparté dans votre intimité, je me suis presque imaginé en chat ronronnant sur votre épaule, savourant chaque mot qui défile sur votre écran, prête à les attraper au vol !



 

mardi 28 juin 2022

Dessous les roses

Dessous les roses,

Olivier Adam,
Ed. Flammarion, 2022


Mot de l'éditeur :

- Tu crois qu'il va venir ? m'a demandé Antoine en s'allumant une cigarette.J'ai haussé les épaules. Avec Paul comment savoir ? Il n'en faisait toujours qu'à sa tête. Se souciait peu des convenances. Considérait n'avoir aucune obligation envers qui que ce soit. Et surtout pas envers sa famille, qu'il avait laminée de film en film, de pièce en pièce, même s'il s'en défendait.- En tout cas, a repris mon frère, si demain il s'avise de se lever pour parler de papa, je te jure, je le défonce.- Ah ouais ? a fait une voix derrière nous. Je serais curieux de savoir comment tu comptes t'y prendre...Antoine a sursauté. Je me suis retournée. Paul se tenait là, dans l'obscurité, son sac à la main. Nous n'avions pas entendu grincer la grille. J'ignore comment il s'y prenait. Ce portillon couinait depuis toujours. Aucun dégrippant, aucun type d'huile n'avait jamais réussi à le calmer. Mais Paul parvenait à le pousser sans lui arracher le moindre miaulement.

 

Dealer : SP de l'auteur, merci, merci !  :)

 

Ma lecture :

Antoine et Claire se retrouvent dans la maison de leur enfance. Leur père vient de mourir, on l'enterre demain. Leur petit frère Paul, l'arrogant auteur de théâtre et de cinéma viendra-t-il, lui qui a tant critiqué sa famille et utilisé leurs failles pour s'installer dans son succès ?

mardi 21 juin 2022

Demain les chats

Demain les chats,

Bernard Werber,
Ed. Albin Michel, 2016


Mot de l'éditeur :

A Montmartre vivent deux chats extraordinaires. Bastet, la narratrice qui souhaite mieux communiquer et comprendre les humains. Pythagore, chat de laboratoire qui a au sommet de son crâne une prise USB qui lui permet de se brancher sur Internet. Les deux chats vont se rencontrer, se comprendre s’aimer alors qu’autour d’eux le monde des humains ne cesse de se compliquer. A la violence des hommes Bastet veut opposer la spiritualité des chats. Mais pour Pythagore il est peut être déjà trop tard et les chats doivent se préparer à prendre la releve de la civilisation humaine.


Dealer : Avec l'auteur au Salon du Livre de Vannes, 2022


Ma lecture :

Il y a quelques années, jadis ou bien naguère, j'avais lu et adoré la pentalogie du ciel (Les Thanatonautes et Nous les dieux) de Bernard Werber. Récemment, un peu plus tôt qu'hier, j'ai réitéré l'expérience avec Les fourmis mais elle n'a guère été concluante. La venue de l'auteur au salon Livr'àVannes m'a pousssée à tenter la trilogie des chats qui s'ouvre par Demain les chats.  

Le narrateur de ce roman est un chat, et le point de vue est donc celui d'un chat. D'un chaton qui découvre le monde, le sien et celui des humains. Au début il s'étonne de sa servante (oui, j'ai bien écrit, comme Bernard Werber, servante, et non maîtresse) qui passe beaucoup de temps assise dans le canapé à regarder un rectangle noir fixé au mur. Celui-ci diffuse des images de guerre que Bastet, la chatte-narrateur, a déjà vues dehors. Pourquoi les humains s'entretuent-ils ? Et elle a beau ronronner et se concentrer sur l'émission de ses vibrations, sa servante ne la comprend pas, pas plus que le poisson rouge dans son bocal. Il faudra attendre sa rencontre avec Pyhagore, le siamois des voisins équipé d'une mémoire reliée à Internet, pour comprendre le monde et l'univers qui l'entoure. En parallèle à l'initiation de Bastet, la guerre des humains prend une tournure post-apocalytique et des hordes de rats se ruent sur les humains et les autres animaux. Ne survivent bientôt que quelques spécimens qui vont tenter de s'allier, de survivre, et faire barrage contre ces rats...

