lundi 31 août 2026

Loving date

Love dating,

Ce très court moment d'espoir,
Audrey Dana,
Ed. Seuil, 2026


Mot de l'éditeur :

Sous la forme d'un roman-photo, des anti-héros sont confrontés à des situations drôles, absurdes, gênantes, pathétiques ou inattendues lors de love-dating.

Dealer : Dialogues Morlaix


Ma lecture :

Les studios Mogul ont encore frappé ! 

Cette fois, c’est au tour d’Audrey Dana de nous concocter un véritable roman-photo autour de ces fameux rendez-vous issus des applis de rencontre… et de tout ce qu’ils peuvent avoir de plus cocasse, gênant ou carrément catastrophique !

Entourée d’une pléthore de comédiens tels que Alice Belaïdi, Sylvie Testud, Pascal Elbé, ou encore la regrettée Nadia Farès, Audrey Dana met en scène une galerie de dates plus ou moins désastreux, inspirés des pires scénarios que l’on puisse imaginer.

Celui qui compte tout au centime près, celui qui vous accueille dans une chambre ornée d’une croix gammée, celui qui ne ressemble absolument pas à sa photo, celui qui se projette déjà beaucoup trop loin… Bref, le meilleur du pire des rendez-vous amoureux !

C’est drôle, parfois franchement gênant, souvent très bien vu… et surtout, on se surprend à se demander : « Mais… ça existe vraiment, des gens comme ça ? » 

À savourer au bar, en attendant son date, bien sûr ! 
Et si le type ne vous plaît pas, restez le nez plongé dedans !


mardi 4 août 2026

Cucul

Cucul,

Camille Emmanuelle,
Ed. Seuil, 2024


Mot de l'éditeur :

Le jour, Marie Couston est prof de français dans un lycée. La nuit, elle écrit sous pseudo de la romance érotique. Mais lorsque son éditrice exige qu'elle abandonne ses romans cucul pour de la dark romance, Marie voit rouge. En clair, on lui demande de rendre sexy des violences conjugales et sexuelles. Sans regret, et un peu saoule, elle décide de tuer son personnage principal avant de s'endormir. Au réveil, elle n'en croit pas ses yeux : un inconnu est assis sur son canapé. L'homme, très beau dans son costume sur mesure hors de prix, lui explique alors le plus sérieusement du monde qu'il est James Cooper, le mâle alpha de sa romance...

Dealer : Club de lecture


Ma lecture 

Et si le personnage incroyablement sexy de la romance que vous écrivez apparaissait soudainement sur votre canapé ? Vous en feriez bien votre quatre-heures, non ?  

lundi 3 août 2026

Nos cœurs en chute libre

Nos cœurs en chute libre,

Valentine Stergann,
Ed. Hugo Poche, 2022


Mot de l'éditeur :

Passer une semaine en camping avec la bande de potes de sa meilleure amie ?
C'est la définition de l'enfer pour Félicie ! Retrouver l'homme le plus beauf qu'elle ait jamais vu, la peste de service qui se moque toujours de son surpoids et son ex un peu lourdaud sur les bords, ça ressemble bien à un traquenard. Sauf qu'une promesse est une promesse, donc elle ira, même en traînant des pieds. Alors quand Andrès, le petit nouveau du groupe, lui fait comprendre qu'il ferait bien d'elle son quatre-heures, elle reste sur ses gardes. S'il est à tomber, c'est surtout un parfait inconnu qui ne se dévoile pas beaucoup. Ce genre d'homme, Félicie s'en méfie. Elle n'acceptera plus d'être blessée comme elle l'a été dans le passé. Mais si pour avancer, Félicie devait enfin lâcher prise et sauter dans le vide avec lui, main dans la main ?


Dealer : Seconde main


Ma lecture :

Je lis très peu de romances, mais celles de Valentine Stergann délivrent toujours un message et sont toujours très bien écrites. C'est d'ailleurs pour cela que je les apprécie autant. 

mercredi 8 juillet 2026

Les Dames de Marlow enquêtent

Les Dames de Marlow enquêtent,

T.1 : Mort compte triple,
Robert Thorogood,
Ed. La Martinière, 2021


Mot de l'éditeur :

C'est drôle, c'est exquis, c'est anglais ! Quand Miss Marple rencontre le Capitaine Marleau : la série phénomène dont vous ne pourrez plus vous passer. Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine ! Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d'un coup de feu.

Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d'énigme sans solution pour Judith Potts ! La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l'enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow. Vous reprendrez bien un nuage de crime avec votre thé ?

