Le jardinier et la mort,
Guéorgui Gospodinov,Ed. Gallimard, 2025
Mot de l'éditeur :
C`est l`histoire d`un jardinier en Bulgarie, un homme né à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui avait connu le communisme puis son effondrement. Un homme qui soignait son potager avec constance, qui guettait les bourgeons sur le point d`éclore, qui détachait délicatement des feuilles de menthe verte pour les disposer sur des tranches de tomates cueillies de sa main. Cet homme était le père du narrateur, qui vit un immense chagrin au moment de se retrouver orphelin. Comment dire à son père l`amour qu`on lui porte ? Comment devenir à son tour celui qui raconte les histoires et fait poindre de nouvelles racines ?
Avec ce livre très attendu après Le pays du passé, Guéorgui Gospodinov nous invite à écouter la musique silencieuse de la pudeur des sentiments paternels et à observer quels sont les trésors véritables que l`on peut transmettre à son fils. Le grand écrivain bulgare nous offre le portrait délicat d`une relation à la fois unique et universelle, où les mots entrelacent l`amour et le souvenir, et continueront, comme les fleurs, de renaître à chaque printemps.
Ma lecture :
« Les fleurs ne sont-elles pas les périscopes secrets des morts qui gisent sous elles et observent le monde à travers leurs tiges ? »
Le jardinier et la mort est un roman d'un auteur bulgare, Guéorgui Gospodinov. Il m'a été conseillé par une lectrice qui lit plutôt des romans exigeants, alors je craignais qu'il ne soit pas accessible. Bien au contraire, la poésie de l'auteur m'a beaucoup touchée.
Le narrateur accompagne les derniers jours de son père. Auparavant, il avait déjà essuyé quelques cancers, mais plus aucune guérison n'est possible. Pour occuper son temps, le vieil homme passe ses journées dans son jardin à semer, à bouturer des fleurs, des fruits et des légumes, et à noter dans son cahier ses activités. Il devient de plus en plus faible, et avant même que ne fleurissent ses perce-neiges préférés, au cœur de décembre, il s'éteint. Il reste alors son fils qui égraine les photos et ses souvenirs. Il aime se rappeler des anecdotes familiales et culturelles, drôles et joyeuses, que lui racontait son père pour alléger son deuil. L'écriture est très pudique, empreinte de poésie, de philosophie, de mélancolie et mais aussi d'un humour tendre. Au printemps, après le froid de l'hiver et du deuil, paraissent les fleurs et les tomates plantées par son père. Ainsi va la vie, la nature conserve ses droits et offre des cadeaux. Le jardin devient ici une métaphore discrète de la mémoire : ce que l’on plante continue de vivre après nous. Et grâce au cahier laissé par son père, véritable almanach du jardinier, il pourra perpétuer son jardin : « Mon père était jardinier. A présent, c'est un jardin ».
Je craignais que la métaphore, filée tout au long du roman, autour du jardin soit trop lourde, mais tout est traité délicatesse. Comme le thème phare du deuil, d'ailleurs, il n'est pas étouffant, il est poétique et mélancolique.
Ce fut donc une merveilleuse découverte !
Derrière l’histoire très intime d’un père et de son fils, Guéorgui Gospodinov raconte aussi ce que chacun tente de transmettre avant de disparaître...

Avis des lecteurs:
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