J'ai adoré le point de vue adopté par l'auteur. Un chaton qui découvre le monde des humains et des relations inter (et intra) espèces est tout à fait intéressant et Bernard Werber, comme à son habitude, amène des réflexions philosophiques fantastiques. Le savoir relatif et absolu d'Edmond Wells (dans ses précédents romans) est ici transmis par le chat de laboratoire Pythagore : cette idée est, elle aussi, tout à fait fascinante !

Je lis souvent avec mon chaton ronronnant sur mes genoux, et cette histoire de ronrons m'a presque fait frissonner. Je regarde, à mon tour, mon chat différemment ! J'en ai presque peur, c'est vous dire !
Demain les chats est franchement un coup de cœur et même si je ne lirai la suite demain, j'ai hâte de découvrir les autres opus de la trilogie !

mercredi 15 juin 2022

Désenchantées

Désenchantées,

Marie Vareille,
Ed. Charleston, 2022


Mot de l'éditeur ;

La disparition de Sarah Leroy, quinze ans, a bouleversé la petite bourgade de Bouville-sur-Mer et ému la France entière. Dans chaque foyer, chaque bistrot, on élaborait des hypothèses, mais ce qui est vraiment arrivé, personne ne l’a jamais su.
Vingt ans plus tard, Fanny revient sur les lieux de ce drame qui a marqué sa jeunesse. Et c’est tout un passé qu’elle avait préféré oublier qui resurgit... Car l’histoire de Sarah Leroy, c’est aussi un peu la sienne, et celle d’une bande de filles qui se faisaient appeler les « Désenchantées ». Une histoire qui a l’odeur des premières cigarettes et du chlore de la piscine municipale, des serments d’amitié et surtout, des plus lourds secrets.
Avec finesse et un vrai sens du suspense, Marie Vareille met à nu les rouages de l’amitié féminine dans un roman d’apprentissage captivant et rempli d’émotion.

 

Dealer : avec Marie Vareille au Salon du Livre de Vannes (Juin 2022) 


Ma lecture :

Je n'avais encore jamais lu Marie Vareille et j'ai profité de sa présence au Salon du Livre de Vannes pour m'offrir son dernier roman. Le résumé, qui fleurait bon les secrets et les années 90, m'a mis l'eau à la bouche...

Nous sommes dans un petit bourg de la côte d'Opale qui a vu grandir Angélique et Sarah. Les deux enfants se sont rencontrées dans un cimetière à 8 ans et sont devenues les meilleures amies du monde. Jusqu'à une dispute. Jusqu'à un drame. Et jusqu'à la disparition de Sarah.
Vingt ans plus tard, Fanny, la grande sœur d'Angélique, en froid avec sa famille, revient sur les lieux de son enfance pour réaliser un reportage pour le journal où elle travaille, un reportage sur cette disparition qui a secoué la petite ville. Elle doit faire face à ses démons et renouer avec sa sœur qu'elle a toujours cru complice de ce drame pendant qu'un innocent croupit en prison. Elle reprend chaque élément de l'enquête et de sa mémoire les uns après les autres. Que s'est-il vraiment passé cet été là ?

Sous ses airs de thriller, au passage véritable page turner, Marie Vareille signe un roman sensible qui aborde les thèmes de la condition féminine et de la sororité, du deuil, de la famille et de la belle-famille, de l'identité et du secret. J'ai été bouleversée par cette histoire, servie par la plume fluide et enjouée de l'auteur. La construction qui défie les lois de l'espace-temps offre un rythme dynamique et rend la lecture addictive. J'ai aussi été embarquée dans l'époque des années 90-2000 grâce aux références culturelles qui ont marqué ma propre adolescence. Désenchantée sait cultiver cette nostalgie et cette adolescence tâchée par l'ombre des drames et des secrets.