Robert Thorogood est le créateur et scénariste de la série TV à succès Meurtres au paradis, suivie par 5 millions de téléspectateurs en France.

Avec cette première enquête des Dames de Marlow, il donne vie à une héroïne qui déchire tout : Judith Potts !


Dealer : Seconde main


Ma lecture :

Une copine du club de lecture m'a parlé de cette série de cosy mysteries. Je peux lire ce genre, mais à petite dose, alors je ne m'étais pas précipitée pour l'essayer... jusqu'à ce qu'elle me parle des grilles de mots fléchés incluses dans chaque roman.  

mardi 30 juin 2026

Du Jubillar ou du cochon ?

Du Jubillar ou du cochon ?

Romain Puértolas,
Ed. du Fakir, 2026


Mot de l'éditeur :

« Pendant qu’à trente kilomètres de là, à Albi, le monde tergiversait sur la culpabilité de Cédric Jubillard, le nombre de joints qu’il fumait et l’heure à laquelle il allait promener les chiens, moi, je faisais la seule chose qui importait vraiment dans toute cette affaire, chercher l’endroit où il avait enterré Delphine... »

Pendant plus de cinq mois, dans le plus grand secret, au gré des salons du livre et librairies auxquels il était invité dans la région (Castelmaurou, Pampelonne, Gaillac), l’ancien capitaine de police, auteur de L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté dans une armoire Ikea, a enquêté sur l’affaire du moment. Dans ce récit aussi étayé que sarcastique, il continue dans sa lignée de « roman-quêtes » amorcée par Comment j’ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès et Ma vie sans moustache, livre son intime conviction sur cette affaire d’actualité et les pistes sur l’endroit où pourrait se trouver Delphine.



Ma lecture :


Et si le meilleur enquêteur sur l'affaire Jubillar n'était ni un policier, ni un juge... mais un romancier ? 

Ancien policier, Romain Puértolas aime décortiquer les affaires criminelles non élucidées ou ctrop vite bâclées. Dans Du Jubillar ou du cochon, il se penche sur l'affaire Jubillar : cette nuit de décembre où Delphine disparaît sans laisser de trace. Problème : toujours pas de corps, toujours pas de preuve matérielle.   

dimanche 28 juin 2026

La loi des catacombes

La loi des catacombes,

Marion Bertoli,
Ed. Hugo, 2025


Mot de l'éditeur :

Pour Lucas, retrouver les imbéciles perdus dans les méandres silencieux des catacombes parisiennes est une activité régulière. Alors qu’il est chargé d’aller sauver Axel, égaré stupidement après une soirée clandestine dans le dédale, Lucas ne s’attend pas à autre chose qu’un petit boulot rapide.

Mais s’il est habitué à concocter des sorts de protection et des incantations magiques, frayer avec les fantômes et autres créatures qui peuplent les ombres d’une société qui n’a pas conscience de leur existence, affronter le destin est une tout autre paire de manches. Car Axel ne s’est pas simplement perdu. Il a été maudit par une force surnaturelle très puissante, tapie dans les sous-sols de la Ville Lumière.

Liés l’un à l’autre, les deux jeunes hommes que tout oppose vont devoir apprendre à se supporter pour s’en sortir. Surtout que le destin n’est pas le seul à intervenir dans la vie de Lucas et qu’un ennemi qui le poursuit depuis toujours est bien déterminé à obtenir ce qu’il veut de lui.


Dealer : Seconde main


Ma lecture :

Avec cette canicule, je voulais lire un roman sur les catacombes parisiennes. Il y en a peu, et j'ai trouvé celui-ci, entre aventure, fantastique et romance. C'est le côté aventure que je cherchais. 

lundi 22 juin 2026

Comment j'ai survécu quinze ans avec trente euros

Comment j'ai survécu quinze ans avec trente euros,

La méthode Ligonnès,
Romain Puértolas,
Ed. Le fakir dans l'armoire, 2026


Mot de l'éditeur :

Suite à la publication de mon roman Comment j’ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès, les choses s’emballèrent à une vitesse folle. Un mercredi soir, à 22h56 précises, un certain Freddy me contacta sur Instagram. Il affirmait avoir retrouvé sur Google Maps la trace d’une C5 conduite par un homme pouvant être Xavier Dupont de Ligonnès en avril 2011 aux environs de Draguignan. La date correspondait, les lieux aussi. Ce fut le premier d’une longue série de témoignages, photos à l’appui, des quatre coins du monde qui me firent retomber dans cette folie contre laquelle je m’étais battu toutes ces années et que je pensais avoir vaincue. À une différence près. Je n’étais maintenant plus seul. Toute la France était derrière moi…


