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mardi 4 août 2026

Cucul,

Camille Emmanuelle,
Ed. Seuil, 2024


Mot de l'éditeur :

Le jour, Marie Couston est prof de français dans un lycée. La nuit, elle écrit sous pseudo de la romance érotique. Mais lorsque son éditrice exige qu'elle abandonne ses romans cucul pour de la dark romance, Marie voit rouge. En clair, on lui demande de rendre sexy des violences conjugales et sexuelles. Sans regret, et un peu saoule, elle décide de tuer son personnage principal avant de s'endormir. Au réveil, elle n'en croit pas ses yeux : un inconnu est assis sur son canapé. L'homme, très beau dans son costume sur mesure hors de prix, lui explique alors le plus sérieusement du monde qu'il est James Cooper, le mâle alpha de sa romance...

Dealer : Club de lecture


Ma lecture 

Et si le personnage incroyablement sexy de la romance que vous écrivez apparaissait soudainement sur votre canapé ? Vous en feriez bien votre quatre-heures, non ?  

C'est exactement ce qui arrive à Marie Couston, professeure de français dans un lycée ultra-catho le jour, et autrice de romances la nuit (enfin, entre deux dates bien arrosés et consommés). Marie est féministe convaincue le jour et femme totalement désinhibée la nuit. Les romances sont arrivées un peu par hasard dans sa vie, pour arrondir ses fins de mois : lorsqu'on est prof contractuelle, ce n'est pas avec son salaire qu'on peut s'offrir le plus petit appartement parisien.

Et puis, écrire des romances sous un pseudonyme américain l'amuse beaucoup... jusqu'au jour où son éditrice lui demande de passer à la vitesse supérieure et de se lancer dans la dark romance. Le héros est toujours ultra-riche et ultra-sexy, l'héroïne un peu godiche, et ce qui change, c'est la posture de dominateur excessif de l'homme. Un univers bien éloigné des convictions féministes de Marie.

Alors, quand son héros, James Cooper, apparaît soudainement sur son canapé, sa raison vacille. Il incarne tout ce qu'elle déteste chez un homme, et pourtant, c'est elle qui l'a façonné mot après mot. Une attirance mutuelle ne tarde pas à naître... Non, Marie la féministe ne va tout de même pas tomber dans le panneau !

J'ai beaucoup aimé le ton cash et subversif de l'autrice, qui s'amuse avec les codes de la romance et de la dark romance pour mieux les déconstruire et les réinventer. Elle pousse les clichés jusqu'à l'absurde sans jamais perdre de vue son propos. Le personnage de Marie, totalement déjanté mais aussi très sensible, m'a énormément plu. Cela change vraiment de mes lectures habituelles.

Bref, une lecture agréable, avec un côté Bridget Jones en plus trash, plus mordant et plus assumé.

Bravo !


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