Quant à la fin, ces terribles dernières pages qui mettent un terme aux doutes et qui closent les secrets, elle est totalement chavirante ! Un feu d'artifice d'émotions qui laisse sans voix, les yeux un peu humides. Et si un roman a le pouvoir de faire naître les larmes, c'est que l'auteur a su convaincre et toucher le cœur du lecteur. Une chose est sûre : Marie Vareille m'a convaincue !


 Marie Vareille, Vannes, Juin 2022



lundi 6 juin 2022

Sous un même ciel

Sous un même ciel,

Soazig Leblanc,
Auto-édition, 2021


Mot de l'éditeur :

La Baule, 1938. Station balnéaire bretonne qui attire les vedettes parisiennes en quête de dépaysement. L’océan, les pins, le doux climat, c’est le cadre tranquille et protégé où Joseph a grandi. Son père, la guerre le lui a pris, alors il vit sa vie avec toujours plus d’intensité.
Entre son travail et ses amis, Joseph ne manque de rien, sauf peut-être de l’amour. Gabrielle, jeune orpheline, quitte ses parents adoptifs pour réaliser son rêve, vivre et travailler près de cet océan qui semble si vaste et ouvre tant de possibles. Un peu partout en Europe, la menace allemande se répand et sème la terreur. Peut-on encore connaitre la guerre alors que les blessures de la précédente ne sont toujours pas refermées ? L’armée allemande ne viendra jamais jusqu’en Bretagne…
Joseph et Gabrielle devaient se rencontrer. L’amitié, l’amour, la peur et l’impossible, c’est le décor de leur histoire.

 

Dealer : Achat auprès de l'auteur au Salon du livre de Guilers (29) 


Ma lecture :

La couverture de Sous un même ciel m'avait tapé dans l’œil il y a déjà quelques mois. Ces photos anciennes, ce carnet et ces tickets de rationnement fleuraient déjà bon la Seconde Guerre Mondiale et ses histoires...

Soazig Leblanc nous livre l'histoire de Joseph et Gabrielle. Lui, le petit bonhomme à l'apparence timide mais sûr de ses sentiments pour la jeune femme qui ne se risque pourtant pas à lui jeter un seul regard. Mais à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale, leur amour va finir par devenir une évidence et Gabrielle va doucement tomber son armure pour céder à la bonne humeur de Joseph. La Baule est bientôt occupée par l'armée allemande et le quotidien des deux tourtereaux est bouleversé. L'hôtel balnéaire où travaille Gabrielle est occupé par des soldats anglais, tandis que l'imprimerie de Joseph doit imprimer des tracts pour les allemands. La ville devient étouffante et il choisit vite la Résistance, refuse le STO et doit fuir la station avec celle qui deviendra son épouse.
Mais peut-on construire un couple et une famille au cœur de la guerre ?

J'ai beaucoup aimé le contexte historique du roman bien sûr, avec ses anecdotes locales. La plume de Soazig Leblanc est pudique et maîtrisée, presque trop ? Soyons clair, je n'aime pas les romances guimauveuses et ce roman relève plus du roman historique que de la pure romance historique, mais la lectrice diabétique que je suis a toujours besoin d'un peu de sucre pour toucher au merveilleux d'un roman. Il m'a manqué de ces soupçons d'emphases et de ces quelques pincées de poésie. Mais à lire les remerciements en fin d'ouvrage, je comprends pourquoi l'auteur est restée pudique dans ses mots. Le révéler ne gâchera rien à votre lecture : Soazic Leblanc a raconté l'histoire de ses grands-parents qui ont grandi en pleine Seconde Guerre Mondiale entre Résistance et trahisons dans une Baule méconnaissable. Et la plume pudique mais authentique de l'auteur a rendu hommage à ses aïeux et à la terrible période qu'ils ont traversé ensemble, envers et contre tout. Bravo, donc !

J'ai déjà hâte de découvrir un autre roman de l'auteur :)

 

 


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