Ma lecture :

L'affaire Dupont de Ligonnès est sans doute le mystère criminel qui me passionne le plus, car chacun peut y aller de ses spéculations. Vivant ou mort ? Telle est la question. 

jeudi 18 juin 2026

Esprit d'hiver

Esprit d'hiver,

Laura Kasischke,
Ed. Christian Bourgeois, 2013


Mot de l'éditeur :

En ce matin de Noël, Holly se réveille, en retard, hantée par un funeste pressentiment : l'impression que, quand elle est partie en Russie avec son mari treize ans plus tôt pour adopter Tatiana, quelque chose les a suivis jusque chez eux.

Tandis qu'Holly tente de dissiper cette angoisse inexplicable, son mari, Eric, part en hâte pour l'aéroport où il doit retrouver ses parents venus fêter Noël avec eux.

Très rapidement, les incidents s'enchaînent : un blizzard fulgurant se lève et interrompt progressivement toute possibilité de circulation automobile sur les routes environnantes.

Alors qu'Eric se retrouve bloqué à l'hôpital où il a dû conduire d'urgence ses parents, les autres invités se décommandent successivement. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana. Se met alors en place un huis clos hivernal au fil duquel le comportement de sa fille apparaît de plus en plus étrange et incohérent...


Ma lecture :

Pour mon club de lecture, je devais lire un roman avec un lit sur la couverture. Pas facile, hein ? J'ai exploré ma bibliothèque et je suis tombée sur ce roman, Esprit d'hiver
Et, pour l'anecdote, la thématique du club de lecture initialement tirée au sort était "roman de Noël" et, étant quasiment en été, j'avais opposé mon droit de veto. Résultat des courses, ce roman se déroule...à Noël ! Bref.

Esprit d'hiver, donc.
Eric, Holly et leur fille Tatiana se réveillent plus tard que d'habitude le matin de Noël. Les voilà en retard pour aller chercher les parents d'Eric à l'aéroport et pour préparer les festivités. L'énorme rôti attend sagement dans le frigo. Le sapin est illuminé. La neige est au-rendez-vous. Un peu trop peut-être. Un blizzard paralyse bientôt les routes. Eric et ses parents sont coincés à l'hôpital. Les autres invités se décommandent les uns après les autres.

Holly est seule avec Tatiana, leur fille adoptée en Sibérie il y a quinze ans. Leur magnifique fille aux cheveux noirs de jais et au teint si pâle qu'il semble parfois bleuté. Mais au lieu d'aider sa mère dans les préparatifs, la jeune fille adopte un comportement étrange et retourne se coucher...

Esprit d'hiver est un roman vraiment intéressant. Il se déroule pendant cette journée de Noël, suspendue dans le blizzard. La neige est oppressante et fausse les communications. Et Holly a un étrange pressentiment, ce matin-là, au sujet de sa fille. Et si quelque chose les avait suivis de Sibérie, après l'adoption ? Que savent-ils réellement de la famille de Tatiana ? Quels secrets son passé pourrait-il dissimuler ? Voilà le lecteur embarqué dans une narration floue entre les préparatifs de Noël, le processus d'adoption, et le comportement incohérent de Tatiana. Nous sommes pris par le blizzard, enfermés dans ce huis-clos où tout semble étrange. Ce rôti dont le sang coule sur le col, cette guirlande de Noël branchée puis débranchée, et Tatiana, fantomatique. 

On sent vraiment qu'il se passe quelque chose de bien étrange dans cette maison perdue dans le blizzard. Le rythme est extrêmement lent, la narration décousue, on peine à avancer dans ce brouillard. Ce qui m'a tenue, c'est de de comprendre la clé de ce mystère. Et quel clé !

J'ai beaucoup aimé la réussite de cette ambiance oppressante dans la neige, véritable leitmotiv du roman. On avance pas à pas dans la neige, aveuglés par le blizzard pour découvrir une fin tout à fait bouleversante. Magistrale Laura Kasischke.

jeudi 11 juin 2026

La Prophétie du diamant

La Prophétie du diamant,

Alexandre Murat,
Ed. Fleuve noir, 2025


Mot de l'éditeur :

Séville, 1492.
Aftalion Benveniste, un diamantaire juif réputé, sent l'étau de l'Inquisition espagnole se refermer sur lui. La mystérieuse commande de trois chevaliers pour un diamant très spécial va précipiter sa fuite vers Anvers...

Boston, 2022.
Alex, professeur d'histoire des Civilisations à Harvard, reçoit un étonnant colis sans adresse d'expéditeur. Le pli contient un carnet vieux de plus de cinq siècles : le journal d'un certain Aftalion Benveniste. Ce récit en apparence anodin les entraînera, sa compagne Mary et lui, dans une course contre la montre à travers le monde pour retrouver un parchemin qui pourrait bouleverser les fondations de l'Église catholique. Face à eux, deux adversaires de taille : une secte de fanatiques religieux prête à tout pour mener à bien sa mission apocalyptique, et le Vatican, déterminé à mettre la main en premier sur ce texte ancestral.


Ma lecture :

Un roman d'aventure ésotérique qui nous entraîne de Boston au Vatican sur la piste d'un secret capable d'ébranler l'Église catholique. 

mercredi 3 juin 2026

Si le rôle de la mer est de faire des vagues

Si le rôle de la mer est de faire des vagues,

Kim Yeon-su,
Ed. Picquier, 2015


Mot de l'éditeur :

Si le rôle de la mer est de faire des vagues, mon rôle à moi est de penser à toi. Depuis que nous avons été séparées, je ne t’ai jamais oubliée, pas même un seul jour.

Un jour, Camilla reçoit six cartons de vingt-cinq kilos qui contiennent toute son enfance. Entre un ours en peluche et un globe terrestre, la photo d’une jeune fille, petite et menue : celle de sa vraie mère avec un bébé dans les bras. Camilla a été adoptée peu après sa naissance par un couple d’Américains. Aujourd’hui elle a vingt et un ans et décide de partir en Corée à la recherche de sa mère.

Au fil d’une enquête aux multiples bifurcations, chacun livre sa version de l’histoire bouleversante de cette lycéenne de seize ans devenue mère, les rumeurs, les secrets, les tragédies, le mystère de l’identité du père. Peu à peu Camilla remplit les blancs de son passé, qui se confond avec celui de cette petite ville portuaire où elle est née, et toute sa vie s’en trouve changée.

Un roman riche en harmoniques, à l’imaginaire poétique et émouvant, enraciné dans la réalité sociale de la Corée d’aujourd’hui.


Ma lecture :

Un roman coréen puissant sur l'adoption et la quête des origines.

Camilla a grandi aux Etats-Unis, élevée par ses parents adoptifs. Ses véritables racines se trouvent en Corée du Sud. À la mort de sa mère adoptive, son père lui fait parvenir les cartons de son enfance : vingt-cinq kilos de souvenirs. Parmi eux, une vieille photographie. Une jeune femme asiatique tient un bébé dans ses bras devant un camélia éclatant.
"La photo qui, sans que je puisse expliquer pourquoi, semble montrer que le monde est meilleur que ce que l'on croit."

Quelque chose vacille alors en elle. À partir de cette image, elle décide de regarder son passé en face et de partir à la rencontre du pays qui l'a vue naître.

Commence alors une quête portée par une photographie et le nom d'une ville : Junam. Peu à peu, un monde enfoui se dévoile. Des fragments de mémoire remontent à la surface. D'autres voix s'ajoutent à celle de la narratrice, Camilla. Le procédé est très poétique, philarmonique mais parfois cacophonique. En effet, nous passons d'une voix à l'autre ce qui rend le récit décousu. Je suis frustrée d'être passée à côté d'un roman d'une magnifique puissance. Cette impression trouve d'ailleurs un écho dans les derniers mots de l'autrice :
"J'espère de tout mon cœur que vous pourrez lire ce que je n'ai pas écrit dans ce roman."

Si le rôle de la mer est de faire des vagues est un roman bouleversant sur l'adoption. Du côté de la mère comme de celui de l'enfant. Du côté des gestes empêchés, des rendez-vous manqués, des transmissions interrompues. Mais surtout, du côté de l'amour, sous toutes ses formes : celui qui relie malgré l'absence, celui qui survit aux silences et aux années.

J'ai découvert la littérature coréenne grâce à mon club de lecture et je suis heureuse d'avoir quitté mes sentiers battus. J'ai toutefois l'impression que, sous leur apparente simplicité, les romans coréens sont souvent exigeants. Et finalement, c'est peut-être ce qui fait leur beauté : accepter de se confronter à une part d'opacité pour atteindre une émotion plus profonde.


vendredi 29 mai 2026

Les coeurs sont faits pour être brisés

Les cœurs sont faits pour être brisés,

Tatiana de Rosnay,
Ed. Albin Michel, 2026


Mot de l'éditeur :

Dans les années 1980, Audrey et Marlo, étudiantes à l'université d'East Anglia à Norwich, travaillent à un projet commun, raconter la mort tragique d'Oscar Wilde à Paris.
Des décennies plus tard, Audrey, libraire, apprend que Marlo, devenue une célèbre romancière, s'est noyée dans le lac d'Annecy. Elle hérite d'un manuscrit inédit dans lequel sont révélés des secrets sur leurs années d'études.


Ma lecture :

Le passé dort-il vraiment sous les cartons glissés sous un lit, ou attend-il simplement le moment de ressurgir ?

Lorsqu’Audrey, libraire londonienne, apprend à la radio la mort brutale de la célèbre romancière Marlo von Graf, c’est tout un pan de sa jeunesse qu’elle croyait enfoui qui remonte à la surface. Car avant d’être une autrice adulée, Marlo fut son amie à l’université. Ensemble, étudiantes en lettres passionnées, elles avaient imaginé les derniers jours d’Oscar Wilde dans son appartement parisien. Mais un désaccord autour de cette histoire les avait irrémédiablement séparées.

Tatiana de Rosnay construit ici un roman fascinant à trois temporalités. Des années 80 dans une université londonienne, où gravitent Audrey, Marlo et le charismatique Laslo, jusqu’aux rives du lac Léman en 2011, où Audrey tente de comprendre les zones d’ombre entourant la disparition de son ancienne amie. En parallèle, se déploie le récit romancé des derniers instants d’Oscar Wilde, imaginé par les deux étudiantes, dont les échos deviennent peu à peu la clé du mystère entourant Marlo.

Et avec cette disparition resurgit aussi Laslo, l’amour de jeunesse d’Audrey, celui qui l’avait quittée pour partager finalement la vie de Marlo. Certains sentiments peuvent-ils réellement renaître de leurs cendres ?

Aficionada de Tatiana de Rosnay, j’ai beaucoup aimé cette déambulation mélancolique dans les souvenirs d’Audrey, entre mémoire, regrets et reconstruction. Les écrits laissés par Marlo brouillent sans cesse la frontière entre vérité et réécriture du passé. Une atmosphère fantomatique flotte sur le roman ; la brume de Manderley, chère à l’autrice, enveloppe le récit d’un voile aussi fascinant qu’inquiétant.

J’ai également été touchée par le personnage d’Audrey : femme divorcée, mère de jumeaux adolescents, elle avance avec pudeur vers une possible renaissance sentimentale. Un portrait sensible et profondément humain.

Avec ce roman, Tatiana de Rosnay explore avec délicatesse le poids des souvenirs, les blessures de jeunesse et les histoires que l’on se raconte pour survivre. Un récit élégant et mélancolique, où passé et fiction se répondent jusqu’à troubler le réel.

mardi 26 mai 2026

J'ai effacé les preuves

J'ai effacé les preuves,

Olivier Adam,
Ed. Bruno Doucey, 2026


Mot de l'éditeur :

je me confonds avec mon double
je me retourne et tout est trouble
j’ai perdu nos propres traces
j’ai effacé les preuves
j’ai joué avec le feu
et la pellicule a cramé
par négligence
en pyromane
en incendiaire


Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon (29)


Ma lecture : 

le même plaisir
toujours
de retrouver les mots 
d'Olivier Adam

dans ce recueil de poésie
les mots
sortent
virevoltent
bruts
beaux
comme des flammes
lucides
implacables

un diamant
à l'état brut
des émotions
à l'état brut
sans surplus
sans chichis

cracher des mots
mais avec élégance
toujours


jeudi 21 mai 2026

Kim Jiyoung, née en 1982

Kim Jiyoung, née en 1982,

Nam-joo Cho,
Ed. NIL, 2020


Mot de l'éditeur :

Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d'un prénom commun - le plus donné en Corée du Sud en 1982, l'année de sa naissance. Elle vit à Séoul avec son mari, de trois ans son aîné, et leur petite fille. Elle a un travail qu'elle aime mais qu'il lui faut quitter pour élever son enfant. Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d'autres femmes. Que peut-il bien lui être arrivé ?

En six parties, qui correspondent à autant de périodes de la vie de son personnage, d'une écriture précise et cinglante, Cho Nam-joo livre une photographie de la femme coréenne piégée dans une société traditionaliste contre laquelle elle ne parvient pas à lutter. Mais qu'on ne s'y trompe pas : Kim Jiyoung est bien plus que le miroir de la condition féminine en Corée - elle est le miroir de la condition féminine tout court.


Ma lecture :

LE roman sur la condition féminine en Corée à travers une voix : celle de Kim Jiyoung, jeune femme bien ancrée dans son époque.  

dimanche 17 mai 2026

D'autres printemps

D'autres printemps,

Virginie Grimaldi,
Ed. Flammarion, 2026


Mot de l'éditeur :

Flora vient de voir son plus grand rêve s'effondrer. Pourtant, quand on l'appelle au chevet de sa grand-mère, elle envoie tout valser pour la retrouver.

À son arrivée, Line, quatre-vingt-dix printemps, a une requête des plus surprenantes : Flora doit l'arracher à l'hôpital pour la conduire dans un petit village de Toscane. Pourquoi là-bas ? Personne ne lui connaît d'attaches en Italie. Flora hésite, mais Line insiste : c'est sa dernière volonté.

Alors, au matin, elles fuguent. Embarquée dans un road trip insolite, Flora ignore la vraie raison de ce voyage et l'ampleur du secret qu'elle s'apprête à découvrir. L'une roule vers son passé, l'autre vers son avenir : grand-mère et petite-fille ont des choses à se dire.

Elles n'imaginent rien de ce qui les attend au bout du chemin, là où l'histoire a commencé.


Ma lecture :

Préparez les Spritz, les pastas et les mouchoirs : Virginie Grimaldi nous embarque pour un magnifique road trip au cœur de l’Italie et des liens familiaux.

Quand sa grand-mère Line, 90 ans, demande à Flora de l'enlever de sa maison de retraite pour l'emmener en Toscane, elle ne comprend pas sa lubie. Pourquoi l'Italie ? Line va tout lui expliquer, à commencer par son véritable prénom : Carmela.

Commence alors un road trip magnifique vers l'enfance secrète de la vieille femme, entre Méditerranée, secrets, deuils impossibles et rires. Elle n'a pas mis les pieds en Italie depuis près de soixante-dix ans, et revoir les lieux de son enfance l'émerveille autant que cela l'attriste. Il lui faudra bientôt pousser des portes, épaulée par sa petite-fille, et entendre des réponses. Que sont devenus sa mère et son petit frère Ezio ?

Flora découvre ainsi tout un pan de la vie de sa grand-mère et ses racines italiennes. Cela passe par les paysages, la gastronomie et des liens familiaux à recréer. La mémoire familiale se recompose sous nos yeux, comme les pièces d'un puzzle égaré depuis des décennies.

Mais ce voyage n’est pas seulement celui de Carmela. Parallèlement à ce road trip, Flora est en plein cheminement intérieur et fait face à un deuil symbolique : celui de devenir mère.

Nous ne sommes ni dans un drame italien ni dans une commedia dell’arte ; nous sommes dans un roman de Virginie Grimaldi, qui sait traiter avec pudeur et subtilité des thèmes difficiles, mais aussi alléger les émotions par un fou rire salvateur. Nous sommes alors attablés dans une trattoria italienne, où l'on rit et où l'on pleure en même temps, où le vin coule à flot sur des plats enivrants.

J’ai adoré ce road trip entre cette grand-mère et sa petite-fille, terriblement attachantes, ainsi que cette (re)découverte de l’Italie, entre souvenirs sépia et émerveillements colorés. Un roman lumineux sur les origines, les transmissions familiales et ces printemps que l’on croit perdus, mais qui finissent parfois par refleurir.

Et mention spéciale au Vivo per lei 🤗


mercredi 13 mai 2026

Le jardinier et la mort

Le jardinier et la mort,

Guéorgui Gospodinov,
Ed. Gallimard, 2025


Mot de l'éditeur :

C`est l`histoire d`un jardinier en Bulgarie, un homme né à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui avait connu le communisme puis son effondrement. Un homme qui soignait son potager avec constance, qui guettait les bourgeons sur le point d`éclore, qui détachait délicatement des feuilles de menthe verte pour les disposer sur des tranches de tomates cueillies de sa main. Cet homme était le père du narrateur, qui vit un immense chagrin au moment de se retrouver orphelin. Comment dire à son père l`amour qu`on lui porte ? Comment devenir à son tour celui qui raconte les histoires et fait poindre de nouvelles racines ? 

Avec ce livre très attendu après Le pays du passé, Guéorgui Gospodinov nous invite à écouter la musique silencieuse de la pudeur des sentiments paternels et à observer quels sont les trésors véritables que l`on peut transmettre à son fils. Le grand écrivain bulgare nous offre le portrait délicat d`une relation à la fois unique et universelle, où les mots entrelacent l`amour et le souvenir, et continueront, comme les fleurs, de renaître à chaque printemps.


Ma lecture :

« Les fleurs ne sont-elles pas les périscopes secrets des morts qui gisent sous elles et observent le monde à travers leurs tiges ? »

dimanche 10 mai 2026

Nous irons mieux demain

Nous irons mieux demain,

Tatiana de Rosnay,
Ed. Robert Laffont, 2022


Mot de l'éditeur :

Mère célibataire de vingt-huit ans, ébranlée par le décès récent de son père, Candice Louradour mène une vie sans saveur. Un soir d’hiver pluvieux, à Paris, elle est témoin d’un accident de la circulation. Une femme est renversée et grièvement blessée.

Bouleversée, Candice lui porte assistance, puis se rend à son chevet à l’hôpital. Petit à petit, la jeune ingénieure du son et la convalescente se lient d’amitié.

Jusqu’au jour où Dominique demande à Candice de pénétrer dans son appartement pour y récupérer quelques affaires.

Dès lors, tout va basculer…

Pourquoi Candice a-t-elle envie de fouiller l’intimité d’une existence dont elle ne sait finalement rien ? Et qui est cette Dominique Marquisan, la cinquantaine élégante, si solitaire et énigmatique ?

Nous irons mieux demain retrace le chemin d’une femme fragile vers l’acceptation de soi, vers sa liberté. Il fait aussi écho aux derniers mots d’Émile Zola, le passager clandestin de cette histoire.


Dealer : Boîte à livres


Ma lecture :

Nous irons mieux demain, le genre de roman que l'on n'a pas envie de terminer, bercés par l'écriture élégante de Tatiana de Rosnay et intimidés par les secrets qu'on pourrait découvrir...

À Paris, Candice, jeune trentenaire, est témoin de l'accident de Dominique : un chauffard vient de la renverser. Elle va perdre sa jambe. Bouleversée par cette scène, la jeune femme s'approche de la victime et la suit jusqu'à l'hôpital. Entre Candice et la cinquantenaire va naître une amitié rare, bientôt dangereuse lorsque Dominique lui demandera d'aller dans son appartement récupérer quelques affaires pour sa convalescence. La jeune femme, pénétrant dans l'antre de sa nouvelle amie, va y découvrir des secrets bien gardés...

J'ai beaucoup, beaucoup, aimé ce roman. L'intrigue se tisse au fil des pages, au fil de ce que l'on apprend sur les failles des personnages. Candice, mère célibataire, souffre de troubles alimentaires depuis son adolescence et a toujours réussi à ignorer et dissimuler ce problème. Elle va aussi découvrir un secret autour de son père, décédé un an plus tôt. Et c'est dans ce trouble émotionnel que Dominique va s'engouffrer. Elle va combler les brèches en apportant, à son tour, un soutien à la jeune femme. Un soutien qui devient obsession puis maniplation.

Il y a donc les secrets et les failles des personnages.
Et un fil rouge : Émile Zola, cher à l'autrice. Zola est présent dans les murs, les lettres, les romans que Dominique fait découvrir à Candice.

Un roman bien ficelé : Tatiana de Rosnay nous prend par la main et nous emmène avec elle dans les rues de Paris et dans l'intimité de deux femmes en proie à leurs secrets et à leurs failles. L'écriture sensible et élégante de l'autrice nous transporte facilement d'une rive à l'autre.

Un coup de cœur, assurément !

mercredi 6 mai 2026

Jour de ressac

Jour de ressac,

Maylis de Kerangal, 
Ed. Gallimard, 2024


Mot de l'éditeur :

"Finalement, il vous dit quelque chose, notre homme ? Nous arrivions à hauteur de Gonfreville-l'Orcher, la raffinerie sortait de terre, indéchiffrable et nébuleuse, façon Gotham City, une autre ville derrière la ville, j'ai baissé ma vitre et inhalé longuement, le nez orienté vers les tours de distillation, vers ce Meccano démentiel. L'étrange puanteur s'engouffrait dans la voiture, mélange d'hydrocarbures, de sel et de poudre. Il m'a intimé de refermer, avant de m'interroger de nouveau, pourquoi avais-je finalement demandé à voir le corps ? C'est que vous y avez repensé, c'est que quelque chose a dû vous revenir. Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs."


Dealer : Livres in room, Saint-Pol-de-Léon (29)


Ma lecture : 

J'ai demandé à ma libraire un livre de poche avec une belle écriture : elle m'a tendu Jour de ressac et m'a offert une déambulation fantomatique au cœur du Havre. 

mardi 5 mai 2026

Qui a volé mes jambes ?

Qui a volé mes jambes ?

Jonathan Lambert,
Ed. Seuil, 2026


Mot de l'éditeur :

Vincent Moltenne, comptable aux cheveux gras et à l'imperméable en Tergal, mène une vie paisible avec une paire de jambes de mannequin. Ensemble, ils s'adonnent à des séances photos coquines en hommage au photographe surréaliste Pierre Molinier, connu pour ses photomontages érotiques. Une vie de couple somme toute ordinaire, jusqu'à ce que les jambes disparaissent. Qui a bien pu les voler? Et comment survivre quand on vous retire votre moitié? Vincent Moltenne enquête, aidé d'un commissaire corse retiré des affaires depuis qu'il est cloué dans son fauteuil roulant. Les cadavres s'accumulent et une série d'indices troublants les mèneront jusqu'au final aux multiples rebondissements.

Dans ce roman-photo à l'humour "lambertien", des invités qui sont autant d'amis viennent faire un clin d'oeil: Fred Testot, Valérie Lemercier, Vincent Dedienne, Kyan Khojandi, Thaïs Vauquières, Nadia Roz, Lilou Fogli, et quelques surprises...


Dealer : Livres in Room, Saint-Pol-de-Léon (29)


Ma lecture :

Après les succès de Guacamole Vaudou ou  de Couple, les éditions du Seuil n'en finissent plus de dépoussiérer le roman photo !

Qui a volé mes jambes ? 

lundi 4 mai 2026

Les deux soeurs

Les deux sœurs,

Cathy Bonidan,
Ed. La Martinière, 2025


Mot de l'éditeur :

Depuis son plus jeune âge, Barbara prend soin de sa sœur Edwige, dont l’enfance traumatisée ne cesse de la poursuivre – au point de mettre de côté sa propre vie. Jusqu’au jour où les deux sœurs quittent leur Normandie natale pour le petit village de Sainte-Colombe, dans les Hautes-Alpes.

Au creux des montagnes, elles prennent un nouveau départ : Edwige est accueillie à bras ouverts, se passionne pour l’écriture et, bientôt, son état psychologique se stabilise. Barbara, quant à elle, tisse de nouvelles amitiés. Soutenues par leur tante et la petite communauté, les deux sœurs tentent de se reconstruire. Mais le passé d’Edwige n’a pas fini de se rappeler à elles. Barbara, tiraillée entre le besoin de protéger sa sœur et son propre désir d’indépendance, doit faire face à des choix difficiles.

Entre les liens indéfectibles de deux sœurs et les mystères d’un village montagnard, Cathy Bonidan explore, avec une justesse rare, les liens familiaux et la résilience face à l’adversité et aux secrets familiaux, dans un cadre aussi chaleureux qu’intrigant.


Ma lecture : 

Et si vos souvenirs vous mentaient… jusqu’à vous détruire ?

À cœur de la montagne, deux sœurs vont devoir faire face à leurs secrets… 

samedi 2 mai 2026

Comment se débarrasser de ses enfants

Comment se débarrasser de ses enfants,

Michaël Escoffier & Amandine Piu, 
Ed. Balivernes, 2026


Mot de l'éditeur :

Inutile de se mentir : on aime tous nos enfants. Mais il faut bien reconnaître que, parfois, les enfants, c’est fatigant. Ça court partout, ça crie, ça bave, ça ne sait rien faire tout seul et ça se croit tout permis. De quoi se retrouver rapidement au bout du rouleau... Rassurez-vous : il existe des solutions pour retrouver un peu de calme à la maison. Avec un humour noir jubilatoire et des situations absurdes illustrées avec brio, Michaël Escoffier et Amandine Piu signent un faux guide parental hilarant, proposant différentes méthodes délicieusement improbables pour "se débarrasser" de ses chers petits. Un album qui détourne les codes de l’éducation, à lire à voix haute... ou à glisser dans le placard, juste à côté du chocolat.


Dealer : SP Balivernes, merci !


Ma lecture : 

Comment se débarrasser de ses enfants

Gnark, gnark, gnark ! 

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